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Les vraies affaires

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Aujourd’hui, ce n’est pas le sondeur qui s’exprime, mais l’entrepreneur. Je ne serai ni objectif ni impartial, car je suis directement en conflit d’intérêts. Maintenant que les choses sont claires, disons les vraies affaires.

Aujourd’hui, ce n’est pas le sondeur qui s’exprime, mais l’entrepreneur. Je ne serai ni objectif ni impartial, car je suis directement en conflit d’intérêts. Maintenant que les choses sont claires, disons les vraies affaires.

La décision du gouvernement conservateur d’abolir le crédit d’impôt de 15 % dont bénéficient les fonds de travailleurs aura un impact néfaste non seulement sur les syndicats mais aussi sur de nombreuses entreprises, sur des emplois futurs et sur l’ensemble de l’économie québécoise.

Si vous pouvez faire votre Métro, rénover avec RONA, vous déplacer avec Bombardier, vous divertir avec Juste pour Rire, vous assurer à la SSQ, voyager avec Transat et même gagner la coupe Stanley avec le Canadien de Montréal avant de mourir avec Magnus Poirier, et tout cela en achetant québécois, c’est aussi grâce au Fonds de solidarité.

Si Léger Marketing est devenue la plus importante entreprise à propriété canadienne en sondages et études de marché avec plus de 600 employés répartis dans ses neuf bureaux au Canada, aux États-Unis et en Europe, c’est également grâce au Fonds de solidarité FTQ.

Réussir en affaires

Parce que réussir en affaires ne repose pas uniquement sur le talent et la persévérance, mais sur la capacité d’obtenir un appui financier solide. Le Fonds de solidarité comme le Fondaction se distinguent des autres investisseurs financiers par leurs capacités à prendre plus de risques et être plus patients, permettant ainsi aux entreprises de se développer.

J’ai fait ma première acquisition à Toronto, en 2000, grâce à l’appui du Fonds. Aucune banque n’aurait financé ce projet très risqué d’établir une firme francophone dans la Ville reine. D’ailleurs, ambitieux mais inexpérimenté, j’ai fait toutes les erreurs inimaginables dans cette acquisition. J’ai payé trop cher, mon partenaire torontois n’a jamais respecté ses promesses, sa liste de clients n’était pas solide et son personnel peu motivé. Cela nous a pris cinq ans avant de la rentabiliser et d’en faire un succès. Mais j’ai rapidement appris de mes erreurs et j’ai réalisé, par la suite, sept autres acquisitions profitables.

Pour plusieurs entreprises, le marché du Québec est trop petit et l’expansion internationale est la seule façon de survivre. Mais si c’est risqué d’investir au Canada, ce l’est encore plus quand on investit à l’étranger.

Un capital patient

Au Québec, plus de 2200 entreprises ont reçu l’aide du Fonds de solidarité pour une valeur d’investissement de plus de six milliards en capital de développement. Plusieurs d’entre elles n’auraient pas réussi à obtenir du financement auprès des autres acteurs financiers. L’avenir de l’économie québécoise ne se résume pas à une colonne de chiffres et du rendement à court terme. Il y a des projets porteurs dans les régions du Québec qui ne survivront pas sans l’appui du Fonds.

L’objectif d’équilibrer le budget fédéral du gouvernement conservateur est légitime et le budget déposé le 21 mars vise avec succès cet objectif. Mais l’attaque idéologique visant le syndicat tuera des entreprises. C’est pour cela qu’une majorité de propriétaires de PME s’opposent à cette mesure conservatrice.

Les investissements dans les entreprises, aujourd’hui, sont les profits de demain et la création d’emplois d’après-demain.

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