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Sondage | Constitution

Les Québécois veulent savoir

Le rapatriement de la Constitution de 1982 suscite toujours l’intérêt

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Les Québécois sont loin d’être indifférents aux révélations de l’auteur Frédéric Bastien sur les circonstances entourant le rapatriement de la Constitution canadienne de 1982. Deux personnes sur trois veulent qu’Ottawa ouvre ses archives pour que la lumière soit faite.

Les Québécois sont loin d’être indifférents aux révélations de l’auteur Frédéric Bastien sur les circonstances entourant le rapatriement de la Constitution canadienne de 1982. Deux personnes sur trois veulent qu’Ottawa ouvre ses archives pour que la lumière soit faite.

Ce désir de savoir ce qui s’est réellement passé durant les délibérations qui ont mené au rapatriement de l’acte constitutionnel sans l’aval du Québec est partagé par la majorité des sympathisants de toutes les formations politiques, révèle un sondage Léger Marketing réalisé pour le compte du Journal.

S’appuyant sur les archives secrètes du Foreign Office, l’historien Bastien avance que la séparation des pouvoirs judiciaire et politique a été violée.

Le gouvernement Harper refuse d’ouvrir ses livres. Interpellée, la Cour suprême du Canada a fait un bref examen de ses archives, sans succès. La perception des Québécois envers le plus haut tribunal du pays est fortement teintée de scepticisme. Ainsi, pas moins de 39 % des gens sondés estiment que la Cour suprême «n’est pas neutre et indépendante».

Si l’intérêt y est pour qu’on sache ce qui s’est réellement passé au début des années 80, il est beaucoup moins présent lorsqu’il s’agit de signer la Constitution. Quarante-trois pour cent des gens sont d’avis que c’est un enjeu important, alors que 37 % n’y voient pas ou peu d’intérêt.

«On a ici l’exemple parfait du Québec qui est toujours mi-figue, mi-raisin, soutient le vice-président de la firme de sondage, Christian Bourque. On préfère rester dans le mou. On veut prendre connaissance de ce qui s’est passé pour avoir la vérité, mais au-delà de ça, ça ne fait pas bouger les aiguilles.»

L’appui à l’indépendance stagne

Ainsi, cette nouvelle polémique Québec-Ottawa ne donne pas non plus de nouveau souffle au mouvement souverainiste. L’appui à l’indépendance stagne à 33 % — 38 % après répartition des indécis.

Signe que Philippe Couillard ne s’est pas trompé en ramenant à l’avant-scène le débat constitutionnel, les libéraux sont nombreux (64 %) à souhaiter que le Québec adhère à la Constitution canadienne.

Le nouveau chef libéral avait semé l’émoi au lendemain de son couronnement en ouvrant la porte à signer la Constitution sans référendum. Encore là, Philippe Couillard semble être en communion de pensée avec son électorat. Soixante pour cent des libéraux sont d’avis qu’on ne doit pas passer par un référendum. Quarante-trois pour cent veulent même y adhérer sans amendement.

Données surprenantes

Si François Legault rejette du revers de la main tout ce qui touche la question constitutionnelle, 41 % des caquistes croient pourtant que c’est important que les Québécois signent l’acte constitutionnel.

Résultat plutôt surprenant, un tiers des sympathisants des trois partis souverainistes trouvent important que le Québec adhère à la Constitution canadienne. «Il y a certainement quelques personnes au PQ qui se disent: je suis péquiste, je suis nationaliste, mais si on en venait à un règlement avec Ottawa, je le signerais, explique le sondeur. L’autre portion, ce n’est pas nécessairement des gens qui se disent favorables à signer la Constitution, mais qui se disent qu’il faut le faire, dans le sens où il faut régler la question.»

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