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Intimidation | Suicide

Rien n’a vraiment changé

La mère de Marjorie Raymond s’indigne qu’une autre adolescente ait vécu ce calvaire

Rien n’a vraiment changé
Photo reuters Une veillée pour Rehtaeh Parsons a eu lieu jeudi au parc Victoria, à Halifax.

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Le suicide de Rehtaeh Parsons à Halifax est la preuve que rien ne change, s’indigne la mère de Marjorie Raymond, une adolescente de 15 ans qui s’est donné la mort en 2011 pour mettre fin à la souffrance infligée par ses pairs.

Le suicide de Rehtaeh Parsons à Halifax est la preuve que rien ne change, s’indigne la mère de Marjorie Raymond, une adolescente de 15 ans qui s’est donné la mort en 2011 pour mettre fin à la souffrance infligée par ses pairs.

Chantal Larose a vécu le jour de la marmotte vendredi matin quand elle a découvert la terrible histoire de Rehtaeh Parsons d’Halifax. À l’image de sa fille, Rehtaeh a décidé de mettre fin à l’intimidation qu’elle vivait à cause de ses «amis».

«C’est choquant, troublant et même révoltant, clame la mère de Marjorie. Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable. L’intimidation fait des ravages.»

Selon elle, ce fléau n’est pas pris au sérieux. Ceux qui le défendent en deviennent aussi victimes, même s’ils sont adultes.

L’enfer de Mme Larose a commencé le 28 novembre 2011 en soirée alors qu’elle a fait une macabre découverte dans son garage. Sa fille venait de s’y enlever la vie.

Les médias se sont alors emparés de cette tragique saga. Pour changer les choses, la mère endeuillée avait accepté de raconter leur drame. Pourtant, elle sent qu’on ne l’écoute pas vraiment. À son avis, personne n’est prêt à accepter la thèse du suicide causé par l’intimidation, pas même le coroner qui a publié son rapport en juillet.

«On dirait qu’il a trouvé toutes les autres bébittes pour qu’on décroche de l’intimidation, précise-t-elle. C’est quasiment une magouille. On ne veut pas voir ce problème-là, encore moins dans sa cour.»

Hier matin, c’est en allumant la télévision chez elle qu’elle a appris que l’histoire de sa fille s’était répétée.

«J’ai eu un choc, explique-t-elle. Les émotions sont remontées. C’est désolant qu’une autre revive ça.»

Elle approuve donc les menaces d’Anonymous, ces hackers qui veulent faire connaître l’identité des bourreaux de Rehtaeh Parsons si les autorités ne bougent pas. «Il ne faut pas se faire justice soi-même, assure-t-elle. Mais est-ce que la justice fait quelque chose? Il faut que les coupables soient dénoncés pour qu’ils reçoivent de l’aide.»

Selon elle, les intimidateurs vivent quelque chose de difficile qui justifie leurs agissements.

«Comme une pomme pourrie dans un panier, il faut l’enlever pour régler vraiment le problème», dit-elle.

En février, Mme Larose est déménagée dans une autre région. Elle apprend maintenant à vivre avec la douleur de cette perte.

«Mon deuil n’est pas fait, dit-elle. Je ne l’accepte pas, mais avec du recul, je comprends. C’était très difficile pour elle de vivre avec ça.»

Comme pour Rehtaeh, elle comprend maintenant la détresse de sa fille face au harcèlement et à l’agressivité de ses pairs, à l’école Gabriel-LeCourtois de Sainte-Anne-des-Monts.

 

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