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Attentat

Boston : ville assiégée

Des blindés, des militaires, des agents de sécurité rappellent que Boston est désormais une cible

Boston : ville assiégée
Photo Reuters

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BOSTON | Au lendemain des explosions, Boston est une ville en état de siège, mais aussi une ville profondément secouée par ­l'émotion. Des centaines de ­marathoniens sont revenus près du lieu du drame, hier, pour chercher leurs effets personnels, leurs médailles et un peu de réconfort.

Hier matin, la zone à l'intérieur du ­périmètre de sécurité au centre-ville de ­Boston faisait penser à un film postapocalyptique. Les rues étaient complètement désertes, les couvertures thermiques que les coureurs n'ont jamais ­récoltées ­volaient au vent et des véhicules ­militaires faisaient le pied de grue à chaque intersection.

À la terrasse d'un restaurant de la rue Newbury, rue marchande tout à côté du lieu de la catastrophe, les tables étaient exactement comme les clients les avaient laissées la veille, vers 15 h, en fuyant. Le restaurant est resté figé dans le temps. Hier après-midi, les Bostoniens se sont tranquillement réappropriés leur ville.

Quelques terrasses étaient bondées au centre-ville. Plusieurs curieux se sont ­déplacés pour prendre des photos des lieux et des mémoriaux improvisés ont commencé à s'accumuler le long des barrières de sécurité.

Après l'effroi, les larmes

Près de la ligne ­d'arrivée, on avait installé une zone pour ­accueillir les marathoniens et leur redonner leur sac à dos jaune contenant leurs effets personnels.

«Les coureurs ont fui laissant derrière eux des ­milliers de sacs. Ils sont très émotifs quand on leur donne enfin leur ­médaille, c'est symbolique.

Ils sont épuisés et à bout de nerfs», a ­expliqué sur place Matt ­Carpenter, membre du comité organisateur du marathon. Pense-t-il que la tragédie va affecter la ­venue des coureurs l'an prochain? «Non je ne pense pas, je crois au contraire que ça va attirer encore plus de monde, il faut montrer qu'on ne se laissera pas intimider», a dit M. Carpenter.

Plusieurs coureurs se sont effondrés, en larmes, dans les bras des bénévoles en se ­faisant passer la ­médaille au cou. ­Certains coureurs sont ­venus d'aussi loin que Hong Kong et Mexico pour participer au plus vieux marathon du monde. Même ceux qui n'ont pas terminé la course ont reçu une médaille.

Images-chocs

Les coureurs et spectateurs qui ont vécu les explosions de près ont été témoins d'images qu'ils n'oublieront jamais. «De voir des gens sans leurs membres inférieurs, d'autres avec des bouts de métal plantés dans le corps et un homme avec le pied qui pend, c'est inimaginable», a confié George Ostrander, du Michigan. Il se trouvait à 750 mètres du fil d'arrivée et a crié aux coureurs de s'éloigner des ­immeubles. «Les secours étaient présents en moins d'une minute, ils ont fait un ­boulot incroyable», a-t-il souligné.

Courtney Gardener, 23 ans, avait les yeux embués en revenant sur les lieux. Elle participait à son premier marathon et ses parents ont fait le voyage depuis ­l'Oregon pour l'attendre à l'arrivée.

«Ma mère se trouvait entre les deux ­explosions et mon père à quelques pieds de la 2e explosion. C'est un miracle qu'ils soient sains et saufs», a-t-elle dit. «J'ai vu des blessures que je ne peux même pas ­décrire, c’était l'horreur», a dit son père, Kelly, serrant sa fille dans ses bras.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, Boston n'a plus jamais vécu une telle démonstration de ses forces policières. Toute la journée, des véhicules blindés et des autobus remplis de militaires ont ­circulé. On retrouvait des membres de la garde nationale dans le métro, plusieurs check-points et des agents de sécurité à l'entrée de tous les immeubles et hôtels procédaient à la fouille des sacs.

Leur présence à chaque coin de rue est un dur rappel que Boston, une des villes les plus agréables d'Amérique, est ­désormais une cible.

« De voir des gens sans leurs membres inférieurs, d’autres avec des bouts de métal plantés dans le corps et un homme avec le pied qui pend, c’est inimaginable  »

– Un témoin

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