/news/health
Navigation
Santé

Une octogénaire perdue dans la machine gouvernementale

Aînés
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

Une femme de 85 ans à mobilité réduite de Saguenay attend depuis trois ans un crédit d’impôt pour lui permettre de réaménager son logement afin de faciliter ses déplacements.

Cette femme préfère taire son identité, mais sa fille dénonce la situation. «Le but de ce programme gouvernemental, est-ce que c’est de nous décourager pour que nous abandonnions les démarches ou attendre que les gens meurent?» se demande Dominique Gagnon.

Le crédit d’impôt pour le maintien à domicile des aînés est administré par la Société d’habitation du Québec en collaboration avec les CLSC.

Ce programme nécessite, après une demande, la visite d’un ergothérapeute pour analyser les besoins et les travaux à effectuer.

Le problème, c’est que les ergothérapeutes sont rares au Québec. «Il en manque partout, explique le président-directeur général de la Société d’habitation du Québec, John MacKay. «Nous avons fait de gros efforts pour réduire les délais, mais la majeure partie de ces délais, on ne les contrôle pas.»

L’octogénaire de Saguenay a attendu trois ans et deux mois la visite de l’ergothérapeute. Il est passé il y a environ deux semaines. Son dossier est maintenant sous analyse.

En attendant une réponse, la femme de 85 ans, dont les enfants habitent à l’extérieur de la région, se débrouille comme elle peut. Avec son déambulateur, dans la cuisine, elle essaie tant bien que mal d’atteindre les aliments dans l’armoire. «Quand ils sont trop hauts, j’utilise mon manche à balai pour les faire tomber», explique-t-elle.

Comme elle n’a pas de lit adapté et qu’elle a de la difficulté à se lever, elle dort dans un fauteuil. «Ce n’est pas grave, c’est juste que je ne peux pas me tourner.»

Heureusement, elle peut sortir de chez elle avec son fauteuil roulant parce que des membres de sa famille lui ont construit une rampe temporaire il y a quelques années.

L’octogénaire n’a pas l’intention d’abandonner ses démarches. «Ils veulent peut-être attendre que je meure, mais je vais résister», lance-t-elle.

Elle n’est pas pour autant au bout de ses peines. Si son dossier est accepté, c’est elle qui devra s’occuper de trouver des entrepreneurs pour effectuer les travaux. «Elle doit trouver deux soumissionnaires qui sont membres de la RBQ... Elle ne sait pas c’est quoi, elle, la RBQ», explique sa fille.

«Je vous garantis que nous allons la soutenir», promet le président-directeur général de la SHQ. M. MacKay promet même que dans six mois, tout devrait être réalisé au domicile de l’aîné.

Commentaires