/opinion
Navigation

Le tricheur

Bloc-Parent

Coup d'oeil sur cet article

Permettez-moi de revenir sur un événement télévisuel incongru qui m’aurait fait dresser les cheveux sur la tête si j’en avais eu, j’en suis certain.

Permettez-moi de revenir sur un événement télévisuel incongru qui m’aurait fait dresser les cheveux sur la tête si j’en avais eu, j’en suis certain.

Ça s’est passé dimanche soir dernier, dès les premières minutes du gala Artis; une sortie en règle de la part du comédien-animateur Guy Jodoin, à qui le public venait d’offrir le prix du meilleur animateur de quiz télévisés.

Jodoin a alors profité du temps de remerciements alloué — 45 secondes — pour s’offrir une montée de lait (laquelle a débordé de trois grosses minutes...) bafouant au passage les règles de bonne conduite et de respect de la production et allant même jusqu’à siffler très fort pour qu’on lui permette de poursuivre son laïus assommant alors que la musique annonçait la fin de la récréation.

Invective

Son inconduite n’est rien comparée à son propos.

Dans un gala télévisé destiné au grand public et diffusé à heure de grande écoute (près de deux millions de téléspectateurs), Guy Jodoin s’est permis de parler en anglais pour tourner en dérision le fait que «l’on a toujours la face de la reine sur nos 20 piasses dans notre pays bilingue». Sur le ton de l’invective, il a martelé qu’on était à l’étroit au Canada, puis a terminé, en affirmant, «qu’au Québec l’anglais, c’est ben important, mais que la loi 101 l’est encore plus».

Mais bon dieu, à qui s’adressaient ses doléances? De quoi Jodoin voulait-il se plaindre au juste?

D’abord, je me demande encore si le public québécois pourra un jour assister à un rassemblement d’artistes sans que le discours politique s’invite contre son bon plaisir?

Puis, sur la forme, se pourrait-il que de maugréer contre le fait que le Québec est toujours partie intégrante du Canada puisse heurter une majorité de citoyens qui ont refusé à deux reprises les tentatives de les y en sortir?

Le bon endroit?

Par ailleurs, est-ce qu’une soirée où le public applaudit les artistes et artisans de ses émissions de télévision préférées est le bon endroit pour lancer des messages politiques virulents et engagés? À mon avis, les vedettes se permettent trop souvent cette prise d’otage idéologique dans l’irrespect le plus complet de l’intérêt du téléspectateur bien calé dans son divan afin de vivre un divertissement agréable.

Si les amis de la confrérie social-démocrate artistique veulent s’auto-convaincre de leur option libératrice souverainiste, pourquoi ne pas le faire entre eux en congrès de l’Union des artistes?

Et tant qu’à y être, parlons du message de fond de Guy Jodoin: l’encadrement, la préservation et la promotion de la langue française. Au lieu de ridiculiser le Canada, la reine, les anglais et le bilinguisme, pourquoi ne pas plutôt faire la promotion du bon usage de la langue de Molière?

Pourquoi Guy Jodoin ne demande-t-il pas à ses employeurs qu’ils moussent les exigences et la qualité des émissions grand public, par exemple à TVA, où l’animateur travaille beaucoup?

Si Jodoin met ses énergies et son talent à rehausser le niveau de langage du français dans sa propre cour à TVA, à travers les Occupation double, Le vrai négociateur ou Fidèles au poste, par exemple, il n’aura peut-être plus à s’en prendre à l’anglais dans un prochain gala pour expliquer les défaillances du français dans son propre coin de pays.

 

Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.