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S'identifier à travers le regard des autres

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L’auteur Dany Boudreault, qui est aussi le metteur en scène, a voulu en créant la pièce (e) poser une réflexion sur l’identité sexuelle et la quête qui en découle. À travers cette odyssée, on met en lumière l’histoire d’un homme qui doit apprendre à en devenir un. Sans modèle, il devra se façonner malgré lui, sans doute à travers le regard des autres.

L’auteur Dany Boudreault, qui est aussi le metteur en scène, a voulu en créant la pièce (e) poser une réflexion sur l’identité sexuelle et la quête qui en découle. À travers cette odyssée, on met en lumière l’histoire d’un homme qui doit apprendre à en devenir un. Sans modèle, il devra se façonner malgré lui, sans doute à travers le regard des autres.

Le personnage principal de la pièce est un jeune homme que l’on nommera Prota, en référence au protagoniste de cette histoire. Le spectacle s’étend sur 30 ans et s’amorce dans les années 1970. «C’est le périple d’une vie», lance l’auteur qui fait également partie de la distribution. Les années 1970, c’est l’époque où sa mère écoutait la musique de Nana Mouskouri. C’est aussi l’ère des Machos, la populaire série télévisée du moment qui portait ce nom, et plus particulièrement celle de Marie-Chose aux propos grinçants. On entend: «Les hommes marchent, les femmes espèrent. Les hommes font, les femmes pensent.» Rassurez-vous, dira l’auteur, ce n’est pas ma façon de penser, mais bien celle de Marie-Chose.

«C’est la parole d’un personnage qui tente de se convaincre que les rôles sont bien définis, alors qu’ils ne le sont pas», précise le comédien. De terribles archétypes.

En écoutant l’auteur me parler de sa pièce, je peux percevoir non seulement une grande réserve, mais également une raison de croire que ce personnage, ce fameux Prota, c’est un peu lui, Dany Boudreault. Un homme qui, à une certaine époque, était tourmenté par sa délicate ­ossature, au point d’être confondu à quelques reprises avec une femme. Il l’avouera à demi-mot. «Il y a toujours une part de nous-mêmes, certes, dans ce que l’on écrit», admet l’auteur.

Une longue quête

Trois comédiens incarneront Prota à différentes périodes de sa vie. Ainsi, tour à tour, Marie-Pier Labrecque, Robin-Joël Cool, puis Dany Boudreault interpréteront le protagoniste.

«Il s’agit d’une longue quête, une odyssée, voire même une tragédie grecque», fait remarquer le metteur en scène. «C’est principalement le vide à combler qui représente l’aspect le plus tragique.»

L’amour le sauvera... en partie. Il tombera en amour avec un homme, nommé Le Roux, simplement parce qu’il a les cheveux roux. Mais rien n’est simple, ou plutôt rien n’est possible, ni même l’amour avec cet homme de 30 ans son aîné.

«Il s’agit d’un amour véritable, inconditionnel et réciproque, mais la différence d’âge fera en sorte qu’il sera plutôt question d’un amour impossible, Le Roux pouvant être son père.» Néanmoins, on apprend que Prota, sera à la recherche de cet homme durant une grande partie de sa vie.

Ambiguïté des genres

Bien qu’il s’agisse de questionnement à travers une personnalité masculine ou bien féminine, il n’est pas question de travestisme ou de transsexualisme impliquant une opération pour changer de sexe.

«J’ai voulu transmettre une réflexion qui part de l’intérieur, à savoir comment on découvre sa propre essence et de quelle manière on devient un homme qui s’accomplit», confie Dany Boudreault.

Force et fragilité

L’auteur a voulu créer par l’entremise de (e), un personnage qui est capable d’amour avec toute la fragilité que cela implique, tout en étant apte à porter la force en lui. «Il est aussi question de modèles à travers cette pièce. Principalement ceux qui sont véhiculés notamment dans les films et qui deviennent des héros ne serait-ce que par leur aspect physique.»

On apprend que Prota deviendra acteur pour finalement vivre en ermite, coupé du reste du monde.

Au final, l’auteur souhaite, par le biais de cette pièce, que le spectateur puisse s’ouvrir à la marginalité, faire preuve d’une plus grande tolérance et que son regard se tourne vers soi et surtout vers l’autre.

 

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