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Michel Lacroix, LA voix du Canadien

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Michel Lacroix passe ses soirées au banc de punition lors des matchs du Canadien à Montréal, mais contrairement aux joueurs, c’est avec un sourire renouvelé qu’il s’y rend chaque fois.

L’animateur officiel du Tricolore parle de son travail avec un plaisir évident. «J’adore travailler en direct, sans filet. Il faut que la décision se prenne tout de suite», dit celui dont la qualité de la voix radiophonique dépasse largement les frontières du Québec, puisqu’il a couvert ou annoncé une quinzaine de Jeux olympiques.

La proximité avec la patinoire lui confère un avantage aux animateurs qui évoluent à partir de la galerie de presse dans la Ligue nationale, évalue-t-il. Collé sur l’action et les arbitres, LA voix du bleu-blanc-rouge gagne en instantanéité.

«Je suis le trait d’union entre ce qui se passe sur la glace et la foule», explique celui dont le rôle est également de contribuer à l’ambiance dans le Centre Bell et à mobiliser le septième joueur (le spectateur) au moment opportun.

«Quand un de nos joueurs a une punition, je dois faire attention pour annoncer la pénalité sobrement, pour ne pas faire en sorte que la foule aille contre nos joueurs et que ça fouette l’équipe adverse», ajoute celui qui tâte chaque soir le pouls de l’assistance avant de prendre le micro.

À l’inverse, quand le Canadien a le vent dans les voiles, l’animateur s’enthousiasme à l’annonce d’un but et n’hésite pas à étirer le nom de son auteur.

«Je veux alors susciter une réaction positive. Je veux qu’on sente que la foule embarque et lui permettre de bien réagir. C’est pour ça qu’on laisse parfois traîner certains noms en longueur. Parce qu’il y a une atmosphère de fête, que c’est un party», indique le Laprairien de 60 ans.

Fort de son expérience d’animation aux quatre coins du globe, la prononciation du nom des joueurs européens ne lui cause pas trop de casse-tête.

«Quand je ne suis pas certain, je demande au joueur directement ou à un autre qui vient du même pays. À Montréal, on s’efforce de respecter la prononciation des noms comme dans leur pays d’origine. C’est une question de respect pour les joueurs, mais aussi les spectateurs.»

Animateur à deux époques

Michel Lacroix est la voix du Tricolore depuis 25 ans, puisqu’il avait remplacé Claude Mouton pendant cinq ans dans les années 70-80 avant de lui succéder après sa mort dans les années 90.

«C’était presque naturel pour moi de reprendre le micro, parce que j’avais déjà fait mes classes», indique celui qui avait suivi le CH à titre de journaliste pour la radio de CKAC entre-temps.

Alors qu’il avait connu la gloirieuse époque du CH avec Scotty Bowman, Ken Dryden et Larry Robinson et Guy Lafleur, pour ne nommer que ceux-là, Michel Lacroix a repris du service l’année de la coupe Stanley à l’ère de Serge Savard et de Ronald Corey!

«C’était un beau défi, parce que ça marquait la fin du Forum et le déménagement au Centre Molson. De plus, quand tu reviens, c’est ton équipe! Il y a toujours 25 joueurs, mais un seul annonceur», se réjouit celui qui a fait ses débuts à l’animation avec le National de Laval dans le junior.

Même si l’acoustique du Centre Bell lui vaut d’accueillir des spectacles internationaux, M. Lacroix est parfois nostalgique du Forum.

«Le son était extraordinaire à l’intérieur. Les bancs étaient en bois, il y avait peu de ciment. C’était aussi très intime, on avait l’impression que tout le monde se connaissait. Il y avait une promenade derrière nous et les spectateurs passaient directement derrière le banc et nous parlaient en passant.»

Retenir l’émotion

Michel Lacroix a été de tous les instants importants avec le Canadien depuis 20 ans; le défilé des capitaines lors de la fermeture du Forum, l’hommage à Saku Koivu qui combattait un cancer, des conquêtes de la Coupe Stanley, <I>etc.<I> et jamais il n’a jamais eu la voix étranglée par l’émotion.

«Tu ne peux pas être coincé entre l’émotion et l’animation. Il faut que tu exerces une certaine retenue et que tu fasses ton travail. Quand c’est plus difficile, je m’accroche à des éléments techniques», explique l’animateur qui vivra alors ses émotions à retardement.

 

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