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Citoyen du monde?

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Étrange formule : citoyen du monde. De quoi est faite cette citoyenneté et de quel monde parlons-nous? Cette formule appartient pourtant au vocabulaire courant de notre époque. Pour plusieurs, elle va de soi et celui qui s’en réclame témoigne d’une forme de supériorité morale. Le citoyen du monde serait un humain plus évolué, plus ouvert, plus libre, porteur d’une «conscience globale». Mais il suffit qu’on s’y attarde un peu pour comprendre que cette notion recouvre plusieurs significations, pour peu qu’on s’en réclame à partir d’un pays ou d’un autre (et même d’une classe sociale ou d’une autre). On a beau se dire citoyen du monde, on le dit toujours en français, en anglais, en italien, en allemand, en russe, etc. Autrement dit, on le dit dans une langue qui dispose elle-même d’un capital de pouvoir, qui s’inscrit dans une série de rapports de force, qui dispose ou non d’un grand dispositif politique et économique pour assurer sa présence ou son hégémonie. Le citoyen du monde est toujours, bien que ce soit souvent malgré lui, culturellement et historiquement situé. Tant qu’on se dira «citoyen du monde» en une langue plutôt qu’en une autre, on rappellera que le monde est pluriel et que cette pluralité n’est pas faite de cultures et de civilisations égales en puissance. On revient à cette évidence : une langue n’est pas qu’un instrument de communication, mais elle est aussi l’expression d’une culture, qui a besoin de s’exprimer politiquement pour vivre, et souvent d’une civilisation, dans laquelle s’inscrit cette culture. Autrement dit, la formule «citoyen du monde» est un piège dans lequel plusieurs se jettent sans même comprendre qu’ils entrent alors dans une joute politique qui peut profondément les désavantager.

Se dire citoyen du monde à New York, c’est se croire au cœur de l’empire et surplomber la diversité des peuples en laissant entendre que la modernité culmine dans l’Amérique, et que l’humanité culmine dans la modernité américaine. C’est le privilège de l’empire, à chaque époque, de croire qu’il se trouve au cœur de l’expérience humaine, comme si elle s’y exprimait avec le plus grand raffinement. Le citoyen du monde américain ne comprendra pas vraiment que certains peuples s’entêtent à ne pas s’américaniser alors que la culture américaine, qui se croit valable pour toutes les sociétés humaines, s’exporte aujourd’hui partout et impose ses codes et ses normes. D’un autre point de vue, se dire «citoyen du monde» au Canada, cela veut souvent dire que le Canada, lui-même, se prend pour d’une humanité délivrée de ses vieilles divisions parce qu’il rendrait possible la cohabitation des cultures en désacralisant chacune d’entre elles, en les folklorisant, et en permettant aux individus privés de se bâtir leur propre identité, sans s’inscrire dans une collectivité historico-politique. Le Canada serait le laboratoire de l’utopie diversitaire. Trudeau n’a-t-il pas déjà déclaré que sa fracture sous la pression du souverainisme québécois serait un crime contre l’humanité? Plus encore, le Canada se présente souvent comme l’exemple même d’un bon «citoyen du monde» global, même si le gouvernement Harper a cherché, depuis quelques années, à l’orienter dans une nouvelle direction, plus attachée à la conception classique de la souveraineté des États – avec Harper, le Canada cherche à redécouvrir son particularisme historique. Quoi qu’il en soit, il y a, dans ces deux cas, l’américain et le canadien, une terrible arrogance, chez ceux qui prétendent appartenir à l’avant-garde de l’humanité, comme s’ils en représentant sa version perfectionnée, contre les attardés qui seraient encore attachés aux vieux pays, et qui s’attacheraient à l’idée d’indépendance.

