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Sauvé in extremis

Un homme atteint de fibrose kystique doit sa survie à une greffe des poumons

Sauvé in extremis
Photos le journal de montréal, KASSANDRA MARTEL Richard Lebœuf-McGregor se remet de la greffe qu’il a obtenue contre toute attente le 23 mars dernier à l’Hôpital Notre-Dame de Montréal.

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À l’article de la mort, un jeune homme de 27 ans pourra dorénavant envisager une plus longue vie sans bonbonne d’oxygène pour l’aider à respirer.

À l’article de la mort, un jeune homme de 27 ans pourra dorénavant envisager une plus longue vie sans bonbonne d’oxygène pour l’aider à respirer.

Atteint de fibrose kystique, Richard Lebœuf-­McGregor, à l’origine de la collecte «Vos cennes noires pour nos poumons roses», a lui-même reçu le 23 mars deux poumons d’un homme de 32 ans décédé.

L’annonce inattendue de cette greffe, qu’il espérait depuis plus de trois ans, arrivait à point. Sa maladie venait de prendre le dessus et il lui restait environ deux jours à vivre.

«J’étais “limite”, affirme-t-il. Quand ils m’ont appelé, j’étais déjà hospitalisé. J’étais à bout. L’annonce de la greffe a donc été un soulagement pour tout le monde, même si c’était risqué.»

Ce jeune homme de Pointe-aux-Trembles souffre de fibrose kystique depuis sa naissance. Il s’agit d’une maladie héréditaire mortelle caractérisée par une sécrétion anormale de mucus. Cette substance se colle surtout sur les poumons, nuisant à la respiration.

Bonbonne d’oxygène

Dès son jeune âge, les hospitalisations pour difficultés respiratoires ont été fréquentes. Étant souvent à l’hôpital, il est même devenu le représentant des patients de McGill et s’est impliqué dans les comités sur sa maladie.

En décembre 2009, son état a soudainement empiré. Il devait trimballer sa bonbonne d’oxygène en tout temps. «Je calculais mon air pour tout faire, explique-t-il. Quand j’allais à l’école, si le métro arrêtait, j’étais fait.»

Un jour, il a même dû appeler son frère Jonathan pour avoir une nouvelle bonbonne. Celle qu’il avait pour la journée fuyait rapidement. Il allait manquer d’air et sa vie était en danger.

Vu la détérioration de sa qualité de vie, M. Lebœuf-McGregor s’est inscrit sur la liste des greffes.

Son état a empiré, à tel point qu’il a dû abandonner l’école et ne pouvait presque plus sortir de la maison. Le 18 mars dernier, il a été hospitalisé. Son médecin lui a annoncé qu’il était sur le dernier mille.

Contre toute attente, le 22 mars, en fin de soirée, il a reçu l’appel de la dernière chance. Un homme qui avait signé sa carte de don d’organes était décédé. Ses poumons étaient ainsi disponibles pour une greffe que M. Lebœuf-McGregor a reçue le lendemain matin à l’Hôpital Notre-Dame de Montréal.

«Ça fait au moins quatre ou cinq ans que je n’ai pas couru, affirme-t-il. Grâce à ce don de vie, la première chose que je vais faire quand je vais sortir de l’hôpital, c’est d’aller me promener sans devoir traîner ma bonbonne d’oxygène.»

« Je peux reprendre ma vie »

Depuis, il envisage sa vie sous un nouvel angle. Étudiant en comptabilité, il pense reprendre ses études dans un tout autre domaine. Il veut devenir enseignant d’histoire au secondaire.

«L’année où je suis tombé plus malade, j’avais plein de projets, confie-t-il. Je peux maintenant reprendre ma vie.»

Toutefois, il continuera toute sa vie à prendre des médicaments pour éviter le rejet de ses nouveaux poumons, qui demeurent des corps étrangers. C’est la raison pour laquelle son système immunitaire sera maintenu affaibli. Il devra donc éviter les microbes, les indigestions alimentaires et certains aliments.

«Comparé à avant, ce n’est rien, conclut Jonathan, son frère. Ce sera moins stressant. Je vais pouvoir fermer mon cellulaire à l’occasion.»

Quelques chiffres
Fibrose kystique
Maladie génétique mortelle la plus répandue chez les jeunes Canadiens.
3500 Canadiens, dont 1300 Québécois.
Espérance de vie
47 ans
Don d’organes
Un donneur d’organes peut sauver jusqu’à huit vies et aider jusqu’à 15 autres personnes par le don de tissus.
Nombre de dons en 2012
364 personnes grâce à 120 donneurs.
1250 personnes en attente de greffes.
323 dons refusés, dont 33 % par les familles des donneurs.
75 poumons greffés.
On attend un poumon environ deux ans.
Les donneurs ont en moyenne 50 ans.
Source : Fibrose Kystique Québec et Transplant Québec
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