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Austin

Coupe illégale d’une centaine d’arbres

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MAGOG – De nombreuses plaintes ont été logées à la suite de la coupe illégale d’une centaine d’arbres matures à l’intérieur de la bande riveraine de 10 mètres à Austin. Le riche propriétaire des lieux avec une luxueuse résidence de plusieurs millions de dollars aurait agi dès le 22 avril dernier.

Le propriétaire de la région de Montréal habite cette luxueuse résidence sur la baie Sargent à Austin, surtout les week-ends. Selon Gisèle Lacasse-Benoit, présidente de Memphrémagog Conservation, il était impossible qu’il ne connaisse pas la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, en vigueur depuis 35 ans.

«L’inspecteur l’avait avisé qu’il ne pouvait pas toucher aux 10 mètres de rive», s’est insurgée l’environnementaliste.

Le directeur des Services techniques, inspecteur en bâtiments et en environnement à Austin, Stephan Nicholson, a affirmé que le propriétaire avait engagé un ingénieur forestier pour procéder à l’inventaire de 55 arbres qu’il jugeait vieillissants ou malades, et qu’un entrepreneur avait fait une demande d’abattage à la municipalité.

«Plus du double ont été abattus! Ils étaient beaux et en très bonne santé, s’est-il étonné. Il n’a même pas attendu la décision de la Ville qui aurait été un refus, car c’est interdit.»

Des voisins et des gens qui ont vu le geste illégal ont multiplié les plaintes auprès de l’organisme et la municipalité. La Loi sur l’aménagement et l’urbanisme relevant du gouvernement provincial, la municipalité n’avait d’autre recours que de l’appliquer, sans plus. «On ne peut même pas le nommer!», a lancé la mairesse d’Austin, Lisette Maillé, en parlant du fautif.

Le propriétaire sans scrupule s’en tire avec une simple amende de 7550 $, ce qui représente 100 $ par arbre jusqu’à concurrence de 5000 $ additionnés de frais. L’entrepreneur qui a jeté au sol les arbres d’une soixantaine d’années écope d’une amende de 6875 $.

Réservoir d’eau potable

Des milliers de personnes habitent les rives d’un plan d’eau et respectent la réglementation dans cette région. Mais, selon Mme Benoit, elle devrait être plus sévère à cet endroit, car le lac Memphrémagog est un réservoir d’eau potable pour plus de 50 % de la population de l’Estrie.

Elle note que pour avoir une vue sur le lac, il suffisait de couper des branches et non pas des arbres entiers.

«Ces arbres-là filtraient le phosphore, dont celui provenant de la fosse septique de cet individu», a-t-elle souligné, rappelant que les bandes riveraines jouent un rôle primordial à plusieurs niveaux, agissant comme barrière contre les apports de sédiments et en minimisant l’érosion des sols et des rives. Par surcroît, le lac est aux prises avec des épisodes inquiétants de cyanobactéries.

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