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Beaucoup de courage

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La jeune femme de Saint-Agapit, paralysée à la suite d’un accident qu’elle a causé en textant, a montré beaucoup de courage en livrant son témoignage aux médias cette semaine, et ceux qui l’ont ridiculisée en commentant cette affaire sur les médias sociaux devraient avoir honte.

La jeune femme de Saint-Agapit, paralysée à la suite d’un accident qu’elle a causé en textant, a montré beaucoup de courage en livrant son témoignage aux médias cette semaine, et ceux qui l’ont ridiculisée en commentant cette affaire sur les médias sociaux devraient avoir honte.

Amélie Croteau a accordé une entrevue au Journal de Québec, pas seulement pour raconter son histoire, mais aussi pour que son exemple serve à titre préventif. C’est tout à son honneur.

En septembre 2010, elle se rendait à son travail en voiture, lorsqu’elle a texté à son ami de cœur du moment. Son véhicule a dévié de sa course et s’est retrouvé dans la voie de gauche. La collision frontale avec un camion s’est produite. Amélie et l’autre conducteur ont été blessés grièvement.

Après une longue réhabilitation, l’Agapitoise est restée paralysée du côté droit et se déplace maintenant en fauteuil roulant la plupart du temps.

De son propre aveu, elle avait vécu deux accrochages dans les mêmes circonstances avant ce terrible accident, mais elle ne s’était pas «domptée».

Méchancetés gratuites

À la suite du reportage paru dans le Journal, Amélie a accordé quelques entrevues à d’autres médias. Au cours de l’une d’elles, en direct avec Pierre Jobin, de TVA, elle a mis fin à la conversation abruptement pour prendre l’appel d’un autre journaliste. Il n’en fallait pas plus pour que les adeptes des «bitcheries» sur les médias sociaux se déchaînent.

Bien cachés derrière l’anonymat de leurs ordinateurs, de nombreux internautes ont ridiculisé la jeune femme, la traitant de tous les noms et commentant méchamment son état, à un point tel que l’animateur de TVA a cru bon de lancer en ondes et sur Twitter un appel au calme: «Il ne faut pas que son message soit dilué par la petite bourde qu’elle a commise.»

Victime d’un traumatisme crânien sévère, Amélie a d’ailleurs rappelé Pierre Jobin pour s’excuser. Plusieurs intervenants en matière de sécurité routière, dont le député Robert Poëti et le président de la table de concertation, Jean-Marie De Koninck, ont déploré ce dérapage sur les médias sociaux.

Le geste bien intentionné d’Amélie, qui veut que son exemple serve de leçon aux conducteurs qui textent au volant au risque de se retrouver dans sa situation ou pire encore, a été assombri par la tempête d’imbécillités lancées par certains internautes.

Mesures plus sérieuses

Toutefois, le message d’Amélie est important. Les textos sont encore plus dangereux que les appels au volant et, pourtant, près de 20 % des gens disent qu’ils en lisent ou en font en conduisant, même s’ils reconnaissent en grande majorité être conscients des risques que cela comporte.

Il ne se passe pas une journée sans que je croise sur la route quelqu’un qui s’adonne à cet exercice périlleux et qui, faute d’attention, conduit de façon désordonnée, voire commet une infraction au Code de la route. Et il ne se passe pas une semaine sans qu’on apprenne qu’un accident s’est produit alors qu’une personne textait ou discutait au cellulaire.

Les messages répétés de la SAAQ, les billets d’infraction, les exemples nombreux rapportés dans les médias, rien n’y fait. Le phénomène continue et semble même prendre de l’ampleur.

Il a fallu trois accidents à Amélie, dont le dernier très sérieux, avant qu’elle comprenne. Un peu comme les récidivistes de l’alcool au volant.

C’est à se demander s’il ne faudra pas en venir à ce que les policiers saisissent les appareils, lorsqu’ils constatent une infraction.

Une recommandation de plus en plus fréquente dans les rapports des coroners.

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