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Énergie | Hydro-Québec

L'éolien a le vent dans la face

Alors qu’Hydro-Québec est en surplus énergétique, Québec ira-t-il de l’avant avec l’appel d’offres prévu ?

L'éolien a le vent dans la face
Le gouvernement péquiste, qui a toujours affiché sa préférence pour le contenu québécois, est confronté à une décision pour le moins paradoxale. Il vient de mettre fin au programme des petites centrales communautaires, dont le contenu est québécois à plus de 80 %. Il voudrait maintenant aller de l’avant avec un nouvel appel d’offres pour l’industrie éolienne, qui ne peut guère garantir plus de 60 % de contenu québécois. Les turbines, la seule composante de haute technologie des éoliennes, sont en effet fabriquées par Enercon (Allemagne), Vestas (Danemark) et GE (États-Unis). Quant aux parcs éoliens, ils sont très souvent la propriété d’investisseurs dont le siège social est à l’extérieur du Québec, que ce soit à Madrid, à Paris, à Calgary ou à Toronto.

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Industriels et écologistes serrent les rangs pour presser le gouvernement Marois d’aller rapidement de l’avant avec un nouvel appel d’offres de 700 MW de puissance éolienne, alors qu’on se demande de plus en plus si le Québec a vraiment besoin de plus d’énergie.

Industriels et écologistes serrent les rangs pour presser le gouvernement Marois d’aller rapidement de l’avant avec un nouvel appel d’offres de 700 MW de puissance éolienne, alors qu’on se demande de plus en plus si le Québec a vraiment besoin de plus d’énergie.

Ces 700 MW (mégawatts) sont l’équivalent de 350 éoliennes de plus que les quelque 1700 déjà implantées en territoire québécois.

Pour l’industrie éolienne, il est minuit moins cinq: sans nouveaux contrats, des usines de fabrication d’éoliennes installées en Gaspésie pourraient fermer.

La situation est telle que le gouvernement songe à offrir aux promoteurs des contrats de gré à gré, donc sans appel d’offres, pour accélérer les choses et sauver usines et emplois.

«Ça nous prend une annonce maintenant. Nous avons des étapes à franchir pour maintenir les usines en production. C’est un processus de 24 à 36 mois pour aller en appel d’offres, choisir les sites et obtenir les autorisations nécessaires afin de permettre aux usines d’entrer en production», martèle Jean-François Nolet, de l’Association canadienne de l’énergie éolien­ne.

«Ce sont environ 1000 emplois dans les industries manufacturières gaspésiennes qui risquent d’être perdus», ajoute-t-il.

La première ministre Marois pourrait annoncer la décision de son gouvernement lors de sa prochaine visite en Gaspésie, au début du mois de mai.

Si Mme Marois décidait d’ajouter des éoliennes, Hydro-Québec pourrait atteindre l’objectif de 4000 MW du gouvernement précédent. Ce serait suffisant pour maintenir en production pendant encore quelques années les usines de fabrication de tours d’éoliennes et de pales de Matane et de Gaspé, auxquelles le gouvernement a imposé de s’installer en Gaspésie pour soutenir le développement régional.

Le hic, c’est qu’Hydro-Québec fait face à des surplus énergétiques actuels et futurs, et que l’énergie éolienne coûte plus cher à produire (voir autre article).

Ce sont d’ailleurs des arguments économiques qui ont été évoqués, il y a deux mois, pour mettre fin aux six projets de centrales communautaires de 83 MW mis de l’avant par les municipalités, les MRC et les groupes amérindiens.

Les écologistes en renfort

Les écologistes essaient entre-temps de faire valoir d’autres arguments en faveur de la poursuite du développement éolien.

«Est-ce qu’on doit fermer une industrie pour la seule raison de ne pas gonfler les surplus et les prix d’Hydro-Québec Distribution?» s’interroge Réal Reed, retraité d’Hydro-Québec et membre du Conseil d’administration de Fondation Rivières.

«Le potentiel éolien québécois, poursuit-il, est très grand et sans comparaison avec le potentiel hydraulique, petits et grands projets confondus. Il faut se positionner en fonction de l’avenir. Conservons intacte cette filière. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.»

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