Mais je devine qu’être citoyen du monde ne veut pas dire la même chose partout. Se dire citoyen du monde à Oslo, en Norvège et en Norvégien, c’est probablement chercher à dire que la Norvège aussi appartient au monde – dans le meilleur des cas, car je devine qu’on y trouve aussi des gens persuadés que les patries sont périmées et qui fantasment sur le grand ensemble européen. On pourrait dire la même chose des citoyens des différentes petites nations européennes qui rêvent d’intégrer l’Europe politique, même lorsqu’elle coule, parce qu’ils y voient le signe d’une pleine reconnaissance de leur participation à part entière à la civilisation européenne. Il s’agit souvent d’une mauvaise idée politiquement (l’Europe se déploie en déconstruisant les nations, en liquidant leurs identités distinctives), mais on la comprend philosophiquement tant elle nous rappelle que les nations sont chacune traversées, à leur manière, par un grand élan d’universalité. L’homme d’une petite nation européenne se sent souvent périphérique, d’autant qu’on l’a convaincu que les petites nations sont périphériques, à la manière de tribus un peu déphasées inadaptées aux exigences de la modernité. En se disant citoyen du monde, peut-être cherche-t-il à rappeler que sa propre nation, qu’elle soit croate, slovène, estonienne ou polonaise a son propre point de vue sur le monde, et qu’on doit en tenir compte lorsqu’on cherche à définir ce qu’est la civilisation européenne. Celui qui se dit citoyen du monde en Slovénie dit probablement : la Slovénie n’est pas une quantité négligeable et nous voulons nous aussi, sans nous renier, appartenir au monde.

J’en arrive évidemment au Québec, qui a bien des problèmes avec son identité ces temps-ci, de plus en plus de Québécois la présentant comme une dépense coûteuse ou comme une prison identitaire les empêchant de jouir des grands vents de la mondialisation. Se pourrait-il que le zèle dont font preuve plusieurs Québécois pour se définir comme «citoyens du monde», profitant pleinement des avantages de la mondialisation, révèle en fait sur une critique radicale de la culture québécoise, trop souvent présentée, étrangement, comme un obstacle au monde. À la périphérie de l’empire américain, on se sent tout petit et l’envie est forte de s’y dissoudre, surtout chez ceux qui l’idolâtrent.  Au Québec, se dire citoyen du monde, cela veut souvent dire qu’on veut se délivrer de sa patrie, qu’on en relativise les intérêts, qu’on marque une certaine indifférence existentielle à sa langue et à son histoire. Au Québec, on se dit citoyen du monde trop souvent pour dire qu’on ne se sent plus solidaire de la réalité québécoise, qu’on s’en délivre dans un grand sursaut de conscience globale de nos trop petits problèmes, qui ne nous permettraient pas d’accéder pleinement à la condition humaine et aux possibilités libérées par notre époque. On ne dit pas qu’on veut participer au monde en rappelant le potentiel d’universalité contenu dans l’identité québécoise : on se dit que c’est en se délivrant de la référence québécoise qu’on pourra le mieux accéder au monde.

D’ailleurs, ici, le citoyen du monde se dit souvent Montréalais d’abord, comme s’il trouvait dans cette appartenance nouvelle l’occasion de s’inscrire dans une nouvelle civilisation fondée sur les métropoles, Montréal devenant d’un coup le port d’attache urbain des individus mondialisés qui se donneront de temps en temps un surplus de conscience politique en adoptant des «causes globales», qui permettent encore une fois de regarder de haut les impératifs de la politique nationale. Ici, l’écologisme et les «droits de la personne» ont bonne réputation, mais la poursuite de la souveraineté ou la défense de l’identité nationale sont inévitablement ringardisées. Mieux encore : on pourrait accuser ceux qui tiennent aux patries de retarder l’unification de l’humanité, ce qui les transformerait du coup en détestables réactionnaires. Je me souviens, lors d’un débat auquel je participais, il y a quelque temps, que mon contradicteur qui cultivait une forme d’esthétique catastrophiste (qui lui permettait de prendre une pose prophétique dans notre échange) n’hésita pas à dire au public que la poursuite de l’indépendance était un crime contre l’humanité à une époque où la terre s’enflammait, le militantisme pour la souveraineté étant ici présenté comme une forme particulièrement méprisable d’égoïsme national qui témoignerait d’une ignorance crasse de la situation planétaire. Je suis toujours perplexe, néanmoins, quand un homme célèbre la diversité des cultures, surtout celles qui ont un parfum d’exotisme, mais prend bien soin d’afficher son mépris pour la sienne, comme si le patriotisme était un révélateur de sous-oxygénation mentale.

