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Les Québécois se dévoilent

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La grande majorité des Québécois croient que l’on devrait interdire les accommodements religieux au Québec. C’est simple et clair.

La grande majorité des Québécois croient que l’on devrait interdire les accommodements religieux au Québec. C’est simple et clair.

Pourtant, certains analystes tentent de nous faire croire que le peuple est divisé et que la solution est compliquée.

Les Québécois veulent encadrer les accommodements religieux pour protéger les valeurs québécoises, pour favoriser la cohésion sociale et l’intégration des immigrants. Après plusieurs siècles sous la dominance de l’Église catholique, les Québécois considèrent que la religion est une affaire privée et doit se manifester en privé.

Les accommodements raisonnables pour des motifs religieux sont, d’ailleurs, un des seuls enjeux ralliant une grande majorité de la collectivité québécoise autant les Québécois de souche que les nouveaux arrivants.

La commission Taylor-Bouchard, qui a déposé son rapport en 2008, malgré toute sa bonne volonté, n’aura donc pas réussi à convaincre le gouvernement de régler cette question.

Sujet d’actualité

Il y a sept constats importants dans notre nouveau sondage publié cette semaine concernant la perception des Québécois à l’égard des accommodements religieux:

1) Que c’est une question importante encore d’actualité.

2) Qu’ils coûtent cher aux contribuables

3) Qu’ils nuisent au bon fonctionnement de l’État

4) Que les signes religieux visibles sont inacceptables dans la fonction publique

5) Qu’il faut maintenir la présence du crucifix à l’Assemblée nationale, car il fait partie du patrimoine québécois

6) Que le gouvernement doit intervenir rapidement sur cette question

7) Que les valeurs d’égalité homme/femme, de la préservation de la culture et de la neutralité de l’État doivent guider l’élaboration de la charte des valeurs québécoises quasi-unanimité

Il est encore plus exceptionnel de constater que les Québécois sont d’accord sur le principe et encore plus sur les moyens. Habituellement, c’est l’inverse. Les Québécois sont souvent pour les principes, mais contre les moyens. Ici, la majorité s’oppose aux accommodements et encore davantage lorsqu’on lui présente des cas concrets.

Plus des trois quarts des gens s’opposent à accorder des congés supplémentaires pour motifs religieux, à accorder le droit d’aménager des lieux de prière au travail, à accorder le droit aux sportifs de porter le hijab, à permettre aux patients d’exiger d’avoir un médecin ou une infirmière du même sexe, d’exiger de se faire servir par quelqu’un du même sexe ou encore d’exiger de se faire servir des mets selon des rites religieux.

Finis les passe-droits

Les Québécois nous disent qu’au Québec cela se passe en français, dans une société laïque ou les hom­mes et les femmes sont égaux et où tout le monde a les mêmes droits mais aussi les mêmes responsabilités.

Mais un sondage ne règle pas toute la question, car le diable est dans les détails. Un sondage ne démontre que le niveau de courage qu’un gouvernement doit avoir.

Pour une rare fois depuis le 4 septembre dernier, le gouvernement Marois et le ministre Drainville ont l’appui du public et le vent dans le dos.

Quand les vents du changement soufflent, certains construisent des abris, d’autres des moulins (proverbe chinois).

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