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Musée McCord

L’identité des Premiers Peuples à travers leurs vêtements

Porter identité McCord
Photo AGNES CHAPSAL / Agence QMI Pour les populations autochtones d’Amérique du Nord, le vêtement donne des informations sur le territoire sur lequel celui qui le porte vit, mais aussi sur son statut social.

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Les Montréalais pourront bientôt en apprendre davantage sur l’identité des Premiers Peuples du Canada à travers leurs vêtements, au musée McCord.

La nouvelle exposition permanente ouvre le 2 mai et s’inscrit dans le sillage de la Commission de vérité et de réconciliation, qui a récemment donné la parole aux populations autochtones du pays.

Intitulée Porter son identité – La collection Premiers Peuples, l’exposition présente une centaine d’artefacts entièrement restaurés qui datent du début du 19e siècle jusqu’à aujourd’hui.

Pour les populations autochtones d’Amérique du Nord, la relation entre le vêtement et l’identité est intrinsèque. Le vêtement donne des informations sur le territoire sur lequel celui qui le porte vit, mais aussi sur son statut social, selon la conservatrice ethnologie et archéologie du musée, Guislaine Lemay.

Ainsi, selon de la coupe de l’amauti (le parka porté par les femmes généralement en peau de phoque) et de la taille de l’amaut (la poche sur le dos pour porter le bébé), l’observateur est informé sur le statut de la femme: mariée, veuve ou adolescente. Par exemple, une jeune fille aura une petite poche pour le bébé puisqu’elle n’a pas d’enfant.

Le vêtement a aussi une fonction politique. Un sac en bandoulière de la fin du 19e siècle brodé de perles n’a pas de fonction utilitaire, mais il rend hommage aux exploits de celui qui le revêt. «Plus on avait de sacs, plus on a un statut élevé, a expliqué Mme Lemay. Parfois, les femmes et les chevaux en portaient.»

Un lien entre l’homme et la nature

L’habit souligne aussi le lien intime entre l’homme et la nature. Une parka et un pantalon en peau de caribou du début du 20e siècle sont un exemple «de transposition du corps de l’animal sur le corps de l’homme», selon la conservatrice. Sur la capuche portée serrée, on distingue les oreilles de l’animal. La peau qui recouvrait la poitrine et le cœur du caribou est utilisée pour le devant du parka et celle des pattes de l’animal pour les manches et le pantalon.

«Cela montre que l’on veut transposer les propriétés de l’animal sur l’homme», a expliqué Mme Lemay.

«Il y a 20 ans que l’on voulait monter cette exposition, a assuré la présidente et chef de la direction du musée McCord. Les Premiers Peuples prennent de plus en plus la parole dans l’espace public et c’est important de présenter leur culture et leur créativité.»

Pour ce projet, le musée a travaillé en partenariat avec un comité consultatif de cinq femmes autochtones. Bien que permanente, l’exposition se renouvellera chaque année avec quelque 85 nouvelles pièces.

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