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Médicaments

Encore plus coûteux

Pierre Marc Johnson
© Les archives Jean-Francois Desgagnés Le négociateur en chef pour le Québec, Pierre Marc Johnson, n’émet aucun commentaire sur les discussions devant conduire à un accord économique avec l’Union européenne.

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Craignant des coûts exorbitants de médicaments pour le Québec, des organisations demandent au gouvernement Marois de refuser catégoriquement toute prolongation des brevets pharmaceutiques dans le cadre d’un accord économique avec l’Union européenne.

«Le Québec s’apprête à capituler sur les brevets pharmaceutiques. Il songe à s’allier aux autres provinces pour demander une compensation financière à Ottawa, mais il y a peu de chances que le gouvernement Harper y donne suite», affirme Elisabeth Gibeau, analyste à l’Union des consommateurs.

L’organisme est cosignataire, avec des organisations sociales et syndicales, d’une lettre ouverte, dont la version officielle sera transmise, jeudi, à la première ministre Marois.

«L’un des premiers gestes qu’a posé le nouveau gouvernement péquiste a été d’abolir la règle de 15 ans qui protégeait les brevets pharmaceutiques. Il doit être cohérent avec sa décision», souligne Mme Gibeau.

Grosse facture

Au Québec, les médicaments coûtent déjà 38 % plus cher que dans la moyenne des pays de l’OCDE, ajoute-t-elle. La prolongation des brevets pharmaceutiques, au détriment des médicaments génériques moins coûteux, ferait grossir la facture de près de 773 millions par an pour l’État et les assureurs privés.

Pour l’ensemble du Canada, l’augmentation annuelle est estimée à 2,8 milliards.

«Le 17 janvier, le négociateur en chef pour le Québec, Pierre Marc Johnson, nous a informés que l’Union européenne, dont la France, insistait beaucoup sur la prolongation des brevets pharmaceutiques», rapporte Mme Gibeau.

«Ces négociations sont très opaques. Il n’y a pas eu de débat à l’Assemblée nationale sur cet accord. Le gouvernement québécois nous en vante les bénéfices sans nous donner de chiffres précis», déplore-t-elle.

La vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Michèle Boisclair, juge la situation préoccupante.

Plusieurs inconnues

«De tels accords économiques et commerciaux nous mettent dans une situation de vulnérabilité sur certains points. Comme citoyens, de voir notre gouvernement se cacher derrière des portes closes n’a rien de rassurant», commente Mme Boisclair.

La FIQ est en contact avec des groupes européens de vigilance qui sont également inquiets, dit-elle. «Un bon gouvernement sérieux devrait prendre en compte les coûts additionnels liés à la prolongation des brevets pharmaceutiques», opine Mme Boisclair.

Tant Pierre Marc Johnson que le ministre des Finances, Nicolas Marceau, ne souhaitent faire de commentaires pour le moment.

Le Québec participe, depuis 2009, aux négociations sur cet accord. Celui-ci devait être ratifié en janvier, mais les discussions se poursuivent encore.

 

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