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aînés | exploitation

10 fois plus d’enquêtes

Le nombre de dossiers est passé de 11 à 104 depuis 2007

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Le nombre d’enquêtes ouvertes en lien avec l’exploitation des personnes âgées à la Commission des droits de la personne a grimpé de façon vertigineuse depuis cinq ans, passant de 11 à 104.

Le nombre d’enquêtes ouvertes en lien avec l’exploitation des personnes âgées à la Commission des droits de la personne a grimpé de façon vertigineuse depuis cinq ans, passant de 11 à 104.

Au total, 104 dossiers d’enquête ont été ­ouverts au cours de l’année 2012-2013. C’est presque 10 fois plus qu’en 2007-2008, alors qu’il n’y en avait eu que 11 (voir tableau).

Plus de plaintes

«On ne chôme pas, avoue Gaétan Cousineau, le président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). Mais, rien ne nous surprend là-dedans.»

L’exploitation des personnes âgées, qui consiste à profiter de la vulnérabilité ou de la ­dépendance, est interdite par la Charte des droits et libertés de la personne.

Parmi les types d’abus, l’exploitation ­financière demeure l’un des pires problèmes.

Selon M. Cousineau, la diffusion de plusieurs campagnes de sensibilisation aux abus envers les aînés depuis quelques années entraîne cette hausse du nombre d’enquêtes.

«Les aînés et ceux qui travaillent auprès d’eux ont une meilleure connaissance pour ­détecter les situations, alors c’est normal qu’ils dénoncent plus», explique M. Cousineau.

D’ailleurs, la ligne Aide abus aînés, mise en place en 2010, a déjà traité plus de 10 000 appels.

« La pointe de l’iceberg »

Malgré cela, les récentes statistiques ­d’enquêtes à la CDPDJ ne représentent toujours pas la réalité, selon le Regroupement provincial des comités d’usagers du Québec.

«Ce n’est que la pointe de l’iceberg, lance Pierre Blain, le directeur général du réseau. Avant, on n’en parlait simplement pas. Mais ce n’est que le début.»

D’ailleurs, M. Blain donne l’exemple fréquent des résidents de centres d’hébergement chaque premier jour du mois.

«Un proche vient chercher la personne et la ramène une heure après. On sait qu’ils sont ­allés au guichet automatique, mais on n’a ­aucune preuve, souligne-t-il. C’est terrible. Chaque fois que j’en parle, ça me fend le cœur.»

Presque toujours vrai

«C’est très régulier cette histoire, confirme M. Cousineau. Et en plus, la presque totalité des signalements qu’on reçoit sont fondés.»

Lorsque les cas d’exploitation sont confirmés, la Commission a des recours judiciaires pour mettre fin aux abus.

Selon la directrice générale adjointe du réseau FADOQ, Lyne Rémillard, le travail à faire ­demeure énorme pour enrayer ce problème. «On ne lâchera pas le morceau. On ne fait que commencer à mettre en lumière ce qui se passe, croit-elle. À force d’informer les gens, ça va avoir un effet positif à long terme.»

Cas d’exploitation

Coiffeuse fraudeuse
La coiffeuse Nathalie Ouellet a été trouvée coupable d’avoir ­exploité une cliente âgée, à qui elle chargeait jusqu’à 560 $ pour ses services à domicile. Elle a été condamnée à lui remettre 5 962 $ en octobre 2012.
Infirmière « gambleuse »
L’infirmière Cynthia Cockburn a été radiée cinq mois en 2011 par son ordre professionnel après avoir emprunté 18 200 $ à une de ses patientes dans un CHSLD de Montréal. Elle empruntait de l’argent à une dame âgée pour éponger ses dettes de jeu. C’est la nièce de la résidente qui s’était aperçue des retraits dans son compte de banque.
Virement de 10 000 $
André Vallée a été condamné à payer 5 500 $ à une dame âgée de 81 ans par le Tribunal des droits de la personne, en juin 2011. L’homme avait tenté d’effectuer un virement de
10 000 $ du compte bancaire de la dame vers le sien, avec l’aide de la fille de cette dernière, à son insu.

Exemples d’exploitation

Obtenir de l’argent en ­utilisant la force ou des ­menaces
Empêcher la personne âgée de recevoir de la visite, de communiquer avec ses proches, ses amis ou de recevoir du courrier
Faire mauvais usage d’une procuration (mandat)
Vendre ou prendre des ­objets sans demander la permission
Mettre de la pression pour que l’aîné modifie ses ­documents légaux comme son testament
Négligence face aux besoins de la personne, comme avoir un logement, des vêtements, une alimentation saine et des soins médicaux adéquats
Faire des attaques verbales ou des menaces
Imposer un traitement ­médical sans consentement
Nombre d’enquêtes ouvertes en lien avec l’exploitation des aînés
2007-2008 : 11
2008-2009 : 48
2009-2010 : 58
2010-2011 : 63
2011-2012 : 103
2012-2013 : 104
Source: Commission
des droits de la personne
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