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La femme derrière la Grande Catherine

La femme derrière la Grande Catherine

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La femme derrière la Grande Catherine
Une femme aimée
d’Andreï Makine
Aux Éditions du Seuil, 363 pages. En librairie

Prix Goncourt et prix Médicis en 1995 pour Le testament  français, Andreï Makine nous parle dans son nouveau roman d’une figure historique de sa Russie natale: Catherine II.

Dans Une femme aimée, Andreï  Makine dresse un portrait de la  célèbre tsarine qui a régné sur la Russie de 1762 à 1796. Une femme  philosophe proche de Diderot et de Voltaire, son maître à penser, une stratège qui peut être à la fois douce et cruelle, ordonnant guerres, meurtres et même viols et dont les amants ont assassiné le mari, Pierre III.

Il y a toujours eu beaucoup de mystère autour de Catherine II, la tsarine étant surtout connue pour ses nombreux amants. Elle avait en effet un appétit sexuel hors du commun et elle recrutait ses favoris d’une façon bien organisée. Lorsque son regard s’arrêtait sur un homme, toujours jeune et beau, l’élu devait se plier aux examens d’un docteur pour s’assurer de son bon état de santé et passer ensuite l’examen de la comtesse Bruce pour valider ses performances sexuelles. Après quoi, l’amant était installé au palais et couverts de cadeaux, de  titres et d’argent. La Grande Catherine payait les services de ses amants.

Le règne de Catherine II a donc été fait de pouvoir, de cruauté et de sexe, mais pas seulement, puisqu’on apprend qu’elle voulait à tout prix être une femme aimée. «Le seul mal de ma vie est que mon cœur ne peut  vivre un seul instant sans aimer»,  disait-elle. C’est d’ailleurs ce que tente de démontrer Oleg Erdmann, un jeune scénariste de la Russie des années 1980. Parce qu’Andreï Makine ne se contente pas de nous raconter la vie de Catherine II a la manière d’une biographie classique. L’écrivain choisit plutôt de la faire découvrir au gré des recherches de son  héros contemporain, Oleg, un Russe d’origine allemande fasciné par «cette petite princesse allemande qui a eu la fantaisie de venir s’installer en Russie». C’est d’ailleurs Catherine II qui a entraîné une communauté d’Allemands en Russie au 18e siècle.

sortir catherine de l’ombre

Andreï Makine nous entraîne donc dans cette Russie des années 1980 et 1990, celle de la censure cinématographique, du communisme, de la Guerre froide jusqu’à la chute du mur de Berlin et à l’avènement d’un capitalisme et d’un libéralisme décomplexés. On navigue ainsi entre cette Russie contemporaine et celle de la Grande Catherine. Avec son  scénario et le film qui en découlera, Oleg souhaite sortir la tsarine de l’ombre, de son image de nymphomane, la réhabiliter en quelque sorte en n’occultant pas son côté sombre, mais en montrant aussi la femme derrière qui voulait aimer et être  aimée.

À travers le personnage d’Oleg,  Andreï Makine montre bien les  limites d’une biographie. Jamais  personne ne pourra rendre compte  fidèlement de la vie d’un personnage historique, ni même contemporain. D’une part, parce que l’on n’est pas dans sa tête, mais aussi, parce que la vie de Catherine a pu être trafiquée, parasitée ou réinventée par les biographes. Certains ont pu omettre des détails significatifs, d’autres ont mis l’accent sur certains faits de sa vie plutôt que sur d’autres. Oleg cherche, lit, trouve, recoupe des informations pour essayer de dresser une esquisse la plus juste de Catherine II.

En ne prétendant pas dresser un  portrait exhaustif de la tsarine,  Andreï Makine met en lumière des pans inconnus de sa vie et de sa personnalité. La trame narrative qui ne manque pas d’originalité lui permet également de parler de la Russie d’aujourd’hui, mais aussi de cinéma et des acteurs. Un roman dense dans lequel tout se tient et qui coule de source.

Souviens-toi de m’oublier
de Régis Descott

L’auteur de L’année du rat revient avec un nouveau roman mêlant l’amour à l’étrange. Lorsqu’Iris, une jeune journaliste politique, se laisse entraîner dans un vernissage par son mari, elle tombe des nues. Cet artiste, qui était depuis peu  inconnu et dont les toiles de singes réalistes et cyniques s’arrachent aujourd’hui au prix d’or, est son  ancien amant, Max. Cet homme qu’elle a follement aimé et dont elle s’est séparée il y a deux ans. Pendant quatre ans, Max n’a fait que la peindre, nue, et n’avait pas un rond. Mais aujourd’hui, Max a tout oublié de leur relation et ne la reconnaît plus. Iris est stupéfaite. Est-ce par vengeance qu’il agit de la sorte? Par désespoir? Ou est-ce de l’amnésie?

Souviens-toi de m’oublier
de Régis Descott
aux Éditions JC Lattès, 250 pages. En librairie.

