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Transférés en CHSLD

La fermeture des lits force le déménagement des patients âgés de Louis-H. Lafontaine

Transférés en CHSLD
Photo d’archives Au cours des prochains mois, les 78 personnes âgées qui vivent toujours à l’Institut en santé mentale seront transférées en centre d’hébergement. Les unités seront par la suite utilisées pour d’autres types de services.

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Une centaine de personnes âgées hébergées à l’Institut en santé mentale pour des problèmes psychiatriques seront transférées dans des CHSLD, en raison de la fermeture des lits.

Une centaine de personnes âgées hébergées à l’Institut en santé mentale pour des problèmes psychiatriques seront transférées dans des CHSLD, en raison de la fermeture des lits.

Cette décision, prise il y a deux ans par la direction de l’Institut (aussi appelé Louis-H. Lafontaine), se met officiellement en branle. La semaine dernière, une première unité de 24 lits a été définitivement fermée.

Fermeture des lits

Au cours des prochains mois, les trois autres unités gérontopsychiatriques, comprenant 78 lits au total, seront fermées.

Tous ces patients, dont la moyenne d’âge est d’environ 72 ans, seront donc graduellement transférés dans des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) du réseau public.

Selon le syndicat des infirmières de l’Institut, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, ces déménagements créent de l’inquiétude chez les patients.

«Certains de ces gens-là sont soignés et vivent ici depuis 40 ou 50 ans, et ils sont traités par des psychiatres. Ils n’auront pas la même prise en charge en CHSLD, déplore Denis Cloutier, président du syndicat. Et leur faire vivre ce déménagement, c’est être déconnecté avec la réalité.»

Par ailleurs, ce dernier souligne que l’intégration de cette clientèle avec les autres résidents de CHSLD soulève aussi des doutes.

Clientèle difficile

«Ils sont âgés alors ils ne sont pas si dangereux physiquement, mais ils peuvent crier et manifester leur insatisfaction de façon non appropriée, explique M. Cloutier. Ils demandent une certaine vigilance parce qu’ils peuvent frapper. »

De son côté, la direction de l’Institut tient un discours complètement à l’opposé. On explique que cette clientèle est «stabilisée» et n’a plus de besoin de suivi psychiatrique.

«Ils sont suivis par des omnipraticiens, et ils vont aller dans un milieu plus normalisé», explique Denise Fortin, la directrice générale de l’Institut.

Selon elle, les patients seront plus heureux en CHSLD, qui sont mieux adaptés pour répondre à leurs besoins.

«Ce sont des gens âgés qui ne sont pas autonomes et ils s’en vont vieillir et mourir, dit-elle. Ils sont heureux de se retrouver là. Ils vont avoir accès à des activités sociales et à la messe.»

Encore plusieurs mois

Puisque la moyenne d’attente pour une place en CHSLD est actuellement de huit mois à Montréal, la fermeture complète des lits prendra encore un certain temps.

Par la suite, ces unités seront transformées pour servir à d’autres types de services, ajoute Denise Fortin.

Malgré tout, cette décision de la direction ne convainc pas les employés.

«On ne fait que déplacer le problème. Ça va mettre de la pression sur les hôpitaux et les CHSLD», confie un employé de façon anonyme.

La santé mentale en chiffres
Un Québécois sur cinq sera touché par la maladie mentale durant sa vie.
Les maladies mentales les plus courantes sont la dépression (10% à 15%), les troubles anxieux et les psychoses.
Seulement 30% des gens qui font une dépression vont chercher de l’aide.
D’ici à 2020, la dépression sera la deuxième cause d’incapacité dans le monde, derrière les maladies cardiaques.
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