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Budget fédéral

Fonds de travailleurs attaqués

Ottawa ouvre les hostilités avec les syndicats, dans un budget consacré à l’emploi et à la formation

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Photo Reuters Le ministre des Finances, Jim Flaherty, et le premier ministre Stephen Harper, peu avant le dépôt du budget fédéral, hier, à Ottawa.

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Le budget déposé hier à Ottawa réservait une bien mauvaise surprise aux épargnants qui investissent dans le Fonds de solidarité de la FTQ et dans la Fondation de la CSN : discrètement, Ottawa a décidé d’abolir le crédit d’impôt qui leur est accordé.

Le budget déposé hier à Ottawa réservait une bien mauvaise surprise aux épargnants qui investissent dans le Fonds de solidarité de la FTQ et dans la Fondation de la CSN : discrètement, Ottawa a décidé d’abolir le crédit d’impôt qui leur est accordé.

Cette décision du gouvernement ­Harper, qui mènera à l’élimination ­graduelle de cet avantage fiscal au cours des prochaines années, a rapidement fait bondir les grandes centrales syndicales.

«Ce gouvernement est complètement déconnecté de la réalité québécoise», s’est indigné le secrétaire général du Fonds de solidarité de la FTQ, Daniel Boyer, par voie de communiqué.

«Avec cette mesure, on conclut que le Québec n’a plus aucune valeur aux yeux des idéologues conservateurs, jaloux des succès remportés par les fonds de travailleurs», a renchéri le président de la FTQ, Michel Arsenault. La mesure devrait toutefois séduire l’industrie des fonds de placement (voir la chronique de Michel Girard en page 40 et plus de détails en page 8).

Formation et infrastructures

Cette guerre qui s’ouvre avec les fonds de travailleurs n’est pas le seul conflit que risque de provoquer le budget Flaherty.

La pièce maîtresse du document déposé à la Chambre des communes mise sur des changements dans le domaine de la formation de la main-d’œuvre, susceptibles de semer la discorde avec Québec.

Ottawa espère ainsi mieux «jumeler les besoins des employeurs avec la formation que reçoivent les Canadiens».

«On n’espère pas de bataille, car ce qu’on veut, c’est de jumeler les emplois disponibles avec les travailleurs disponibles. Il ne faut pas voir cela comme un ­rapatriement de pouvoirs à Ottawa», a fait valoir le lieutenant québécois des conservateurs, le ministre Christian Paradis.

Autre annonce majeure : Ottawa a indiqué qu’une importante enveloppe de 53,5 G$ sera consacrée aux infrastructures, sur 10 ans, dans le cadre de la création d’un nouveau plan Chantiers Canada. Cet investissement devrait répondre aux attentes des provinces et des municipalités canadiennes. Cette mesure créatrice d’emploi avait d’ailleurs permis dans sa première mouture d’éviter les soubresauts de la crise financière.

D’autres mesures plus populaires ont aussi été inscrites au budget, tel que des ­allègements tarifaires pour les consommateurs canadiens, notamment pour les vêtements pour bébés, patins à glace et ­autres équipements sportifs (voir page 4)

Moins austère

Jim Flaherty ne poursuit pas sur la voie de l’austérité empruntée l’an dernier, alors que des coupes de 5,2 G $ avaient été annoncées.

L’Agence du revenu du Canada et Pêches et Océans Canada aura néanmoins à se serrer la ceinture davantage.

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