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Deux poids, deux mesures

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Les libéraux ne cessent de dire que le Parti québécois est obsédé par la question constitutionnelle et que ce sujet est dépassé. Ils affirment que les Québécois ne sont plus intéressés par ce débat et qu’il faut surtout s’occuper d’économie.

Les libéraux ne cessent de dire que le Parti québécois est obsédé par la question constitutionnelle et que ce sujet est dépassé. Ils affirment que les Québécois ne sont plus intéressés par ce débat et qu’il faut surtout s’occuper d’économie.

Toute personne sensée considère que l’économie est au cœur des préoccupations des citoyens, non seulement au Québec, mais partout sur la planète. Toutefois, l’avenir d’un peuple ne se limite pas à cette seule dimension. Tout gouvernement responsable doit se préoccuper de l’ensemble des activités présentes dans la vie de toute nation.

Le statut d’une nation n’est pas désincarné

La question constitutionnelle n’est pas inodore, incolore et sans saveur. Cette question a des ancrages concrets dans la vie collective d’une nation. Il s’agit de savoir qui vote les lois, qui lève les impôts et qui établit les relations avec les autres pays. En somme, qui a les compétences et le pouvoir pour agir et prendre les décisions afin de gouverner.

C’est ainsi qu’on ne peut contrôler véritablement notre économie si des décisions déterminantes pour nous sont prises par une autre nation, car celle-ci agira toujours et bien normalement en fonction de ses intérêts à elle. Rappelons qu’une nation a toujours les politiques de ses intérêts.

Nous devons réaliser également que toutes les questions sont liées. Comment prendre les bonnes décisions économiques sans considérer les impacts environnementaux? Comment respecter notre environnement si on n’a pas les moyens financiers de le faire?

On pourrait se pencher sur chacune des dimensions de notre vie collective et réaliser rapidement que toutes les questions sont liées et ne peuvent être résolues si elles sont abordées isolément.

La clé pour intervenir correctement réside dans les pouvoirs et compétences que possède une société, surtout à l’ère de la mondialisation. Or, la répartition des pouvoirs et compétences est déterminée par la constitution qui est la loi encadrant toutes les lois.

Quelles sont les conditions pour signer la constitution?

La question constitutionnelle est évidemment très complexe. Philippe Couillard nous dit que son objectif est que le Québec réintègre le cadre constitutionnel canadien en 2017, année du 150e anniversaire de la fédération.

Il refuse cependant de préciser les conditions que le Québec devrait mettre de l’avant pour signer la constitution. Il démontre ainsi une incompréhension totale de la question ou bien alors, il fait preuve d’irresponsabilité. Aucun premier ministre du Québec, aucun chef de parti n’a approché cette question de manière aussi désinvolte.

Le peuple doit-il être consulté?

Le manque de préparation n’est pas la seule chose inquiétante chez Philippe Couillard. Ce qui l’est tout autant, sinon plus, c’est son approche quant à l’approbation par le peuple québécois de toute décision concernant son avenir. Il nous dit qu’il ne veut pas se préoccuper de « mécanique » et qu’un vote des parlementaires pourrait suffire, comme ce fut le cas en 1867. Rappelons que certaines provinces ne peuvent modifier la constitution sans tenir de référendum. Benoit Pelletier, ancien ministre libéral, va plus loin en affirmant que légalement un simple décret ministériel ferait l’affaire!

Aux libéraux qui demandent toujours quelle sera la date du prochain référendum, je pose une question simple et fondamentale : avez-vous l’intention d’engager l’avenir du Québec sans consulter les Québécois?

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