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Aînés | Abus

Les aînés sont laissés à eux-mêmes

Les aînés sont mal pris en charge par le système, déplore un organisme d’aide

Ainés
Photo archives / Agence QMI

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La Commission des droits de la personne n’en fait pas assez pour aider les personnes âgées victimes d’exploitation, déplore l’Association québécoise des retraités.

«Ils sont mauvais, ils ne font pas la job du tout, dénonce Louis Plamondon, président de l’Association québécoise de ­défense des droits des personnes ­retraitées et préretraitées (AQDR).

«On reçoit tellement de plaintes ­d’aînés qui ne reçoivent pas d’aide.»

Hier, le Journal révélait que le ­nombre de dossiers d’enquêtes en lien avec ­l’exploitation des personnes âgées a fait un bond spectaculaire depuis cinq ans à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

En 2012-2013, 104 enquêtes ont été ­ouvertes, comparativement à 11 seulement en 2007-2008. Une des raisons qui ­explique cette hausse est la diffusion de campagnes de sensibilisation à ­l’importance de ­dénoncer les abus.

«Copain copain»

La Commission prône la médiation pour régler les conflits entre les personnes âgées et leurs agresseurs. Or, l’AQDR déplore ce manque de sévérité dans l’application de la charte des droits.

«Ils sont copains copains avec les agresseurs, ajoute Louis Plamondon. C’est de la paresse de prôner la médiation, il faut aller devant le tribunal.»

Hier, le ministre des Services sociaux, Réjean Hébert, a souligné à l’Assemblée nationale que la hausse du nombre d’enquêtes est un «triste succès».«La situation des abus envers les aînés est une ­situation extrêmement préoccupante»,a-t-il réagi.

Le Dr Hébert a aussi indiqué l’importance de la ligne aide abus aînés, qui a répondu à plus de 10 300 appels depuis 2010. Selon lui, ce succès montre qu’il est ­possible «de cesser l’omertà qui entoure les abus envers les aînés».

Rôle du ministère ?

De son côté, la Coalition avenir Québec croit que le dossier de l’exploitation des personnes âgées ne devrait pas être confié à la CDPDJ.

«Ça devrait faire partie du ministère des aînés, croit Sylvie Roy, la députée d’Arthabaska responsable du dossier des aînés. On demande à un organisme qui a le mandat d’appliquer la charte de faire autre chose, on dédouble les ressources.»

De son côté, la députée libérale ­Marguerite Blais croit au contraire que la CDPDJ est la mieux placée pour résoudre ces problèmes.

«C’est une instance indépendante qui peut répondre aux besoins, souligne-t-elle. On a déjà une structure en place, on ne va pas continuer à les multiplier. » ­Selon elle, la hausse du nombre ­d’enquêtes demandera un réajustement des budgets.

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