On aura compris que je ne condamne pas ici l’authentique cosmopolitisme qui invite à transcender les patries par la conscience d’une appartenance plus large à une civilisation ou à l’humanité. L’homme a besoin d’une patrie qui fonde ses droits et sa capacité de s’inscrire collectivement dans l’histoire. C’est à partir de la nation qu’il participe à l’humanité. Cela ne veut pas dire que son humanité s’épuise dans la patrie, évidemment. Mais je confesse que m’exaspèrent ceux qui déforment le cosmopolitisme et qui suggèrent qu’on ne participe vraiment à l’humanité qu’en consentant au nivèlement par le bas de toutes les cultures, par l’évidement des peuples et des nations. M’exaspèrent les consommateurs agités du capitalisme mondialisé tout comme m’exaspèrent les militants postnationaux de gauche ou de droite qui ne s’intéressent à un problème que s’il permet de faire éclater les frontières et les États, que ce soit au nom de l’altermondialisme ou de la gouvernance globale. M’exaspèrent ceux qui portent leur cosmopolitisme à la boutonnière et qui snobent au nom de leur conscience globale les hommes et les femmes qui veulent encore appartenir à un monde commun historiquement construit et politiquement délimité. M’exaspèrent ceux qui voient dans le patriotisme une forme maquillée de xénophobie. M’exaspère le «citoyennisme mondial» postmoderne qui n’est finalement qu’un individualisme exacerbé et profondément dépolitisé réduisant le monde à un vaste marché où chacun pige ce qu’il veut dans chaque culture, sans jamais vraiment appartenir sérieusement à aucune. C’est probablement le paradoxe de notre époque que ceux qui prétendent embrasser l’ensemble de la condition humain sont normalement les premiers à tourner en ridicule ceux qui tiennent profondément à la conservation des cultures par lesquelles elle s’est historiquement exprimée et révélée et qui cherchent à leur donner les moyens de s’autodéterminer.

15 commentaire(s)

Charlotte dit :
6 avril 2013 à 18 h 15 min

Excellent texte. Je suis aussi déprimée à entendre ces gens qui se prétendent ouverts renier l'idée de nation. Il est important de se rappeler que l'ouverture envers l'autre passe avant tout par une assumation complète de ce qu'on est nous mêmes, autant dans la vie individuelle que pour l'ensemble des peuples. Les gens les plus ouverts aux autres sont ceux qui affirment et assument le mieux leur identité. C'est en affirmant pleinement notre identité et notre indépendance qu'on s'ouvrera sur le monde, et qu'on participera au monde.

Pierre Bouchard dit :
6 avril 2013 à 19 h 16 min

On peut s'intéresser à l'histoire des civilisations, à l'histoire de la philosophie plurielle sans renier la nation d'où on vient et qui constitue un élément fondamental de notre identité qui ne peut être refoulée ni travestie.

Scientifiquement dans le cadre des sciences tout court ou directement selon les sciences humaines, les faits, les phénomènes, les problèmes humains, sociaux s'additionnent et ne s'excluent pas. Les nations existent toujours y compris les nations minoritaires comme les Québécois. les Acadiens, les Catalans comme les autochtones ceux ci y compris à travers le génocide brut qu'ils ont subis quoique les Acadiens en sont bien proches du génocide en bonne et due forme avec la déportation de 1755! Puis sur ces fameuses nations puissantes, elles n'en sont pas moins l'expression de ces État nations honnis par les snobs de la culture dite mondialiste qui serait -in- plutôt que -out- . L'Amérique de Washington et Lincoln ou la Chine où encore les nations d'Amérique du Sud comme le Brézil ailleurs le Japon, la France, l'Espagne subsistent comme État-nations quoi qu'on en dise et ce malgré la technocratie européenne qui plonge dans la faillite plusieurs nations d'Europe au nom du cosmopolitisme de la finance détraquée.

