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Attentats de Boston

Une famille amputée

Une famille de Boston frappée au cœur : un enfant de 8 ans tué, sa mère et sa sœur blessées gravement

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Martin Richard, 8 ans, s’apprêtait à savourer une crème glacée au marathon de Boston quand les bombes ont explosé, lui enlevant la vie et blessant grièvement sa maman et sa petite sœur de 6 ans.

Les trois enfants Richard et leurs parents s’étaient massés sur la ligne d’arrivée du marathon de Boston pour applaudir des amis coureurs. Ils avaient décidé d’aller manger de la crème glacée quand ce qui devait être une fête a tourné au cauchemar.

«Ils ont entendu la première explosion, a expliqué le député Stephen F. Lynch, un ami de la famille, au Boston Herald. Ils ont tenté de quitter les lieux, mais ils sont restés coincés derrière les barrières de sécurité.»

La seconde bombe a alors explosé. Martin a été atteint mortellement. Sa petite sœur Jane a perdu une jambe et sa maman Denise a reçu des débris à la tête. Juste à côté, son petit frère Henry et son papa Bill s’en sont sortis indemnes. «Mon épouse et ma fille se remettent de sérieuses blessures. Nous remercions nos familles, nos amis, nos connaissances et ceux que nous n’avons jamais vus pour leurs pensées et leurs prières. Je vous demande de continuer de prier et de vous souvenir de Martin», a dit le père de famille endeuillé dans une brève déclaration publique.

Un petit apôtre de la paix

Paradoxalement, une des premières images du petit Martin qui ait circulé dans les heures suivant sa mort le montre souriant tenant une affiche bleue sur laquelle est inscrit le mot «Peace».

Le même terme a été tracé à la craie devant la résidence Richard, lundi soir, dans la banlieue de Dorchester, au sud de Boston. Juste à côté, Martin, Jane et Henry avaient tracé des fleurs et des papillons, laissant la craie sur place pour poursuivre leur œuvre éphémère plus tard.

«On jouait toujours ensemble tous les vendredis. On dessinait. On dessinait des images de sport», a confié Kaytlyn Lynch, 8 ans, au Boston Globe, collée contre sa mère devant la résidence Richard.

Spontanément, des voisins de la famille Richard se sont rassemblés afin de se recueillir et de prier. Une bougie a été allumée sur les marches de la maison familiale entourée de bouquets de fleurs.

Comme en Syrie

«Je vois des choses comme ça arriver en Syrie et au Pakistan. Partout où il y a des guerres, des enfants meurent. Mais là c’est juste à ma porte. C’est juste un petit garçon de 8 ans qui n’a rien fait à ces gens, qui que soient les responsables... il a payé de sa vie», a commenté Dan Aguilar, un voisin dévasté, interrogé par le Boston ­Herald.

Martin et sa petite sœur Jane ­fréquentaient l’école Neighborhood House Charter où leur maman Denise était bibliothécaire. «Nous avons le coeur brisé, a réagi l’établissement ­scolaire. Les ­Richard représentaient le meilleur de notre ville.»

Des mutilés par dizaines

Comme la petite Jane Richard, de nombreuses victimes de l’attentat ont été atteintes aux jambes.

Liz Norden, mère de cinq enfants a vu ses deux fils de 31 et 33 ans perdre chacun une jambe dans l’explosion. Ils s’étaient rendus sur Boylston Street pour voir un de leurs amis terminer la course.

«Jamais je n'aurais imaginé dans mes pires cauchemars vivre quelque chose de la sorte, a déclaré Mme Norden au Boston Globe. Je me sens mal. Ma vie s'effondre.»

Les médecins ont expliqué avoir retiré des billes d’acier et des clous des nombreuses victimes. Certaines avaient jusqu’à une trentaine de projectiles meurtriers dans le corps.

«On a retrouvé toute sorte d’objets tranchants dans les corps. Cette bombe contenait probablement de multiples fragments métalliques», a expliqué le Dr George Velmahos, du service de traumatologie de l’Hôpital général du Massachusetts. À elle seule, son unité a dû procéder à quatre amputations.

En fin de soirée hier, le bilan s’établissait à 3 morts et 176 blessés, dont sept toujours dans un état critique. Mais le Dr Velmahos se faisait rassurant: «Je suis plus confiant que ce matin que nous ne perdrons aucune vie», a-t-il dit en point de presse.

- Avec la collaboration de l’Agence QMI

 

Ce qu’ils ont dit...
«
C’est juste un petit garçon de 8 ans qui n’a rien fait à ces gens. Qui que soient les responsables...il a payé de sa vie »
– Dan Aguilar, un voisin
«
Ils ont entendu la première explosion, Ils ont tenté de quitter les lieux, mais ils sont restés coincés derrière les barrières de sécurité »
– Un ami de la famille
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