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Un choc « horrible »

Les deux hommes qui se sont suicidés travaillaient au même endroit

Un choc « horrible »
Photo courtoisie Âgé de 54 ans, Noël Gobeil était père de deux jeunes enfants de six et huit ans. Avec lui sur cette photo, sa fille Sarah. Pour son ex-conjointe, l’emploi qu’il a occupé au CHSLD a joué un rôle néfaste sur sa santé mentale.

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Deux préposés aux bénéficiaires d’un même CHSLD se sont enlevé la vie à moins de deux mois d’intervalle, a appris le Journal.

Deux préposés aux bénéficiaires d’un même CHSLD se sont enlevé la vie à moins de deux mois d’intervalle, a appris le Journal.

Âgé de 54 ans, Noël Gobeil et un de ses collègues, âgé de 56 ans, se sont suicidés respectivement le 31 janvier et le 19 mars dernier.

Au moment de leur décès, ils occupaient tous les deux un poste de préposé aux bénéficiaires au centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) Auclair, à Montréal.

« Vraiment mêlé »

«Son emploi l’a vraiment mêlé, confie Florence Bristol au sujet du décès de son ex-conjoint, Noël Gobeil. Je ne peux pas croire qu’il voulait mourir.»

Père de deux jeunes enfants, Noël Gobeil était en arrêt de travail depuis le 28 novembre dernier.

En fait, il avait accepté un poste à cette résidence l’an dernier, après la fermeture des unités de soins de longue durée à l’hôpital Jean-Talon.

«Il n’aimait pas ce travail, il avait demandé à retourner à l’hôpital, raconte Mme Bristol. Mais, il n’a même pas attendu son transfert. Son état s’est détérioré durant les Fêtes. »

Pour ajouter au drame, le préposé aux bénéficiaires de 56 ans qui avait pris en relève le poste de M. Gobeil au CHSLD s’est aussi enlevé la vie, le 19 mars dernier.

Il devait commencer son nouvel emploi le 7 avril prochain, selon le syndicat local.

«Il avait pris une année sans solde et il était de retour depuis décembre, explique Jennifer Côté, présidente du syndicat local de la Confédération des syndicats nationaux du CSSS du Cœur-de-l’Île. Il n’est pas venu nous voir, on aurait pu le diriger vers autre chose.»

Sous le choc

Mise au fait du deuxième suicide par le Journal, Mme Bristol était sous le choc.

«C’est vraiment troublant et choquant, réagit-elle. Il y a quelque chose d’anormal.»

À l’hôpital Jean-Talon, le décès des deux hommes a aussi créé un choc.

«C’est épouvantable, le choc est horrible, confie un employé de l’hôpital qui a travaillé avec les deux hommes. Je n’aurais jamais pensé qu’ils auraient passé à l’acte. Ils étaient deux hommes très sociables, pas renfermés du tout.»

D’ailleurs, ce dernier dénonce le silence entourant ces drames.

«C’est fou, personne ne dit rien! déplore-t-il. Le suicide est tabou, surtout dans les hôpitaux. Mais, ce n’est pas en évitant le problème qu’on règle les choses.»

À ce sujet, Jennifer Côté assure que toutes les mesures nécessaires au support psychologique ont été mises en place (voir autre texte).

Un travail difficile

Quant au travail des préposés, tous ­s’entendent pour dire que c’est un emploi difficile.

«Le système de santé est lourd, croit l’employé de l’hôpital. Et c’est sans parler de tous ceux qui quittent à cause de la surcharge de travail. C’est sûr que leur emploi a pesé dans la balance. »

«Les conditions sont difficiles. Mais au point de s’enlever la vie, c’est une accumulation de tout », nuance Mme Côté.

Au cours des derniers mois, deux employés de Postes Canada de la succursale de Saint-Hubert se sont enlevé la vie.

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