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Jacques Villeneuve

« Je ne me sentais plus chez moi au Québec »

Jacques Villeneuve persiste et signe

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«J’avais le choix de quitter le Québec et je l’ai fait.»

MONACO | «J’avais le choix de quitter le Québec et je l’ai fait.»

Reconnu pour son franc-parler, Jacques Villeneuve a livré le fond de sa pensée, dans une entrevue exclusive ­accordée au Journal de Montréal, jeudi, dans les paddocks du Grand Prix de ­Monaco.

Très généreux de son temps, malgré son horaire chargé d’analyste de F-1 à la télé française et italienne, l’ancien champion du monde de F1 a confirmé ce que nous vous avions annoncé en primeur il y a quelques mois, à l’effet qu’il a ­déménagé ses pénates en Europe, plus précisément à Andorre.

Cette Principauté située dans les ­Pyrénées, entre la France et l’Espagne, est reconnue comme un paradis fiscal, bien que les autorités en place aient renforcé leurs lois au cours des dernières années.

«Mon départ n’est pas une question d’impôts, affirme Villeneuve. Je les ai payés pendant mes cinq années passées au Québec.»

Comme la France

Il a vendu, il y a quelques mois, la luxueuse résidence qu’il avait achetée à Westmount, après y avoir investi beaucoup d’argent dans sa rénovation.

«En fait, je ne me sentais plus chez moi au Québec, poursuit-il. Je n’apprécie pas son évolution. Ça me fait penser à la France.

«Tout ce qui est mauvais en France est transféré au Québec. Les problèmes sociaux, la colère des étudiants, les ­habitudes des assistés.... Il y a des conflits dans tous les sens.

«Ce climat d’instabilité fait en sorte qu’on hésite à investir au Québec.

«C’est triste, il fait froid pendant six mois par année, or il faut trouver des trucs pour inciter les gens à dépenser leur argent. Une semaine en hiver, c’est beau, mais six mois, c’est long.

«C’est dommage, car le Québec mérite mieux, c’est un territoire tellement beau. Il y a des gens intelligents et ouverts d’esprit qui sont capables de faire ­avancer le Québec, mais on les en empêche. Il y a eu du bon business à faire, mais maintenant les gens sont ­incités à investir ailleurs.»

La colère des étudiants

Par ses déclarations controversées, ­Villeneuve a provoqué l’ire des étudiants et de leurs plus ardents défenseurs, l’an dernier, lors de sa visite à Montréal, en les traitant notamment d’enfants gâtés.

Il a invité des étudiants, «à cesser de manifester et de retourner à l’école». En affirmant aussi «qu’ils avaient passé leur jeunesse à grandir sans que leurs parents leur disent non».

Des propos qui ont choqué, au point même d’avoir reçu des menaces de mort.

«Vous savez, l’avantage que j’ai à la télé actuellement, c’est d’avoir le temps d’expliquer mon point de vue, ce qui n’a pas été le cas l’an dernier lorsqu’on m’a interrogé pendant environ cinq ­minutes. Tout s’est fait tellement ­rapidement.»

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