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Ni Oui ni Non

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Un Québécois typique a répondu à un de mes sondages: «Je ne suis plus certain si je suis encore indécis.» Je crois que c’est la réponse la plus savoureuse et représentative des Québécois.

Un Québécois typique a répondu à un de mes sondages: «Je ne suis plus certain si je suis encore indécis.» Je crois que c’est la réponse la plus savoureuse et représentative des Québécois.

Parce que les Québécois n’aiment pas faire un choix. Nous voulons le beurre et l’argent du beurre. Voici trois exemples concrets:

Déficit Zéro

Le gouvernement québécois vit au-dessus de ses moyens et dépense plus que ce qu’il reçoit depuis bien des années. L’ensemble des dettes publiques au Québec s’élève à 246 milliards de dollars. On emprunte sur la carte de crédit pour faire l’épicerie. Maintenant, voici ce que les Québécois nous disent:

«Voulez-vous que le Québec atteigne le déficit zéro en 2014?» Réponse: Oui

«Voulez-vous que le Québec coupe dans les programmes sociaux?» Réponse: Non

Péréquation

Le Québec reçoit de la péréquation du reste du Canada depuis que le programme existe. Cet argent provient essentiellement de l’Alberta et de son pétrole. D’un côté, on chiale contre l’exploitation des sables bitumineux et de l’autre, on accepte (on mendie plutôt) un chèque de près de 8 milliards $ par année. N’est-ce pas insultant de recevoir un gros chèque de BS à tous les ans? Maintenant, voici ce que les Québécois nous disent:

«Êtes-vous favorable à l’exploitation des sables bitumineux?» Réponse: Non

«Devrait-on arrêter de recevoir de la péréquation provenant de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta?» Réponse: Non

Souveraineté

Les Québécois ont rejeté la souveraineté en 1980 et 1995 et le fédéralisme canadien en 1992. Voter contre est toujours plus facile que voter pour. Ironiquement, 15 % des souverainistes affirmaient vouloir demeurer dans le Canada. Mainten­ant, voici ce que les Québécois nous disent:

«Voulez-vous que le Québec devienne un pays?» Réponse: Non

«Voulez-vous signer la Constitution canadienne de 1982?» Réponse: Non

Selon l’origine

Mais d’où vient cette manie de ne jamais prendre position?

La majorité d’entre nous sommes issus de la culture française. Les Français sont d’éternels opposants et toujours très critiques. Ils vont d’abord dire Non et réfléchir après. C’est le peuple du Non.

Nous vivons dans une société anglaise. Les Britanniques expriment rarement leur vraie opinion. Impossible de savoir ce qu’ils pensent vraiment. C’est le peuple du refus de répondre.

Nous avons un mode de vie américain. Les Américains sont toujours positifs à de nouvelles idées ou à de nouveaux projets. Ils vont d’abord dire Oui et réfléchir après. C’est le peuple du Oui.

Au final, nous sommes critiques comme les Français, discrets comme les Anglais et positifs comme les Américains. Nous sommes le peuple du peut-être.

Nous sommes un peuple métissé qui ne se branche jamais. Cela fait partie de nos gènes.

Mais ne jamais prendre de décision, c’est laisser les autres choisir pour nous. Et c’est ce que nous subissons depuis cinq cents ans.

 

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