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La prime Québec

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Même régime, mêmes prestations. Mais... Il y a une différence de taille entre le Régime des rentes du Québec (RRQ) et son pendant canadien, le Régime de pension du Canada (RPC). Il en coûte plus cher de cotiser au RRQ qu’au RPC.

Même régime, mêmes prestations. Mais... Il y a une différence de taille entre le Régime des rentes du Québec (RRQ) et son pendant canadien, le Régime de pension du Canada (RPC). Il en coûte plus cher de cotiser au RRQ qu’au RPC.

À la suite d’une série d’augmentations annuelles, la cotisation maximale au RRQ dépassera d’ici quatre ans de quelque 700 $ celle du RPC. En dollars d’aujourd’hui, elle s’élèvera à 5410 $, comparativement à 4712 $ pour les cotisants au RPC. Côté prestations à verser aux bénéficiaires, cependant, les deux régimes versent des montants identiques.

Eh oui! Pour bénéficier d’un régime identique à celui offert aux Canadiens des autres provinces, les travailleurs et les entreprises d’ici doivent verser une sorte de «prime Québec». La cotisation au RRQ et au RPC est défrayée à parts égales par les employés et les employeurs.

LE PROBLÈME

La «prime Québec» est entrée en vigueur l’an dernier, à la suite de la décision du gouvernement Charest de renforcer la situation financière du Régime des rentes du Québec.

C’est quoi le problème? En raison du vieillissement de la population et de la hausse continue de l’espérance de vie, le précédent taux de cotisation de 9,9 % n’était pas assez élevé pour assurer la stabilité financière du RRQ. L’analyse actuarielle prévoyait qu’à partir de 2013, les prestations versées commenceraient à dépasser les cotisations perçues. Pour palier, il fallait commencer à puiser dans les réserves. Et à compter de 2039, les réserves de la RRQ seraient à sec.

Pour régler cet épineux problème de financement du RRQ, le gouvernement Charest a adopté une hausse graduelle du taux de cotisation, celui-ci passant de 9,9 % à 10,8 % en 2017.

L’ÉCART

Pendant ce temps-là, le Régime de pension du Canada a décidé de conserver le statu quo : le taux de cotisation de 9,9 % génère suffisamment d’argent pour lui assurer une situation financière équilibrée.

Qu’est-ce que cela représente comme écart?

Les Québécois devront en 2017 débourser des cotisations supplémentaires de quelque 1,3 milliard $ pour avoir droit aux mêmes prestations de retraite que celles versées par le Régime de pension du Canada.

Pour justifier l’écart entre le RRQ et le RPC, le gouvernement du Québec évoque les raisons suivantes. Le Québec aurait été victime d’un baby-boom plus important qu’ailleurs au Canada. Il s’en serait suivi une chute de fécondité plus marquée ici. Le Québec accueille moins d’immigrants que les autres provinces. Et comme les salaires sont moins élevés au Québec, cela a un impact négatif sur le montant des cotisations à percevoir.

L’OUBLI

Dans ses explications visant à justifier pourquoi le RRQ nous coûte plus cher que le RPC, le ministère des Finances du Québec a omis un facteur déterminant. Il a ignoré l’impact de la déconfiture en 2008 de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

En raison de la contre-performance de la Caisse, l’actif de la RRQ a fondu en 2008 de quelque 8,5 milliards $.

Avec un tel trou, on comprend pourquoi la réserve de RRQ risquait de manquer d’argent si on n’augmentait pas les cotisations.

Le RPC n’a jamais été victime d’une perte colossale comme ce fut le cas pour le RRQ en 2008.

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