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Procréation assistée : à consolider

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Après trois années d’existence, le programme de procréation assistée est en train d’être réévalué par le ministre de la Santé. Celui-ci a demandé aux groupes intéressés de s’exprimer sur leur évaluation du programme et de soumettre leurs suggestions quant à des améliorations à y apporter.

Après trois années d’existence, le programme de procréation assistée est en train d’être réévalué par le ministre de la Santé. Celui-ci a demandé aux groupes intéressés de s’exprimer sur leur évaluation du programme et de soumettre leurs suggestions quant à des améliorations à y apporter. Autant je trouve souhaitable de prendre le temps de revoir un programme après quelques années, autant, dans ce cas-ci, je considère que cet exercice doit servir à consolider le programme pour l’avenir et non à le remettre en question.

Ce programme est un succès. Depuis sa mise en place, il se trouve des détracteurs ici et là dans la société pour dénoncer sa mise en place. Pourtant, cette décision s’appuyait dès le départ sur un choix de société solide. La Régie de l’assurance-maladie payait depuis longtemps pour la stérilisation volontaire. Donc, la vasectomie ou la ligature sont des actes médicaux couverts, alors que l’infertilité n’était pas une condition médicale reconnue pour des paiements de la RAMQ. Pour une société qui dit croire à la famille et qui veut favoriser la natalité, l’ancienne situation était absurde. Elle était aussi assez injuste et insensible pour les couples qui vivaient les problèmes d’infertilité.

PLUS DE BÉBÉS

La procréation assistée coûtait très cher aux couples infertiles, de sorte que sa couverture par la RAMQ a constitué un progrès majeur pour eux. Résultat : quelques milliers de beaux bébés de plus. Le programme constitue aussi un succès par l’atteinte des résultats espérés en matière de réduction du nombre de grossesses multiples. Dans l’ancien régime, les couples qui décidaient d’investir une fortune dans une procréation assistée demandaient souvent l’implantation de deux ou trois embryons afin d’augmenter les chances de succès. Si chacun des embryons survit, on se retrouve avec des jumeaux ou des triplets; donc, avec une grossesse à risque. Le remboursement par la RAMQ s’est accompagné de règles en la matière : un embryon à la fois.

Les médecins spécialistes ont prétendu qu’on aurait pu atteindre le même objectif en interdisant légalement l’implantation de plus d’un embryon. C’est faire de l’abstraction mentale concernant la réalité financière de couples de la classe moyenne qui ne pourront débourser le montant nécessaire pour une deuxième ou une troisième tentative, en cas d’échec.

ÉVITER LES DÉRAPAGES

Pour justifier l’inclusion de balises, le ministre Hébert cite l’exemple d’une femme qui a bénéficié du programme et qui a remis son enfant à la DPJ à la naissance puisqu’elle avait changé d’idée. On devrait peut-être resserrer les critères quant au cadre familial et au sérieux de la démarche avant d’accepter un dossier. En se rappelant qu’il s’agit quand même d’un cas unique sur des milliers de naissances liées au programme.

Le ministre veut aussi regarder les balises à établir quant aux coûts. Bonne idée. Ce n’est pas rare que lorsque le gouvernement implante un nouveau paiement, certains en profitent pour peser fort sur le crayon et aller puiser au maximum dans la nouvelle fontaine.

Oui, des balises pour un programme qui doit durer longtemps.

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