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Cuisine de rue à Montréal : deux ans, vraiment?

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IMG_2404 Un "parc" de camions-bouffe à Portland, en Oregon. Un modèle intéressant pour le Québec?

La semaine dernière, on apprenait qu’une commission de la Ville de Montréal a livré des recommandations favorables au retour de la cuisine de rue dans la métropole, une pratique absente depuis 1947.

Il faut s’en réjouir, en espérant que cette ouverture vienne enrichir l’offre de restauration dans la ville, sur un mode supplémentaire, informel et créatif. Au fil des dernières années, en voyageant dans l’ouest du continent, j’ai découvert avec plaisir une culture des « food trucks » animée et originale, qui dépasse de loin la simple cabane à patates frites. À Portland, Oregon, en particulier, on regroupe les camions sur des terrains dédiés à cette fin, sur lesquelles se retrouve alors une foule de comptoirs complémentaires qui offrent de la bouffe asiatique, des sandwicheries, des crêperies, des tacos (souvent) et même, ici et là, un camion offrant de la poutine très respectable. L’atmosphère est conviviale et les camions rivalisent d’originalité dans leurs décorations et leur offre alimentaire.

C’est le genre de truc qu’on espère voir émerger à Montréal (et à Québec, aussi, ça serait vraiment bien que la capitale aille dans le même sens), afin que le retour de la cuisine de rue soit une occasion de diversifier et d’élargir le paysage, pas juste d’offrir des hot-dogs. Des pionniers comme Grumman 78 montrent déjà la voie, de ce côté.

Il y a aussi des recommandations intéressantes sur la possibilité de réserver des permis à de jeunes entrepreneurs ou à des entreprises d’économies sociales, et aussi sur l’idée de donner à l’ensemble de l’offre une signature visuelle originale.

Du côté plus restrictif, on précise que « Que, dans une perspective d’équité fiscale entre commerçants, le cadre réglementaire général prévoie que tout détenteur éventuel d’un permis de cuisine de rue devra posséder sur le territoire de la Ville de Montréal un lieu fixe de production des aliments (cuisine de production, service de traiteur ou restaurant établi). » Bref, les camions-bouffe ne peuvent pas être autosuffisants – et ils doivent d’ailleurs quitter leur lieu de service hors des heures d’ouverture - et le lieu fixe fera qu'ils paieront des taxes, comme les autres restaurateurs et commerçants, ce qui a l'air de satisfaire ces derniers.

Ce qui est un peu étonnant et décevant, c’est le temps que ça prendra pour aboutir à une règlementation générale sur le sujet : deux bonnes années. En effet, pour 2013 et 2014, on encourage simplement les arrondissements à favoriser la présence de la cuisine de rue lors d’évènements spéciaux. L’ouverture générale (avec la possibilité pour chaque arrondissement de la limiter, voire de l’interdire), c’est pour 2015.

Le comité de pilotage du dossier aurait jusqu’au 30 avril 2014 pour formuler ses conclusions, qui donneront ensuite lieu à la rédaction et à l’adoption de la règlementation. C’est plus du marathon que du sprint, disons.

Vraiment? Impossible d’aboutir à un règlement pour, disons, l’été 2014? Ce n’est quand même pas un chantier majeur...

Toute bonne chose vient à qui sait attendre, dit-on, et la bouffe de rue semble bien vouloir être parmi ces bonnes choses. Paradoxalement, il faudra être patient pour déguster de la bouffe rapide et distinctive dans les rues de Montréal (et, je l'espère, de tout le Québec!).