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SNC-Lavalin dans la mire

Robert Card
© photo d’archives, Reuters Le grand patron de SNC-Lavalin, Robert Card, a rencontré Pauline Marois dans l’espoir de replacer sa firme-conseil dans les bonnes grâces du gouvernement québécois.

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Le Commissaire au lobbyisme s’intéresse à la rencontre au sommet entre SNC-Lavalin et le cabinet de Pauline Marois relativement à l’avenir de l’entreprise québécoise.

Le Commissaire au lobbyisme s’intéresse à la rencontre au sommet entre SNC-Lavalin et le cabinet de Pauline Marois relativement à l’avenir de l’entreprise québécoise.

Éclaboussée par les témoignages entendus à la Commission Charbonneau et par des allégations de fraudes de corruption relativement à un contrat de construction au Bangladesh, la firme de génie-conseil a entrepris de se refaire une virginité.

Le grand patron Robert Card a réclamé et obtenu récemment une rencontre en haut lieu au cabinet de la première ministre, a révélé notre Bureau d’enquête. Chose rarissime, le plus haut fonctionnaire de l’État, Jean St-Gelais, l’équivalent du sous-ministre de Pauline Marois, était même présent.

Non inscrite au registre

Des révélations qui ont attiré l’attention du Commissaire François Casgrain puisque SNC-Lavalin n’a jamais été inscrite au registre des lobbyistes

«C’est sûr que le Commissaire est intéressé», a dit au Journal le porte-parole de l’organisme, Benoît Labonté. À première vue, on semble être devant un cas «d’activités de lobbyisme» auprès de titulaires de charges publiques, ajoute-t-il.

L’entreprise a 30 jours après les activités en question pour s’inscrire au registre si elle ne veut pas contrevenir à la loi. Même si la firme d’ingénierie fait ce qu’il faut, le Commissaire Casgrain a SNC-Lavalin à l’œil. «Le commissaire est surpris que SNC-Lavalin n’ait jamais inscrit un seul lobbyiste d’entreprise», signale M. Labonté.

Les firmes de génie-conseil sont particulièrement délinquantes en matière de lobbyisme, et ça ne date pas d’hier, insiste le porte-parole. «Ce qui se passe sur le terrain n’est pas le reflet de ce qui est enregistré au registre».

La CAQ bombarde Marois

Le cas de SNC-Lavalin a rebondi à l’Assemblée nationale hier. Pressée de questions par son vis-à-vis caquiste, Pauline Marois a assuré que la loi sur l’intégrité en matière d’octroi des contrats publics sera respectée. «Cette loi doit être strictement respectée», a-t-elle insisté, sans jamais dire clairement si la firme de génie-conseil sera écartée des appels d’offres publics.

Les entreprises qui veulent soumissionner sur des contrats publics de plus de 40 millions $ doivent désormais montrer patte blanche. Entaché par des allégations de corruption à l’étranger et par des témoignages de la Commission Charbonneau, le dossier de SNC-Lavalin est loin d’être propice à convaincre les enquêteurs de l’UPAC et de l’AMF de donner le feu vert à l’accréditation de la firme pour les appels d’offres publics.

L’entreprise a fait une demande d’habilitation, mais est toujours en attente d’une réponse de l’AMF, a dit au Journal la porte-parole de SNC-Lavalin, Leslie Quinton. La firme a apporté récemment d’importantes modifications à son équipe de direction, ce qui pourrait cependant faire pencher la balance en sa faveur.

La Loi sur l’intégrité des contrats publics prévoit certaines exceptions. «Dans l’intérêt public», le Conseil du trésor peut permettre à un organisme public d’octroyer un contrat à une entreprise non autorisée.

La Banque mondiale et l’Agence canadienne de développement international (ACDI) ont récemment écarté la firme SNC-Lavalin pour une période de 10 ans suite à des allégations de fraude au Bangladesh et d’irrégularités dans le cadre d’un contrat de construction au Cambodge.

 

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