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Georges St-Pierre

GSP comme Ali

GSP comme ALI
photo le journal de montréal, Martin chevalier Nick Diaz a dominé au plus trois ou quatre des vingt-cinq minutes de son combat contre Georges St-Pierre, samedi soir au Centre Bell.

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Georges St-Pierre s’est rendu à son vestiaire tout de suite après sa victoire contre Nick Diaz. Mais il n’y est resté que quelques secondes, le temps de remercier ceux qui l’avaient aidé et il est reparti vers la salle réservée au médecin. Il était encore vêtu de son kimono et marchait en tenant un sac de glace sur sa tête pour prévenir l’enflure et les bosses.

Je marchais à un pas de lui et j’étais assez près pour sentir toute l’adrénaline qui coulait encore dans son corps et son cerveau. Il marchait assez vite mais j’ai quand même eu le temps de le féliciter pour l’amélioration étonnante de sa boxe. C’était la partie des arts martiaux que Georges St-Pierre craignait le plus chez Diaz.

« C’est vrai. Et je dois dire merci à Stéphane Larouche », a-t-il répondu deux fois plutôt qu’une.

Effectivement, si Diaz a pu porter quelques bons coups à la tête de GSP, le champion s’est servi d’un jab précis et sec qui a fait des dommages. Et surtout qui a déstabilisé Diaz au point qu’il se demandait comment contourner ce jab et cette nouvelle défense.

Que Diaz ait déclaré après une demi-heure de repos que St-Pierre frappait comme une fille ne veut rien dire. C’est la déclaration d’un homme humilié et frustré pour se défouler. En attendant son premier joint.

AUSSI GROS QUE SON SPORT

En conférence de presse, Georges St-Pierre a été égal à lui-même. Il a répondu avec intelligence aux questions et a montré du respect envers Diaz.

Son prochain adversaire devrait être Johny Hendricks, qui a livré un combat spectaculaire à Carlos Condit pour mériter une décision serrée. Juste par la façon dont Hendricks a fait la grande demande, on sentait le respect et l’émotion dans sa voix et sur son visage.

En fait, Georges St-Pierre a atteint un statut qui dépasse celui de simple champion au sein de la UFC. Je vais l’écrire mais imposez-vous les limites qui doivent accompagner la phrase. Georges St-Pierre est en train de devenir une icone dans les 170 livres de la UFC comme Muhammad Ali l’était chez les poids lourds dans les années 60 et 70.

La plus grande différence étant que St-Pierre est une légende strictement sportive alors que le grand Ali était un activiste politique, un homme d’État, un prêcheur religieux et une légende de son vivant.

En fait, Georges-St-Pierre est devenu aussi grand que son sport. Et j’espère seulement que le jeune homme en est conscient et sait faire respecter son statut et son impact.

TOUS VEULENT L’AFFRONTER

C’est Dana White qui l’a confirmé sans même le faire exprès. White a tenu un long point de presse après la victoire de St-Pierre. Et après vingt minutes de questions et de réponses sur divers sujets, il a expliqué aux journalistes.

«Écoutez, tous les combattants de l’UFC, qu’ils soient dans les 155 livres ou dans une autre catégorie de poids, veulent tous un super combat contre Georges St-Pierre. Et vous savez pourquoi ils veulent tous un combat contre St-Pierre ? À cause de la fucking grosse argent qu’ils vont toucher pour ce combat. C’est simple, il n’y a personne qui rapporte autant que Georges St-Pierre. C’est ça, la vérité», de dire White.

On a déjà vu ça dans le passé. George Foreman était champion du monde quand il affronté Muhammad Ali au Zaïre. Et pourtant, il n’a pas touché un sou de plus qu’Ali pour le combat. Les deux hommes avaient reçu cinq millions chacun. Celui qui faisait vendre la télévision à péage dans les arénas et les cinémas, c’était Ali. Dans la UFC, c’est Georges St-Pierre.

Heureusement, St-Pierre le sait et il est bien entouré. Ses conseillers connaissent la valeur de son image et de son pouvoir d’attraction.

YVES LAVIGNE : BRAVO

Yves Lavigne, l’arbitre du combat, mérite des félicitations. Il a été un arbitre très actif. Lavigne se déplace rapidement dans l’octogone et est toujours au cœur de l’action. À la fois pour protéger les combattants et pour s’assurer qu’ils demeurent actifs dans le combat. Il a maitrisé Nick Diaz qui menaçait de faire des folies à la fin des trois premiers rounds.

En préliminaire, il a peut-être mis fin un peu rapidement à un combat mais il s’est expliqué : «Les yeux étaient vitreux et les jambes étaient en spaghetti. Je ne voulais pas prendre le risque d’un coup de poing supplémentaire qui aurait été dangereux. Mais le gars s’est relevé rapidement. C’était peut-être un peu rapide mais j’aime mieux ne pas prendre de risque», a-t-il dit.

Par ailleurs, n’allez pas croire que Lavigne n’arbitre qu’à Montréal. Il parcourt la planète pour officier dans les galas de l’UFC. Quand il nous parle de la popularité de St-Pierre aux Philippines et dans certains pays d’Asie, il est intarissable : «Mais quand le combat commence, tous mes réflexes professionnels entrent en jeu», souligne-t-il.

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