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Que du vent ?

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Avez-vous quelquefois l’impression que nos élus s’évertuent à défier le gros bon sens, qu’ils prennent des décisions irrationnelles, qu’ils font des gestes en faisant fi d’informations pourtant essentielles? C’est certainement le sentiment que j’ai ressenti lorsque Mme Marois a annoncé l’attribution de 800 mégawatts de nouveaux projets d’énergie éolienne.

Avez-vous quelquefois l’impression que nos élus s’évertuent à défier le gros bon sens, qu’ils prennent des décisions irrationnelles, qu’ils font des gestes en faisant fi d’informations pourtant essentielles? C’est certainement le sentiment que j’ai ressenti lorsque Mme Marois a annoncé l’attribution de 800 mégawatts de nouveaux projets d’énergie éolienne.

Pour un investissement de 2 milliards $, l’annonce a été plutôt rapide, tandis que les détails se sont faits rares. Pourtant, les questions que soulève une telle décision sont nombreuses. En voici quelques-unes qu’on ne peut pas passer sous silence.

1) Pourquoi augmenter la production d’énergie éolienne? D’une part, Hydro-Québec est aux prises avec 21 millions de mégawattheures de surplus énergétique qui coûteront ultimement aux Québécois 1,5 milliard $ d’ici à la fin de la décennie. D’autre part, Hydro-Québec achète présentement l’énergie des parcs éoliens existants à un prix moyen de 9,3 ¢ le kilowattheure pour la revendre ensuite à 5,76 ¢. La première ministre pourrait-elle donc expliquer en quoi les Québécois sont gagnants lorsqu’ils investissent 2 milliards $ pour produire à perte de l’électricité dont ils n’ont que faire?

2) Quelles sont les retombées environnementales de l’énergie éolienne? A-t-on calculé les économies réelles de combustible et de gaz à effet de serre qu’elle permet de réaliser? La fabrication de turbines exige d’énormes quantités de matières premières (métal, cuivre, fibre de verre, etc.) qu’il faut transformer et transporter, ainsi que des milliers de kilomètres de lignes à haute tension pour acheminer l’électricité. En tenant compte de ces facteurs ainsi que du faible rendement énergétique des turbines, des études montrent que l’énergie éolienne est inefficace. Dans certains cas, elle exercerait même un impact carrément négatif sur l’environnement. Autant de considérations qui ne semblent nullement inquiéter le gouvernement Marois!

3) L’impact sur les oiseaux a-t-il été évalué? La construction et l’entretien de parcs éoliens provoquent le déplacement d’espèces animales incommodées par le bruit, les vibrations et la fréquentation humaine. De plus, les turbines sont maintenant vues comme des machines létales pour l’avifaune. En Espagne, par exemple, les éoliennes tuent chaque année de 6 à 18 millions d’oiseaux, soit de 333 à 1000 oiseaux par turbine. En Suède, on estime que chaque turbine cause environ 895 morts d’oiseaux annuellement. En Californie, l’aigle royal serait même menacé d’extinction essentiellement à cause des éoliennes. Où sont les études pour le Québec? On soumet l’industrie des hydrocarbures à des séries d’analyses d’impacts indépendantes aussi rigoureuses qu’exigeantes pour s’assurer qu’elle respecte l’environnement. On a également imposé un moratoire sur les gaz de schiste pour réfléchir à la question. Quand le gouvernement en exigera-t-il donc autant de l’industrie éolienne?

4) Créer des emplois? Mme Marois justifie l’investissement de Québec dans l’éolien par les emplois que cette industrie crée. Mais pour que l’État dépense 2 milliards $, il a fallu taxer les travailleurs et les entreprises, et donc réduire leur pouvoir de dépenser. Dites-nous donc, Mme Marois, combien d’emplois ont ainsi été perdus.

La première ministre a déclaré vouloir consolider la filière éolienne. Soit! Mais qu’elle réponde à ces questions. Les Québécois doivent pouvoir être certains que l’éolien, ce n’est pas que du vent!

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