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Jérusalem-Est

Baird pris à la légère par les Palestiniens

Baird Peres
Photo Ronen Zvulun / Agence QMI John Baird et le président israélien Shimon Peres.

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OTTAWA – Les Palestiniens ont pris à la légère la visite du ministre des Affaires étrangères John Baird à Jérusalem-Est, pour y rencontrer un ministre israélien.

Dans une déclaration publiée jeudi, la Délégation générale de la Palestine au Canada a salué M. Baird pour sa récente rencontre avec les représentants de l’Autorité palestinienne et pour la volonté du Canada «d’être activement engagé dans le processus de paix à l’avenir».

«La Délégation reconnaît la politique canadienne officielle de longue date, conformément à la loi internationale, qui indique clairement que Jérusalem-Est est une ville occupée.»

Le ministre Baird a rencontré la ministre de la Justice Tzipi Livni dans son bureau à Jérusalem-Est plus tôt cette semaine.

Des sources ont indiqué au journal Haaretz que le ministre Baird a entrepris cette visite, même si des diplomates canadiens à Tel Aviv l’avaient averti de ne pas agir de la sorte.

Des représentants américains et européens refusent de visiter leurs homologues israéliens dans cette partie de la ville qui a été annexée par Israël en 1967.

Le ministre Baird a indiqué que le Canada concentrait ses efforts à appuyer le processus de paix et qu’il «ne souhaitait pas embarquer dans ces arguments sémantiques».

Shimon Fogel, qui est à la tête du Centre pour Israël et les affaires juives, a dénoncé la politique consistant à ne pas rencontrer des représentants israéliens à Jérusalem-Est, la qualifiant de distraction. Il a ajouté que «plusieurs» ministres canadiens avaient rencontré leurs homologues à cet endroit dans le passé.

Selon le porte-parole du NPD pour les Affaires étrangères, Paul Dewar, cette rencontre à Jérusalem-Est «démontre un sérieux manque de compréhension du conflit (au Moyen-Orient)».

La rencontre controversée du ministre Baird avec la ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, à Jérusalem-Est est bien plus qu’un «faux pas diplomatique» mais une «provocation», s’est indigné le député bloquiste Jean-François Fortin.

«Quand on fait un faux, pas parfois c’est non volontaire, mais quand on fait un faux pas de manière volontaire, c’est clairement une provocation», a-t-il indiqué lors d’une entrevue.

Selon lui, M. Baird «s’est rangé du côté du conquérant» car en mettant les pieds à Jérusalem-Est, il conforte Israël dans «sa façon de faire» d’établir de nouvelles colonisations en territoire occupé.

Selon lui, cette attitude est loin d’être constructive pour le processus de paix au Moyen-Orient.

«Le chef de la diplomatie canadienne, lorsqu’il se rend en territoire occupé, plutôt que de mettre de l’huile dans les rouages, il met de l’huile sur le feu.»

 

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