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Le courrier

Les hydrocarbures : qui analysera l’impact économique ?

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Le 5 avril, le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) a mandaté le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour étudier les impacts possibles d­e l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures aux îles de la Madeleine. Après les gaz de schiste et l’uranium, voilà que les hydrocarbures doivent également se ranger sur la voie d’évitement. Cette décision est plutôt surprenante puisque la première ministre a plusieurs fois répété son désir d’exploiter les réserves de pétrole de la province.

Acceptabilité sociale

La FCCQ rappelle, encore une fois, que le concept de développement durable doit faire une place égale à la protection de l’environnement, à l’acceptabilité sociale ET AU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE. Si, par le passé, les volets environnemental et social ont été moins présents, l’effet de balancier a propulsé le volet économique dans un coin flou qui est de moins en moins considéré dans les décisions gouvernementales. Par ailleurs, la FCCQ se questionne sur la Loi sur le développement durable qui, à ses yeux, pourrait se résumer facilement à une loi sur l’environnement tout court. Il est grand temps de redonner ses lettres de noblesse au développement économique et de rééquilibrer les choses.

Lors de sa mise à jour économique, le ministre des Finances a clairement fait la démonstration que le ralentissement économique menace dangereusement la santé financière du Québec et que la création de richesse doit passer par des conditions qui permettront aux investisseurs d’avoir confiance en la stabilité et la prévisibilité du contexte d’affaires québécois. Les moratoires n’aideront en rien à maintenir nos programmes sociaux et à réinvestir dans nos universités.

Autre fait important dans ce dossier, le BAPE n’a pas les ressources pour examiner adéquatement le volet économique lié à la valorisation d’une filière, quelle qu’elle soit; et cela n’est pas, de toute façon, au centre de son mandat. À titre illustratif, dans le rapport de février 2011 sur le développement durable de l’industrie des gaz de schiste au Québec, seulement 40 des 315 pages (12,7 %) du rapport d’enquête touchent l’industrie et le volet économique.

Avantages

Le fait que les projets de développement économique soient davantage analysés sous la loupe des aspects sociaux et environnementaux qu’économiques dans l’opinion publique a amené la FCCQ à proposer au gouvernement, il y a déjà quelques années, la création d’une agence d’analyse économique qui ferait profiter de son expertise les réflexions du BAPE. À la lumière des récentes décisions gouvernementales, cette solution apparaît aujourd’hui plus pertinente que jamais. Une telle agence aurait l’avantage :

• De donner des arguments aux membres du gouvernement qui ne proviendraient pas de l’industrie et donc d’avoir le recul nécessaire afin de se prononcer sur des retombées économiques;

• D’apporter de l’information neutre et complète dans le débat public;

• De mettre en lumière et contrecarrer des affirmations qui ne reposent pas sur des faits ou des données crédibles, mais qui versent trop souvent dans la démagogie antidéveloppement.

Si le Québec s’est doté de bureaux d’examen avec une expertise pointue avec la Régie de l’énergie pour les questions énergétiques et la Commission de protection du territoire agricole du Québec pour les terres agricoles, pourquoi en serait-il autrement pour une question d’importance comme le développement de projets liés aux ressources naturelles, essentiels à la prospérité du Québec?

— Françoise Bertrand présidente-directrice générale Fédération des chambres de commerce du Québec

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