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Justice | Stupéfiants

40 fois plus forte que l’héroïne

Le démantèlement d’un laboratoire clandestin permet la saisie d’une drogue encore jamais vue

40 fois plus forte que l’héroïne
Photo le journal de montréal, ben pelosse Le laboratoire clandestin était caché dans un logement de Pointe-Saint-Charles et les chimistes avaient suffisamment de produits pour fabriquer un million de comprimés, dont une drogue encore jamais vue au Québec, 40 fois plus puissante que l’héroïne.

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Un raid dans un laboratoire clandestin à Pointe-Saint-Charles s’est avéré historique pour la police, qui a saisi une drogue encore jamais vue au Québec, 40 fois plus puissante que l’héroïne.

Les produits chimiques trouvés dans le laboratoire ont causé toute une frousse aux policiers. L’un d’eux a été hospitalisé tandis que deux autres ont été incommodés.

Et même la voûte de la police a dû être temporairement fermée après que les ingrédients y aient été amenés.

«La voûte est en quarantaine depuis ce temps-là et on n’est plus capable de rien traiter», a témoigné l’enquêteur Yves Rousseau la semaine dernière, huit jours après l’opération policière.

Les producteurs de drogue utilisaient du diluant à peinture pour fabriquer du haschisch. Mais parmi la variété de drogues, c’est le Desmethyl Fentanyl qui a inquiété les autorités.

«C’est une première au Québec, a expliqué l’enquêteur en ajoutant que le produit était 40 fois plus fort que l’héroïne. On s’est fait mettre en quarantaine, et on avait fait des demandes urgentes d’analyse pour savoir ce qu’on traitait.»

Deux personnes de 30 et 37 ans ont été arrêtées suite à l’opération qui remonte au 25 avril dernier. Jason Berry et Patrick Provencher ont tenté d’obtenir sans succès une caution.

Quantités industrielles

Les deux accusés auraient été capables de produire toute une gamme de drogues de synthèse, comme la cocaïne synthétique, l’oxycodone, le tadalafil (Cialis) ou le speed.

Les presses permettaient de fabriquer 10 800 comprimés à l’heure, et il y avait assez d’ingrédients pour en produire au moins un million.

«C’est du jamais-vu, c’est une des plus grosses saisies sur l’île au cours des cinq dernières années», a expliqué l’enquêteur en chiffrant la valeur de la drogue en millions de dollars.

Dans une des sept places perquisitionnées à Montréal, les policiers ont trouvé 200 000 comprimés divers, et un quart de kilo de crystal meth. La saisie record au Québec est d’un kilo.

«On n’a pas tout comptabilisé, le degré de toxicité est important», a pour sa part commenté le sergent Laurent Gingras, porte-parole à la police de Montréal.

Et la qualité n’était pas en reste, à en croire l’enquêteur au dossier.

«Je dirais que la qualité est incroyable, a-t-il témoigné. Elle ne se défait pas, elle est lustrée. C’est des pilules de très bonne qualité.»

En plus de la drogue, les policiers ont aussi saisi 31 armes à impulsion électrique.

L’enquête se poursuit pour déterminer si les deux individus sont reliés au crime organisé. Quant à la voûte de la police, elle a depuis été rouverte.

-Avec la collaboration d’Éric Thibault

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