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Un comédien face à son personnage

Un comédien face à son personnage

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Après son recueil de nouvelles Les deux messieurs de Bruxelles paru à l’automne dernier, Éric-Emmanuel Schmitt revient au théâtre avec Un homme trop facile.
Un comédien face à son personnage
Un homme trop facile
d’Éric-Emmanuel Schmitt
Aux Éditions Albin Michel,
200 pages.

Après son recueil de nouvelles Les deux messieurs de Bruxelles paru à l’automne dernier, Éric-Emmanuel Schmitt revient au théâtre avec Un homme trop facile, une pièce dans laquelle il se réapproprie le personnage du Misanthrope de Molière.

Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste et cinéaste, Éric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs les plus lus dans le monde. Ses œuvres sont traduites en 50 langues et ses pièces sont jouées dans autant de pays. Avec des pièces comme Visiteur, Petits crimes conjugaux ou La tectonique des sentiments, Schmitt a connu un grand succès public sur les planches. Sa nouvelle pièce, Un homme trop facile, jouée au Théâtre de la Gaîté Montparnasse à Paris depuis le 18 janvier dernier, avec Roland Giraud et Jérôme Anger dans les rôles principaux, est toutefois trop lisse sur le papier.

Un homme trop facile raconte l’histoire d’un comédien de théâtre, Alex, qui connaît un immense succès public et critique. Alex fait partie de ces rares comédiens populaires qui réussissent à faire l’unanimité autant chez les intellectuels que chez monsieur et madame Tout-le-monde. On l’aime, on l’adule et on le respecte. D’autant plus qu’Alex a su rester aimable, tolérant et humble malgré le succès. Lorsque la pièce commence, on le trouve dans sa loge quelques minutes avant la grande première du Misan thrope de Molière dans laquelle il doit interpréter le rôle-titre. Alors qu’il se prépare, le vrai Misanthrope, l’Alceste de Molière, apparaît dans le miroir. Après un moment de stupéfaction, la conversation s’engage entre ces deux hommes dont la vision du monde et le caractère sont complètement opposés. Alceste, caractériel et colérique notoire, méprise le genre humain en ne voyant en lui que ses défauts, alors qu’Alex croit en la bonté de l’être humain et préfère rire des défauts d’autrui plutôt que d’y donner trop d’importance. C’est pourquoi il ne voit rien de mal à ce que la belle Léda, la Célimène de la pièce, soit mariée ou ait des amants. Il la trouve belle et charmante et veut la séduire à tout prix.

Éric-Emmanuel Schmitt nous offre donc une mise en abîme du théâtre. À travers cette conversation fantaisiste entre Alex et Alceste, il veut en dévoiler les coulisses. Le hic, c’est qu’on n’apprend en réalité que très peu de choses sur ce qui se passe en arrière-scène. Le trac, les comédiens y sont tous confrontés et le racontent à longueur d’interview, et le fameux «merde» qu’on lance au comédien avant d’entrer en scène n’est un secret pour personne. La mesquinerie qui existe dans le milieu ne surprend pas vraiment et encore moins l’ego parfois surdimensionné de certains comédiens. On ne savait peut-être pas que certains d’entre eux allaient jusqu’à fouiner dans la loge de l’autre pour comparer le nombre de bouquets reçus, mais en revanche, le personnage d’Alex nous révèle sans surprise que cet Alceste est pour lui un parfait «contre-emploi» dont «les comédiens raffolent».

On en arrive donc à se demander si Un homme trop facile n’est justement pas une pièce trop facile. La pièce manque de profondeur et flirte trop avec les lieux communs pour captiver. Sans parler d’une sous-intrigue qui met en scène une habilleuse et qui n’apporte rien de plus au récit.

Memoria
de François-Xavier Cerniac

Après Le tombeau du phénix paru en 2011, François-Xavier Cemiac revient avec son second thriller qui se déroule cette fois-ci dans le milieu médical. Quand Claire Princet se réveille à l’hôpital de Poitiers, elle ne se souvient plus ce qui s’est déroulé la veille. Elle se souvient seulement d’avoir aperçu une silhouette dans son appartement avant de s’évanouir. Lorsque l’infirmière vient à son chevet pour lui changer ses bandages, Claire découvre qu’elle a les poignets tailladés. Elle comprend alors que la mort de son père, un neurochirurgien réputé, a été maquillée en suicide. Elle croit ainsi que l’individu qui s’est introduit chez elle est le même qui a tué son père. Claire commence alors à mener son enquête, mais ce qu’elle va découvrir sera terrifiant. Comment réagir en effet lorsqu’on apprend qu’on n’est pas la personne que l’on pensait être?

Memoria
de François-Xavier Cerniac
City Éditions, 288 pages.

