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Incendie | Générosité

« Les fleurs, c’est ma vie »

La communauté montréalaise se lie pour aider une fleuriste du quartier

« Les fleurs, c’est ma vie »
Photo Le Journal de Montréal, KASSANDRA MARTEL David Massé a voulu encourager sa fleuriste Tamey Lau, dont la boutique a brûlé. Il est reparti avec un gros bouquet de fleurs pour sa copine.

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Fleuriste et mère de 12 enfants, Tamey Lau a tout perdu dans l’incendie qui a détruit sa boutique, mais qui a surtout réduit en cendres ce qui fait d’elle l’âme du Mile-End.

La communauté du Mile-End de Montréal a déjà amassé plus de 10 000 $ en moins d’une journée pour soutenir Tamey Lau, la fleuriste de Dragon Flower, située rue Bernard.

«C'est venu de façon très spontanée, plusieurs voisins ont eu la même idée en même temps, affirme Isabelle Morin, l’une des voisines instigatrices de cette collecte de fonds improvisée. Tamey c'est en quelque sorte l'âme du Mile-End. Elle travaille du matin au soir, elle est très géné­reuse.»

Mardi, cette boutique connue pour ses impressionnants étals de fleurs en façade a accidentellement brûlé.

«J’ai tout perdu, constate tristement Mme Lau. Pourquoi la vie est-elle si compliquée? Je ne sais pas ce qui va arriver.»

Être aimé pour ce qu’on fait

Depuis près de 20 ans, cette petite dame souriante tient les rênes de cette fleuristerie très prisée des gens du secteur.

«Les fleurs, c’est ma vie, affirme Mme Lau dans un anglais incertain. Comme les enfants le sont aussi. Dans cette rue, j’ai un million d’enfants. Ici, les gens m’aiment.»

Après le triste événement, elle a reçu la preuve de cet amour inconditionnel.

«Les gens passent, m’encouragent et achètent des fleurs», dit-elle en continuant de travailler devant sa façade barricadée.

David Massé est venu de la Petite-Italie pour lui offrir son soutien. Il avait même de l’argent à lui donner.

Pourtant Mme Lau n’a pas voulu de son argent. Elle a préféré que M. Massé achète un énorme bouquet de fleurs et qu’il paie le juste prix.

«Ça fait des années qu’on achète nos fleurs ici, ma blonde et moi, explique-t-il. C’est la meilleure, elle est impressionnante et elle a du goût. On veut qu’elle reste ici.»

Pour demeurer dans le secteur

Même des enfants de huit et neuf ans ont cassé leur tirelire devant elle pour s’assurer qu’elle reste dans le secteur. Sur-le-champ, Mme Lau a refusé de prendre l'argent, mais ils ont insisté en disant que «tous les amis avaient contribué ensemble».

Tamey Lau espère rouvrir sa boutique aussitôt que les assurances auront réglé le dossier. En attendant, elle continue à vendre des fleurs dans des étals improvisés sur le trottoir.

«Je n’ai pas le choix, affirme la mère monoparentale de 12 enfants. Si je reste à la maison, je vais juste mourir d’angoisse.»

Pendant ce temps, ses voisins continuent d’amasser des fonds grâce à leur page GoFoundMe et à leur groupe Facebook. Une corvée de ménage et de peinture est même prévue cette fin de semaine pour redonner son éclat au Dragon Flower.

Une générosité sans nom

Souvent, Tamey Lau donne des fleurs aux passants. Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, ils sont nombreux à avoir remarqué son grand cœur.

«Tamey reflète cette générosité avec les passants par son sourire, ses dons de fleurs, de bonbons aux enfants à l'insu des parents qui sont déjà en avant sur le trottoir... C'est ça, une communauté», a souligné sur Facebook le conseiller de l’arrondissement, Richard Reynold.

Peu importe le montant du don, la fleuriste avait déjà décidé de ne pas quitter le quartier.

«Elle aime ce qu’elle fait, tout simplement, et c’est super inspirant, précise M. Massé pour expliquer l’intérêt que les gens lui portent.

– Avec la collaboration de Katia Tobar


► Pour aider Tamey Lau, il suffit de faire un don à www.gofundme.com/tamey

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