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Et si on disait la vérité ?

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Une tempête de neige à la mi-avril, c’est le temps d’explorer les choses un peu hors du commun. Si un parti politique au gouvernement annonçait la nomination de l’un des siens en le disant franchement, auriez-vous l’impression de moins faire rire de vous? Je fais référence à la nomination de Sylvain Simard à la présidence du conseil d’administration de la SAQ.

Une tempête de neige à la mi-avril, c’est le temps d’explorer les choses un peu hors du commun. Si un parti politique au gouvernement annonçait la nomination de l’un des siens en le disant franchement, auriez-vous l’impression de moins faire rire de vous? Je fais référence à la nomination de Sylvain Simard à la présidence du conseil d’administration de la SAQ.

Je me sentais mal cette semaine lorsque j’ai entendu le ministre des Finances affirmer à l’Assemblée nationale, donc à tout le peuple, que cette nomination n’a rien à voir avec l’affiliation péquiste de M. Simard. Comment réagir? Rire à se rouler par terre? Pleurer de malaise? Hurler de colère? Chose certaine, n’importe quelle personne sensée et sensible qui entend une telle affirmation a ce désagréable sentiment de se faire rire en pleine face.

Dans le passé, nous avons assisté à des nominations partisanes ridicules. Des organismes spécialisés dans un domaine où l’on offrait un poste doré à quelqu’un qui n’avait aucune connaissance dudit domaine. Ou encore des gens nommés à un poste avec un contrat démesurément généreux en matière de rémunération, d’avantages ou de primes de départ.

Pas de scandale

Dans le cas de Sylvain Simard cette semaine, rien de cela ne se produit, selon les informations disponibles. Les conditions de rémunération sont raisonnables, moindres que son prédécesseur. Et Sylvain Simard, député pendant près de deux décennies et ex-ministre, a un curriculum vitæ qui supporte amplement sa nomination.

Il reste donc le fait qu’il est péquiste. Un ami du parti, oui. Si la nomination est correcte et à des conditions acceptables, pourrait-on explorer l’idée de la présenter en se disant: «Et si les citoyens n’étaient pas des cons»... Si on leur disait la vérité plutôt que les prendre pour des valises avec des poignées sur toutes les parois.

Les choses telles qu’elles sont

La vérité : on dirait aux gens que M. Simard est nommé parce qu’il a fait une contribution au Québec comme élu. Il l’a fait dans un parti politique qui s’appelle le Parti québécois. Ce parti est au pouvoir, il met de l’avant des orientations dans tous les domaines, incluant pour la SAQ. Et un président du conseil d’administration proche du parti participera à l’atteinte des objectifs du gouvernement. En même temps, il s’agit d’un poste intéressant qui permet de récompenser ses loyaux services et de lui permettre de continuer à contribuer autrement à la vie publique québécoise. J’oserais y ajouter une procédure à l’américaine: on fait cette nomination à visière levée devant une commission parlementaire de l’Assemblée.

On peut toujours être plus idéaliste et espérer qu’un jour, on mettra tous les CV dans un logiciel et que le plus compétent sera toujours choisi. Ainsi, les malpropres partis politiques ne nommeront plus de gens de leur allégeance. En attendant, évitons l’exagération dans la partisanerie et lorsque des proches du parti sont nommés, évitons de prendre le peuple pour des nonos.

Dire la vérité n’assure pas de faire l’unanimité, mais au moins, cela gagne le respect.

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