Suite à un accident grave de voyageur
d’Éric Fottorino

On avait quitté Éric Fottorino avec Le dos crawlé, un roman dans lequel un jeune garçon découvrait ses premiers émois amoureux. Cette fois-ci, l’auteur et ancien directeur du journal Le Monde revient avec un ouvrage beaucoup plus grave. À l’automne 2012, trois personnes se sont jetées sur les rails du RER près de chez lui. «À la violence de leur mort a répondu le silence. Il ne s’est rien passé. Nul n’a désigné la souffrance par son nom. Une voix neutre a seulement résonné dans les haut-parleurs de la gare “Suite à un accident grave de voyageur...”». Éric Fottorino s’interroge sur cet acte tragique qui pousse un jour un individu à en finir ainsi et à l’indifférence des usagers du train face à un tel geste. Qui dit «accident de voyageur» dit forcément «trafic interrompu» et «retards» pour des centaines de voyageurs souvent excédés et frustrés, alors que ce mort était une personne avec une vie, une famille et des amis.

Suite à un accident grave de voyageur
d’Éric Fottorino
aux Éditions Gallimard, 64 pages

Les Mensch
de Nicolas Couchepin

La famille Mensch ressemble à l’idée que l’on peut se faire d’une famille normale. Les Mensch vivent dans un quartier normal, mènent une vie normale et leurs inquiétudes sont tout à fait normales. Théo, le père, a peur de vieillir, alors que sa femme Muriel a peur de ne pas être la mère parfaite. Marie, leur fille adolescente, découvre qu’elle n’est pas éternelle et Simon, son jeune frère trisomique, souhaite plus d’indépendance. En creusant un peu toutefois, chacun possède sa part de folie: Théo collectionne les articles de journaux insolites, alors que Muriel ne peut s’empêcher de noircir des Post-it. Mais surtout, pour les vacances d’été, les Mensch ont décidé de s’installer dans la cave de leur maison, préférant s’enfermer plutôt que de partir en voyage.

Les Mensch
de Nicolas Couchepin
aux Éditions du Seuil, 216 pages.

Après son recueil de nouvelles Les deux messieurs de Bruxelles paru à l’automne dernier, Éric-Emmanuel Schmitt revient au théâtre avec Un homme trop facile, une pièce dans laquelle il se réapproprie le personnage du Misanthrope de Molière.

Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste et cinéaste, Éric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs les plus lus dans le monde. Ses œuvres sont traduites en 50 langues et ses pièces sont jouées dans autant de pays. Avec des pièces comme Visiteur, Petits crimes conjugaux ou La tectonique des sentiments, Schmitt a connu un grand succès public sur les planches. Sa nouvelle pièce, Un homme trop facile, jouée au Théâtre de la Gaîté Montparnasse à Paris depuis le 18 janvier dernier, avec Roland Giraud et Jérôme Anger dans les rôles principaux, est toutefois trop lisse sur le papier.

Un homme trop facile raconte l’histoire d’un comédien de théâtre, Alex, qui connaît un immense succès public et critique. Alex fait partie de ces rares comédiens populaires qui réussissent à faire l’unanimité autant chez les intellectuels que chez monsieur et madame Tout-le-monde. On l’aime, on l’adule et on le respecte. D’autant plus qu’Alex a su rester aimable, tolérant et humble malgré le succès. Lorsque la pièce commence, on le trouve dans sa loge quelques minutes avant la grande première du Misan thrope de Molière dans laquelle il doit interpréter le rôle-titre. Alors qu’il se prépare, le vrai Misanthrope, l’Alceste de Molière, apparaît dans le miroir. Après un moment de stupéfaction, la conversation s’engage entre ces deux hommes dont la vision du monde et le caractère sont complètement opposés. Alceste, caractériel et colérique notoire, méprise le genre humain en ne voyant en lui que ses défauts, alors qu’Alex croit en la bonté de l’être humain et préfère rire des défauts d’autrui plutôt que d’y donner trop d’importance. C’est pourquoi il ne voit rien de mal à ce que la belle Léda, la Célimène de la pièce, soit mariée ou ait des amants. Il la trouve belle et charmante et veut la séduire à tout prix.

Éric-Emmanuel Schmitt nous offre donc une mise en abîme du théâtre. À travers cette conversation fantaisiste entre Alex et Alceste, il veut en dévoiler les coulisses. Le hic, c’est qu’on n’apprend en réalité que très peu de choses sur ce qui se passe en arrière-scène. Le trac, les comédiens y sont tous confrontés et le racontent à longueur d’interview, et le fameux «merde» qu’on lance au comédien avant d’entrer en scène n’est un secret pour personne. La mesquinerie qui existe dans le milieu ne surprend pas vraiment et encore moins l’ego parfois surdimensionné de certains comédiens. On ne savait peut-être pas que certains d’entre eux allaient jusqu’à fouiner dans la loge de l’autre pour comparer le nombre de bouquets reçus, mais en revanche, le personnage d’Alex nous révèle sans surprise que cet Alceste est pour lui un parfait «contre-emploi» dont «les comédiens raffolent».

On en arrive donc à se demander si Un homme trop facile n’est justement pas une pièce trop facile. La pièce manque de profondeur et flirte trop avec les lieux communs pour captiver. Sans parler d’une sous-intrigue qui met en scène une habilleuse et qui n’apporte rien de plus au récit.

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