Il y a deux mondialisations. La démocratique selon l'Unesco qui parie sur la pluralité des cultures et des nations comprenant la multiplicité des langues parlées et écrites et il y a la mondialisation totalitaire qui parie sur un État unique qui pratiquerait la dérégulation économique et qui ferait de l'homogène la seule voie de la réalité donc l'utilisation d'une seule langue qui serait une sorte d’espéranto ou plutôt l'anglais ou demain le mandarin. Le Québec dans sa francité souffre de ses hésitations, de son statut politique canadien mais ce n'est pas en niant ses difficultés qu'il s'en sortira. Nous venons d'une source, d'une origine et ça ne se refoule pas.

Pierre Bouchard dit :
6 avril 2013 à 19 h 32 min

En réaction à un premier commentaire. le cerveau augmente le travail de ses neurones par l'effort. Un texte long sert à mettre les points sur les i, sert à la description des réalités, des problématiques.

Il suffit de lire trop d'interventions ailleurs qu'ici dans les blogues de presse du journal du même nom pour comprendre la nécessité de penser par des arguments plutôt que par des invectives et des raccourcis à répétition sans parler du français utilisé qui y est exécrable. Avant de venir sur le blogue réflexif d'actualité de M.B.Côté, j'ai consulté un article et blogue du journal de Gesca qui m'a rendu dépressif en sachant le niveau de censure en plus qui existe dans ce groupe de presse! Nous ne pensons pas assez au Québec et nous en payons le prix à chaque jour par notre incapacité à bien lire l'actualité. La citoyenneté nationale ouverte à l'universel ne s'obtient que par le désir de curiosité, de connaître l'ensemble des aspects de la réalité avec le moins de démagogie possible autrement pas de citoyenneté du monde branchée sur sa citoyenneté nationale.

Denis Mercier dit :
6 avril 2013 à 20 h 05 min

"À la périphérie de l’empire américain, on se sent tout petit et l’envie est forte de s’y dissoudre, surtout chez ceux qui l’idolâtrent."

Ceux qui l'idolâtrent ? Vous parlez sans doute des séparatistes qui veulent casser le Canada pour adopter le dollar américain.

Il n'y a pas d'abord une bataille pour parler telle langue plutôt que telle autre, il y a la bataille pour gagner sa vie tout court et cette bataille elle est universelle. Celui qui gagne sa bataille pour avoir des sous, c'est celui-là qui est citoyen du monde, il acquiert le langage universel, celui de l'argent.

Au départ de la vie, il n'y a pas de lien plus fort que la famille mais ces liens se distendent avec le temps jusqu'à n'avoir plus d'importance, c'est pareil pour les liens entre patriotes, ils disparaissent avec les expériences de la vie. Quelqu'un de normalement constitué devrait faire comme Depardieu et agopter l'argent comme seule patrie. Il y a même des gens qui le vilipendaient hier dans les hauts niveaux du gouvernement dont on découvre qu'ils ont des comptes en Suisse pour ne pas non plus payer des impôts à leur patrie bien aimée. C'est un choix normal et moral, la patrie nous enferme et l'argent nous libère.

Vous MBC, ne rêvez que de contrôle sur les gens, de lois étatiques pour les obliger à ceci et cela, mais les gens eux ne rêvent que de liberté. Ma patrie ça a été une job au départ pour pouvoir investir et que ça rapporte des sous pour ne plus avoir d'obligation. Une patrie qu'est-ce que c'est sinon une obligation envers les autres. Une patrie comme vous la concevez ça devient incestueux lorsqu'on en a qu'une c'est dangereux, il faudrait en avoir au moins deux pour qu'elles s'annulent et se surveillent l'une l'autre comme le Québec dans le Canada. C'est le seul moyen d'avoir un peu la paix avec cette peste.

