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Justice | Succession

Autre tuile pour l’union libre

Une femme risque de perdre la rente de son conjoint décédé au profit de son ex-épouse

Union Libre
Photo courtoisie Lorraine Perron dit avoir trouvé « humiliant » et « très difficile émotionnellement » d’être obligée de se défendre et de ressasser les histoires amoureuses de son conjoint, Luigi Barone, afin d’avoir droit à la rente de conjoint survivant. On la voit ici en compagnie de son avocat, Richard Pasquin.

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Luigi Barone a été marié à Bionda M. Barone, avec laquelle il a eu trois enfants. En 1974, ils se séparent. En 1995, il rencontre Lorraine Perron, qui devient sa conjointe. Il meurt en 2008. Qui a droit à la rente de Luigi Barone?

Luigi Barone a été marié à Bionda M. Barone, avec laquelle il a eu trois enfants. En 1974, ils se séparent. En 1995, il rencontre Lorraine Perron, qui devient sa conjointe. Il meurt en 2008. Qui a droit à la rente de Luigi Barone?

C’est l’épineux problème que devra trancher le Tribunal administratif du Québec.

Le seul revenu de Lorraine Perron depuis la mort de Luigi Barone est 600 $ par mois de la rente de conjoint survivant de la Régie des rentes du Québec (RRQ).

Cette rente est habituellement versée à l’épouse d’un défunt ou, s’il n’est pas marié, à sa conjointe de fait. Le nœud du problème est que Luigi Barone était séparé légalement de son épouse, mais pas divorcé.

Mme Perron avait 33 ans lorsqu’elle s’est entichée du riche homme d’affaires de Saint-Léonard, qui avait 70 ans. Il possédait une entreprise de construction domiciliaire.

La femme, aujourd’hui âgée de 49 ans, a cessé de travailler quelques années après leur rencontre. Le couple a aussi perdu toutes ses économies dans de mauvais placements.

Atteint du cancer, Luigi Barone se déplaçait en fauteuil roulant dans les années précédant sa mort. Lorraine Perron a pris soin de lui jusqu’à la fin, allant même jusqu’à changer ses couches.

«Son ex-épouse a eu les plus belles années de Luigi et moi, j’ai eu les pires. J’ai sacrifié les plus belles années de ma vie pour lui, soupire Lorraine Perron. On devrait donner préséance à celle qui a été là dans les dernières années.»

Séparation invalide ?

Les fils du défunt, Remo et Vincent, tentent d’invalider la décision de la RRQ. Ils estiment que la rente revient à l’épouse de M. Barone, Bionda M. Barone. Ironiquement, cette dernière est décédée en décembre.

La séparation entre les deux époux serait inva­lide, croiraient les fils de M. Barone. Ils soutiennent que leurs parents ont repris une vie commune entre 1977 et 1987. Selon la loi, une reprise de vie commune invalide la séparation. La rente devrait donc être versée à l’épouse.

Au téléphone, Remo Barone a soutenu que son frère et lui voulaient la rente «parce qu’ils y avaient droit», mais il a rapidement raccroché.

Si Lorraine Perron gagne la bataille judiciaire, elle aurait la rente jusqu’à la fin de ses jours. Si les fils obtiennent gain de cause, ils n’auraient que l’argent versé jusqu’au décès de leur mère, car c’est elle qui deviendrait la bénéficiaire de la rente. Mme Perron devrait leur rembourser tout ce qu’elle a reçu depuis 2008 avec intérêts.

«C’est injuste et indécent», se désole-t-elle.

Luigi Barone ne retournait à la maison que pour aller chercher des vêtements, assister à des fêtes ou aller chercher du courrier, selon Me Richard Pasquin, l’avocat de Lorraine Perron.

Une ancienne conjointe de M. Barone a témoigné avoir habité avec lui de 1979 à 1983, ce qui viendrait démentir la version des deux fils.

Tous seront de retour en cour en mai.

 

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