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Rehtaeh Parsons

La GRC va rouvrir l'enquête

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CALGARY – La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé vendredi qu’elle rouvrait l’enquête concernant la mort de Rehteah Parsons «à la lumière d’une information crédible qui a été rapportée à la police».

«La personne qui a rapporté cette information est prête à confirmer son identité et est prête à travailler avec la police», a mentionné la GRC par voie de communiqué, précisant que l’information ne vient pas d’une source internet.

Bob Paulson, le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, a annoncé plus tard vendredi que la GRC allait travailler en collaboration avec Anonymous, «mais qu’ils devraient retirer leur masque».

Jeudi, le groupe de pirates informatiques Anonymous a indiqué avoir trouvé le nom des quatre présumés violeurs de Rehtaeh Parsons, mais ne pas avoir l’intention de les dévoiler pour le moment.

La jeune fille de 17 ans a été retrouvée pendue dans la salle de bain de la maison familiale. Elle est morte trois jours plus tard, dimanche dernier, après qu’elle eut été débranchée des machines qui la maintenaient en vie.

Deux ans auparavant, Rehtaeh Parsons avait été victime d’un viol collectif lors d’une soirée très arrosée, alors qu’elle était pratiquement inconsciente. Des photos de cette agression ont ensuite circulé sur le web, et Rehtaeh avait alors commencé à être harcelée sur les réseaux sociaux.

Anonymous a mentionné que la mère de l’adolescente leur avait demandé de ne pas révéler le nom des présumés violeurs de sa fille, bien qu’elle soit au courant de leur identité.

Des photos pour se «vanter»

Dans une entrevue qu’elle a accordée au quotidien britannique Daily Mail, elle a expliqué qu’il s’agissait d’un jeune de 14 ans, de deux garçons âgés de 16 ans et d’un autre de 17 ans. L’un d’entre eux a admis avoir fait circuler les photos de l’agression sur internet pour se «vanter».

Malgré tout, la mère de Rehtaeh a demandé qu’on s’abstienne de toute violence et de représailles contre ces garçons, et de laisser la justice suivre son cours.

Anonymous a fait savoir que la plupart des noms qui circulaient sur le web n’étaient pas ceux des véritables violeurs. «Tout le bien que vous pensez faire en dénonçant est annulé par le tort que vous allez causer à un innocent», a-t-il souligné le groupe de pirates informatiques dans son billet.

Pendant ce temps, des personnes mal intentionnées continuent de faire du harcèlement sur internet, et ce même après la mort de Rehtaeh. La mère de cette dernière a expliqué qu’elle a dû bloquer l’accès à la page Facebook en hommage à sa fille, car certains commentaires disaient «qu’elle méritait de mourir».

Le premier ministre Stephen Harper a déclaré jeudi que cette tragédie le «rendait malade» et que le terme «d’intimidation» n’était pas assez fort dans ce cas.

«En ce qui me concerne, le mot intimidation évoque des jeunes qui ont une mauvaise conduite. Ici, nous sommes plutôt en présence de gestes qui sont tout bonnement des activités criminelles. Ce sont des activités criminelles perpétrées par des jeunes, ce sont des activités criminelles violentes, ce sont des activités criminelles sexuelles et ce sont aussi des activités criminelles sur internet», a-t-il déclaré.

Le Canada a été secoué par cette affaire, et une pétition demandant la réouverture de l’enquête, qui fut classée par la police «faute de preuves suffisantes», a recueilli 113 000 signatures en quelques jours.

 

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