Vaut-il mieux être Français ou riche selon Depardieu ou Cahusac ? Même MBC qui nous fait la morale, on ne sait pas s'il n' a pas un...

Nelson dit :
6 avril 2013 à 20 h 09 min

Parce qu'on a au bout des doigts des ordis avec toute l'information mondiale ou presque, en toutes les langues, en pouvant communiquer avec n'importe qui dans le monde, en temps réel, en se voyant avec les cameras video en plus.....en faisant même nos achats de tout et partout dans le monde par internet....NOUS SOMMES TOUS DES CITOYENS DU MONDE DANS LES FAITS.

Ceci-dit nous avons tous nos identités génétiques- biologiques- somatiques- intrapsychiques- idiosyncratiques- LINGUISTIQUES- CULTURELLES NATIONALES....nous faisons tous partie d'un PEUPLE....même si c'est par adoption.

Nous sommes nationaux membres des cultures et de nations, avec des langue commune.....mais quand nous ouvrons l'ordi, le ipod, le ipad, le iphone..... nous sommes '' mondiaux ''.

À l'exception des certains que se méprisent et préfèrent fonctionner dans d'autres langues que les siennes, la plupart du monde préfère sa langue.

le nationaliste dit :
6 avril 2013 à 22 h 54 min

L'idée du citoyen du monde est simplement de détruire les notions de races, d'ethnies, de nationalisme, de briser les frontières, les nations et entre dans la même veine que l'égalité absolue des sexes avec la disparition du genre, le tout sous le couvert du droit-de-l'hommisme, de la liberté et de l'égalité absolues. Il y a une tendance qui circule dans les medias de masse et l'élite à vouloir tout metisser, tout mélanger, tout homogénéiser, bref prendre la grande soupe hétérogène mondiale et en faire un potage bien lisse en broyant toutes les structures qui faisaient nos civilisations.

De quel monde parlons-nous ? Du nouvel ordre mondial où tous les humains deviendront des hermaphrodites capables de s'auto-reproduire, réduits à des consommateurs-payeurs, physiologiquement métissés, ne parlant que l'anglais et ne possédant qu'une mono-culture basique.

Évidemment, ce scénario ne prendra pas forme en deux jours. Et si le peuple se révolte un jour, n'aura jamais lieu. Mais on assiste graduellement à ce triste spectacle. Le problème est que lorsque les choses sont misent en placent lentement, les humains s'adaptent de génération en génération.

Bref, je ne suis ni alter mondialiste ni mondialiste. Je suis nationaliste et cela ne m'empêche pas d'avoir du respect envers les autres cultures et de les aimer. Au contraire. Les citoyens du monde cherchent à imposer leur bonne parole à toutes les autres nations.

Vive le Québec libre.

Gilles Baribeau dit :
7 avril 2013 à 6 h 57 min

Je n'ai qu'une identité qui est canadienne avec un lieu de vie nommé Québec (ville et province). Je parle français de par ma naissance, mais je me débrouille très bien en englais. Le fait de résider au Québec ne fait pas de moi un Québécois mais un Canadien vivant au Québec. En aucun cas je ne me considère comme citoyen du monde, car c'est une notion vide de sens qui ne repose sur aucune assise solide, aucun ancrage sérieux, aucun repère identifiable.

Gibar

jean-sol patte dit :
7 avril 2013 à 8 h 58 min

Être citoyen c’est dire nos frontières, nos attachements à des identités linguistiques, historiques, socioéconomiques, nationales, culturelles, etc. Dire nos frontières c’est dire ce que nous sommes face à l’Autre, les autres. Pas identité sans dire nos frontières. .Nous avons été français de la Nouvelle-France, nous avons été Canadiens, Canadiens-français puis aujourd’hui Québécois. Nos frontières géographiques parfois vont avec le déplacement de nos identités historiques ou simplement nationale

Se dire citoyen du monde; c’est de vouloir clôturé définitivement les frontières, nos attachements puisqu’il n’a pas un au-delà au monde, plus de déplacement de frontière, plus d’évolution plus d’autres...

