/entertainment/celebrities
Navigation
michael bush

L’homme derrière le style légendaire de Michael Jackson

Coup d'oeil sur cet article

 

NEW YORK | Près de quatre ans après la mort de Michael Jackson, le style du roi de la pop inspire toujours. Michael Bush est l’homme qui se cache derrière les looks légendaires de la star, celui qui a créé ses costumes pendant 25 ans et celui qui l’a habillé pour son dernier repos.

J'ai rencontré le célèbre costumier à New York. Depuis un an, il parcourt la planète pour parler de son livre, The King of Style, qui décortique la science derrière chaque costume. Bush et son partenaire Dennis Topkins, décédé en 2011, ont créé près de 1200 pièces pour Jackson. Ce livre, qui a pris 20 ans de travail, c'était l'idée du roi de la pop.

Michael Bush était en train de confectionner les costumes de la tournée This is It le 25 juin 2009 quand il a appris la mort de son meilleur ami. L'atelier est resté figé dans le temps.

C'est lui qui a eu la lourde tâche d'habiller Jackson et qui a aidé l'entrepreneur de pompes funèbres à déposer Jackson dans son cercueil, puisque tout le monde avait quitté la pièce. «J'ai passé 9 heures dans cette pièce avec le maquilleur. J'ai pu lui dire adieu, peu de gens ont pu le faire puisque la famille a choisi que le cercueil reste fermé. C'est un honneur immense.»

Veste préférée

Le costumier a recréé la veste préférée de Jackson, celle recouverte de perles, portée aux Grammy Awards en 1994. Il lui a aussi ­enfilé ses chaussures de répétition et une ceinture en or 18 carats sertie de pierres.

Ce sont des moments qu'il peine encore à raconter sans devoir prendre une pause. Pendant longtemps, il a attendu l'appel quotidien de Jackson à 2 heures du matin. «Je blaguais toujours avec Michael qu'il allait finir sa carrière au Caesars Palace à Las Vegas à 80 ans en faisant Billie Jean et le moonwalk en chaise roulante. C'était notre plan», dit l'homme timide, qui n'a pas l'habitude d'être devant les caméras. «Je préfère rester dans l'ombre.»

«Quand j'ai eu l'appel, la première chose qui m'est venue en tête, c'est “On n'a pas fait le Caesars encore”», dit Michael Bush, 55 ans, la voix étranglée sous l'émotion.

Originaire de l'Ohio, il a rencontré Michael Jackson alors qu'ils avaient tous deux 27 ans sur le plateau de tournage du film Captain EO, le film futuriste des parcs Disney. Jackson lui a lancé des cerises dans la roulotte et ce fut le début d'une longue collaboration. «Michael a fait de moi un costumier, je ne pensais pas que j'étais capable»

Le souci du détail

Jackson avait un souci maniaque du détail. Si une veste avait plus d'ornements d'un côté, Michael Bush cousait des poids dans la doublure de l'autre côté pour que son centre de gravité ne soit pas affecté quand il tourne.

«Je le regardais danser pendant 8 à 12 heures dans une veste pour voir comment elle réagissait au mouvement. Michael disait toujours “Je suis un danseur, je danse le rythme, les vêtements doivent montrer le rythme”.» Tout commençait par un croquis. Les deux hommes dessinaient des costumes pendant huit heures d'affilée dans l'atelier de la maison de Jackson à Los Angeles.

Il aimait les vêtements qui le faisaient ressembler à une gazelle et, bien sûr, les vestes militaires. «Parce que les femmes aiment les hommes en uniformes», précise M. Bush. Son époque préférée pour le style vestimentaire était les années 40, il adorait l'univers de Gatsby.

Invention

Le bandeau sur le bras, c'était pour qu'on puisse l'identifier parmi ses danseurs, les bas blancs pour que l'on voie ses pieds. Pour les plus grands arénas, le rebord de ses pantalons devait remonter de deux pouces. À la maison par contre, Jackson préférait les pyjamas.

Jackson a aussi fait de Bush un inventeur. Les ­fameuses chaussures de Smooth Criminal qui lui permettent de se pencher à 45 ° ont été brevetées. «La première fois qu'il a essayé les souliers, il a pleuré», raconte M. Bush, dont la plupart des créations ont disparu dans la nature. «Michael était très généreux, il a donné beaucoup de vêtements, si quelqu'un lui disait dans un ascenseur qu'il aimait sa veste, il la retirait automatiquement.»

 

Commentaires