Madame George
Madame George

Noëlle Châtelet poursuit ici sa  réflexion sur la question du corps en revenant à la forme romanesque. Jean-Marc, psychanalyste, revoit un jour sa première patiente, passée dans son cabinet 30 ans plus tôt. Elle lui parle alors de ses rencontres avec le fantôme de sa sœur, décédée cinq ans plus tôt. Rationnel et cartésien, Jean-Marc ne croit pas trop à ces phénomènes occultes. Mais bientôt, il sera lui-même confronté à cette «déraison» et à ces phénomènes paranormaux. Invité à une conférence à Nohant dans la maison de George Sand, Jean-Marc y passera la nuit. C’est là qu’il vivra une  expérience à la fois psychique et intellectuelle et qu’il sera confronté aux limites de son savoir.

Madame George
de Noëlle Châtelet
aux Éditions du Seuil, 240 pages. En librairie.

Immortelle randonnée
de Jean-Christophe Rufin

Médecin, ancien diplomate, globe-trotter et romancier, Jean- Christophe Rufin est parti sur les sentiers de Compostelle. Il en a  ramené des images et des histoires qu’il raconte dans ce récit de voyage. Rufin a décidé de rejoindre Compostelle par le Chemin du Nord, le plus sauvage et le moins fréquenté. Sur 900 km à pied, l’auteur a vu du pays, a eu le temps de réfléchir et a fait  plusieurs rencontres. Il dresse avec humour le portrait de  certains randonneurs rencontrés, raconte des anecdotes tout en faisant preuve d’autodérision.

Immortelle randonnée
de Jean-Christophe Rufin
aux Éditions Guérin, 270 pages. En librairie à la mi-mai.

Prix Goncourt et prix Médicis en 1995 pour Le testament  français, Andreï Makine nous parle dans son nouveau roman d’une figure historique de sa Russie natale: Catherine II.

Dans Une femme aimée, Andreï  Makine dresse un portrait de la  célèbre tsarine qui a régné sur la Russie de 1762 à 1796. Une femme  philosophe proche de Diderot et de Voltaire, son maître à penser, une stratège qui peut être à la fois douce et cruelle, ordonnant guerres, meurtres et même viols et dont les amants ont assassiné le mari, Pierre III.

Il y a toujours eu beaucoup de mystère autour de Catherine II, la tsarine étant surtout connue pour ses nombreux amants. Elle avait en effet un appétit sexuel hors du commun et elle recrutait ses favoris d’une façon bien organisée. Lorsque son regard s’arrêtait sur un homme, toujours jeune et beau, l’élu devait se plier aux examens d’un docteur pour s’assurer de son bon état de santé et passer ensuite l’examen de la comtesse Bruce pour valider ses performances sexuelles. Après quoi, l’amant était installé au palais et couverts de cadeaux, de  titres et d’argent. La Grande Catherine payait les services de ses amants.

Le règne de Catherine II a donc été fait de pouvoir, de cruauté et de sexe, mais pas seulement, puisqu’on apprend qu’elle voulait à tout prix être une femme aimée. «Le seul mal de ma vie est que mon cœur ne peut  vivre un seul instant sans aimer»,  disait-elle. C’est d’ailleurs ce que tente de démontrer Oleg Erdmann, un jeune scénariste de la Russie des années 1980. Parce qu’Andreï Makine ne se contente pas de nous raconter la vie de Catherine II a la manière d’une biographie classique. L’écrivain choisit plutôt de la faire découvrir au gré des recherches de son  héros contemporain, Oleg, un Russe d’origine allemande fasciné par «cette petite princesse allemande qui a eu la fantaisie de venir s’installer en Russie». C’est d’ailleurs Catherine II qui a entraîné une communauté d’Allemands en Russie au 18e siècle.

sortir catherine de l’ombre

Andreï Makine nous entraîne donc dans cette Russie des années 1980 et 1990, celle de la censure cinématographique, du communisme, de la Guerre froide jusqu’à la chute du mur de Berlin et à l’avènement d’un capitalisme et d’un libéralisme décomplexés. On navigue ainsi entre cette Russie contemporaine et celle de la Grande Catherine. Avec son  scénario et le film qui en découlera, Oleg souhaite sortir la tsarine de l’ombre, de son image de nymphomane, la réhabiliter en quelque sorte en n’occultant pas son côté sombre, mais en montrant aussi la femme derrière qui voulait aimer et être  aimée.

À travers le personnage d’Oleg,  Andreï Makine montre bien les  limites d’une biographie. Jamais  personne ne pourra rendre compte  fidèlement de la vie d’un personnage historique, ni même contemporain. D’une part, parce que l’on n’est pas dans sa tête, mais aussi, parce que la vie de Catherine a pu être trafiquée, parasitée ou réinventée par les biographes. Certains ont pu omettre des détails significatifs, d’autres ont mis l’accent sur certains faits de sa vie plutôt que sur d’autres. Oleg cherche, lit, trouve, recoupe des informations pour essayer de dresser une esquisse la plus juste de Catherine II.

En ne prétendant pas dresser un  portrait exhaustif de la tsarine,  Andreï Makine met en lumière des pans inconnus de sa vie et de sa personnalité. La trame narrative qui ne manque pas d’originalité lui permet également de parler de la Russie d’aujourd’hui, mais aussi de cinéma et des acteurs. Un roman dense dans lequel tout se tient et qui coule de source.

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