On peut avoir le sentiment ontologique d’être citoyen du monde sans refouler ce que nous sommes dans nos identités historiques mais il ne faut surtout pas confondre le monde et la planète ! Je peux être nationaliste, être écologiste et être solidaire avec les enjeux qui dépassement mes frontières géographiques, politiques

keenan lapierre dit :
7 avril 2013 à 9 h 27 min

il y a un dérapage presqu'inévitable dans cette attitude identitaire - on finit tôt ou tard par se penser supérieur aux autres (américains, 'reste-of-Canada' etc.). Le nationalisme est un adhésif important mais il faut en même temps s'en méfier. Je ne parle pas des excés du siècle dernier, mais prenez seulement la notion de 'solidarité' - le mot le plus surutilisé au Québec - cette pression sociale de se confirmer à une orthodoxie politique et sociale sous peine de marginalisaton. En l'absence de contraintes légales, certains énergumènes vont déplorer la 'mollesse' du gouvernement et réclamer des lois pour rendre obligatoire ce qui était jusque là volontaire. La démocratie c'est comme la vertu - on en parle comme d'une valeur fondamentale, mais la tendance à préférer la rue à l'Assemblée Nationale chez plusieurs indiquerait qu'il s'agit d'une valeur frangilisée.

David T dit :
7 avril 2013 à 12 h 07 min

On peut très bien vivre avec deux niveaux d'identité, être humaniste et être québécois souverainiste. Un protège l'autre, et on peut très bien se passer de cet État-Nation, qui sert trop souvent à commettre des crimes, à empêcher les gens de se déplacer et à les obliger à être les servants de leur industrie et de leur armée. L'État-Nation c'est pas ringard, c'est dangereux pour l'espèce humaine.

Hélène Beaulieu dit :
7 avril 2013 à 13 h 59 min

Et que dire de l'arrogance chez ceux qui prétendent appartenir à l'avant-garde de l'humanité comme s'ils représentaient sa version perfectionniste contre les attardés fédéralistes qui seraient encore attachés au Canada et qui se sentiraient déchirés par l'idée d'indépendance?

Sans l'identité canadienne et le passeport canadien, le nombre de ceux qui se prétendent citoyens du monde rétrécirait comme peau de chagrin.. La protection du giron canadien est une valeur sûre pour qui veut déployer ses ailes.

"Nous nous comportons beaucoup trop souvent, les Québécois, comme d'insupportables enfants gâtés vivant dans l'une des sociétés les plus privilégiées d'une planète qui va de plus en plus mal." "Vu d'ailleurs" Christian Dufour...

Moshe Levy dit :
7 avril 2013 à 16 h 01 min

Israël est ma vraie patrie.

Souve Rain dit :
8 avril 2013 à 1 h 31 min

C'est n'importe quoi celui-ci Mathieu. Tu présupposes une relation sociologique stricte avec une identité et puis tu fais de même avec chaque relation. Mais j'ai cette idée bien encrée en moi, mais ne suis nullement représenté par aucun de tes liens. Je me dois d'être déçu, et de voir que la perspective d'un homme sur sa propre réalité peut en effet se voir résorber dans une seule langue, une seule nation, une seule géographie. Et je me rends bien compte que l'on ne parle pas de la race ici, mais bien de toi, c'est toi que tu décris dans ce texte, mais nullement moi, je ne suis pas un humain comme toi, si tu pouvais y voir les distinctions...

Jean Duchesneau dit :
8 avril 2013 à 3 h 12 min

@Gille Baribeau. Vous vous déclarez canadien vivant au Québec. Alors, pouvez-vous m'expliquer c'est quoi être canadien?

Alain G Lecavalier dit :
9 avril 2013 à 17 h 28 min

Bref, pour être citoyen du monde, encore faut-il être citoyen, c'est-à-dire appartenir à une communauté et y participer. Sinon, on arrive dans le monde sans voix et on s'y dissout.