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Heureux délire

Heureux délire

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Il y a de ces lectures qui déstabilisent et qui décoiffent. Vil et misérable, de Samuel Cantin, est assurément de celles-là.
BD
Heureux délire
Vil et misérable
de Samuel Cantin
Éditions Pow Pow
Il y a de ces lectures qui déstabilisent et qui décoiffent. Vil et misérable, de Samuel Cantin, est assurément de celles-là. Vous ne ressortirez pas indemne de cette hilarante descente aux enfers dans les tréfonds de l’âme humaine.
Jean-Dominic Leduc
collaboration spéciale

Le philosophe Diderot a dit un jour que la vie serait une comédie bien agréable si l’on n’y jouait pas un rôle. Heureusement pour nous lecteurs, nous avons tout le loisir de nous amuser de la complexe vie de Lucien Vil, un diable travaillant chez un marchand de voitures et de livres d’occasion. Après tout, qui voudrait de cette vie à la Woody Allen sur de puissants barbituriques?

En 2011, Samuel Cantin lançait sous forme de livre Phobies des moments seuls, un feuilleton spatio-existentiel intime d’abord animé sur internet. Davantage un ouvrage de prose illustrée qu’un album de bande dessinée, l’étrange et décalé récit en avait désarçonné plus d’un. Et voilà que l’artiste pousse encore plus loin, sous forme de bande dessinée cette fois, l’exploration de la crise identitaire.

Une Vieille idée

L’idée de ce diable vouant un culte malsain au déguisement – du moins aux yeux de ses collègues de travail – remonte à quelques années déjà, alors que l’artiste étudiait le cinéma à l’Université Concordia. Il était parti de cette prémisse afin de réaliser un court-métrage.

«À cette époque, je me disais que je revisiterais un jour cette idée sous forme de bande dessinée. Lorsque Luc Bossé, l’éditeur de Pow Pow, m’invita à lui soumettre un second projet l’an dernier, je pensai instantanément à ce cher Lucien», se remémore Samuel Cantin. «Ce premier album de bande dessinée a représenté plusieurs défis, dont celui d’être coupé des commentaires d’internautes dont je jouissais sur Phobie des moments seuls.»

Effectivement, tout ce qui fut dévoilé de ces 10 mois de travail furent les 16 premières pages de l’album en avant-première, sous forme de fanzine.

Digne des meilleures comédies britanniques, Vil et Misérable se veut un récit surréaliste abordé avec économie. De par la justesse des dialogues et du ton, l’auteur fait preuve d’une grande sensibilité au jeu d’acteur et à la mise en scène. Il s’intéresse d’ailleurs davantage aux relations interpersonnelles qu’à l’intrigue. Cet enchaînement de saynètes caustiques au rythme irréprochable saura ravir les plus coriaces admirateurs de Ricky Gervais et de Monty Pythons.

Avec ce second album, non seulement Samuel Cantin confirme-t-il son talent de dramaturge de papier, mais la jeune maison d’édition montréalaise Pow Pow consolide la pertinence de sa ligne éditoriale. 

L’artiste sera présent au Festival BD de Montréal: www.fbdm-montreal.ca

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Le roi des mouches T3
de Mezzo & Pirus
Éd. Glénat

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Il y a de ces lectures qui déstabilisent et qui décoiffent. Vil et misérable, de Samuel Cantin, est assurément de celles-là. Vous ne ressortirez pas indemne de cette hilarante descente aux enfers dans les tréfonds de l’âme humaine.

Le philosophe Diderot a dit un jour que la vie serait une comédie bien agréable si l’on n’y jouait pas un rôle. Heureusement pour nous lecteurs, nous avons tout le loisir de nous amuser de la complexe vie de Lucien Vil, un diable travaillant chez un marchand de voitures et de livres d’occasion. Après tout, qui voudrait de cette vie à la Woody Allen sur de puissants barbituriques?

En 2011, Samuel Cantin lançait sous forme de livre Phobies des moments seuls, un feuilleton spatio-existentiel intime d’abord animé sur internet. Davantage un ouvrage de prose illustrée qu’un album de bande dessinée, l’étrange et décalé récit en avait désarçonné plus d’un. Et voilà que l’artiste pousse encore plus loin, sous forme de bande dessinée cette fois, l’exploration de la crise identitaire.

Une Vieille idée

L’idée de ce diable vouant un culte malsain au déguisement – du moins aux yeux de ses collègues de travail – remonte à quelques années déjà, alors que l’artiste étudiait le cinéma à l’Université Concordia. Il était parti de cette prémisse afin de réaliser un court-métrage.

«À cette époque, je me disais que je revisiterais un jour cette idée sous forme de bande dessinée. Lorsque Luc Bossé, l’éditeur de Pow Pow, m’invita à lui soumettre un second projet l’an dernier, je pensai instantanément à ce cher Lucien», se remémore Samuel Cantin. «Ce premier album de bande dessinée a représenté plusieurs défis, dont celui d’être coupé des commentaires d’internautes dont je jouissais sur Phobie des moments seuls.»

Effectivement, tout ce qui fut dévoilé de ces 10 mois de travail furent les 16 premières pages de l’album en avant-première, sous forme de fanzine.

Digne des meilleures comédies britanniques, Vil et Misérable se veut un récit surréaliste abordé avec économie. De par la justesse des dialogues et du ton, l’auteur fait preuve d’une grande sensibilité au jeu d’acteur et à la mise en scène. Il s’intéresse d’ailleurs davantage aux relations interpersonnelles qu’à l’intrigue. Cet enchaînement de saynètes caustiques au rythme irréprochable saura ravir les plus coriaces admirateurs de Ricky Gervais et de Monty Pythons.

Avec ce second album, non seulement Samuel Cantin confirme-t-il son talent de dramaturge de papier, mais la jeune maison d’édition montréalaise Pow Pow consolide la pertinence de sa ligne éditoriale. 

L’artiste sera présent au Festival BD de Montréal: www.fbdm-montreal.ca

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