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Fossoyeurs

Les temps ont bien changé pour les fossoyeurs

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On peut dire que le métier de fossoyeur n’est plus ce qu’il était et, à l’instar du laitier, il est appelé à disparaître à plus ou moins long terme.

On peut dire que le métier de fossoyeur n’est plus ce qu’il était et, à l’instar du laitier, il est appelé à disparaître à plus ou moins long terme.

Victorin Savoie, 72 ans, est fossoyeur depuis près de 35 ans à la paroisse de la Purification de la Vierge Marie de Repentigny, en plus d’effectuer plein d’autres tâches pour la fabrique.

Ces derniers jours, le cimetière de Repentigny a eu un enterrement classique avec cercueil, mais cette coutume, aux dires de M. Savoie, se fait de plus en plus rare.

Creuser à la pelle

À ses débuts, les trous se creusaient encore à la pelle. «Cela prenait trois heures et demie pour creuser une fosse. Évidemment, il y avait aussi une excavatrice qui en creusait, mentionne M. Savoie. Une partie du cimetière était composée de sable à l’époque, ce qui facilitait le creusage. Il est arrivé une fois où il a fallu creuser six fosses en une seule semaine.

La première fosse est d’une profondeur de six pieds. Une autre fosse peut être creusée à 4 pieds et demi par-dessus pour y mettre un deuxième corps. Mais contrairement aux urnes, c’est le maximum qui peut être mis dans une même fosse», explique-t-il.

Au début des années 1980, on comptait entre 120 à 140 funérailles et on pouvait inhumer plus d’une centaine de corps. «Aujourd’hui, on n’enterre plus qu’entre 20 à 30 corps par année et environ 80 % des inhumations sont des urnes funéraires et les trous n’ont que deux pieds et demi», révèle notre fossoyeur.

Depuis trois ans, le cimetière a son propre columbarium, un investissement de plus de 200 000 $ qui se remboursera à même les clients qui achèteront une niche dont le prix varie entre 1 750 $ et 2 400 $ selon le niveau, et ce, pour 99 ans. «Mais la majorité des urnes sont enterrées», précise M. Savoie, un ancien enseignant en sciences religieuses et en morale. Beaucoup de gens possèdent déjà des terrains et les utilisent pour enterrer leurs urnes.

Mais le fossoyeur qu’est Victorin Savoie, qui travaille 21 heures par semaine, rappelle que le cimetière, il faut aussi l’entretenir. «Les vers blancs et les hannetons sont parfois des fléaux à combattre pour garder le terrain en bon état», dit-il.

L’image est importante d’autant qu’il arrive souvent que des Américains ou autres Canadiens viennent au cimetière afin de retrouver l’un ou l’autre de leurs ancêtres. Si les pierres tombales n’ont pas toutes été conservées, les registres de la paroisse peuvent s’avérer de bonnes sources de référence.

La mort a aussi ses caprices

Au cours des 30 dernières années, Victorin en a vu et entendu des vertes et des pas mûres lors des inhumations.

«Une dame ne voulait pas que le cercueil d’un membre de sa famille soit enterré. Elle voilait faire poser du tapis autour du cercueil et le laisser là dans le cimetière. Pendant ce temps, le conducteur de l’excavatrice attendait pour remplir le trou. Des gens de la famille l’ont finalement convaincue de l’enterrer. Il est arrivé aussi que des gens à un enterrement tardaient à partir après l’inhumation, mettant ainsi la patience du conducteur de la pépine à rude épreuve, ce dernier ne pouvant remplir la fosse avant que les gens ne soient partis», raconte M. Savoie.

Ce dernier se rappelle également que, dans les années 1980, on offrait aux familles de mettre le cercueil dans une boîte de métal scellée, histoire d’éviter qu’il ne se décompose et de garder le corps le plus intact possible. Cela prenait évidemment plus de place qu’un cercueil ordinaire, le trou devait être plus grand. En bout de ligne, cela n’empêchait ni le cercueil, ni le corps de se décomposer. Au mieux, cela retardait un peu le processus», de dire Victorin Savoie.

Notre fossoyeur se souvient aussi de l’enterrement d’un motard. «Ils voulaient enterrer le corps eux-mêmes après les funérailles, mais comme ils avaient pris un petit coup... Finalement, ils sont partis sans l’enterrer et nous avons dû l’inhumer dans la fosse commune», relate M. Savoie qui se souvient également de chicanes de famille qui se sont transportées jusque dans le cimetière.

 

 

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