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Une sous-catégorie d’élus

Bloc Samson

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Régis Labeaume n’a rien à attendre du gouvernement Marois dans le domaine des relations de travail et plus précisément du coût prohibitif des régimes de retraite des employés municipaux.

Le maire de Québec a réclamé la semaine dernière que Montréal et Québec aient le pouvoir de décréter les conditions de travail, comme les gouvernements à Ottawa et à Québec peuvent le faire lorsqu’il devient évident qu’une entente négociée est tout à fait impossible.

Les unions municipales ont réclamé à plusieurs reprises au cours des dernières décennies une modification aux règles du jeu, dans le même sens que M. Labeaume. Les gouvernements qui se sont succédé pendant toutes ces années, libéraux comme péquistes, ont toujours refusé.

Ce n’est pas un gouvernement du Parti québécois, dirigé par une première ministre dont le conjoint a été directeur du Fonds de solidarité de la FTQ, qui va donner des armes aux dirigeants des villes actuellement livrés pieds et poings liés aux centrales syndicales, principalement au SCFP-FTQ.

Manque de respect

Celles-ci ont ainsi pu creuser un écart de 30 % entre la rémunération globale des employés municipaux et les travailleurs du secteur privé, pour les mêmes tâches. M. Labeaume devait rêver en couleurs lorsqu’il a fait cette demande, dans sa réaction au rapport D’Amours sur les régimes de retraite. Les gouvernements à Québec réclament toujours que le fédéral leur délègue plus de pouvoir au nom du «maître chez nous». Ils considèrent par contre que les municipalités ne sont que des créatures administratives du gouvernement du Québec, dont ils peuvent décider du sort et des responsabilités, selon leurs quatre volontés.

Il n’y a qu’à se rappeler l’autoritarisme démontré lors des fusions forcées de 2000-2001, à l’encontre de majorités de citoyens et d’élus municipaux dans plusieurs villes.

Les élus à l’Assemblée nationale considèrent de plus que les membres des conseils municipaux n’ont pas assez de maturité et de jugement, contrairement à eux, pour avoir dans leur arsenal un recours aussi inflammable que celui de décréter les conditions de travail.

Les gouvernements à Québec traitent les municipalités exactement comme ils reprochent à Ottawa de se comporter à l’égard des provinces.

Encadrement

D’autre part, la loi pourrait encadrer étroitement le recours à un décret et le contenu de celui-ci, tout comme l’est l’arbitrage pour les policiers qui n’ont pas le droit à la grève. Les arbitres sont contraints de demeurer à l’intérieur d’un cadre de références pour leurs recommandations. Les élections municipales auront lieu le 3 novembre prochain. Régis Labeaume a donné un caractère référendaire au scrutin de 2009 en faisant de la construction du nouvel amphithéâtre l’enjeu de l’élection.

Le maire de Québec est en bonne voie de donner une nouvelle fois une coloration référendaire sur les régimes de retraite au scrutin de novembre prochain.

Il et dommage que le maire de Québec se retrouve seul du côté patronal pour mener ce débat sur la place publique. Les déficits des régimes de retraite mettent en péril la situation financière de nombreuses villes. Ils ont un lien direct sur le taux de taxation et, conséquemment, sur le prix de location des logements. Ils faussent l’équité intergénérationnelle. Ce dossier est devenu un enjeu de société prioritaire. C’est trop simpliste de la part de la ministre Agnès Maltais de s’en tenir au commentaire laconique à l’effet que «la modération a bien meilleur goût», en réponse à la demande du maire Labeaume. Pourquoi les syndicats négocieraient-ils à la baisse?

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