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Moins de francophones dans les écoles de Montréal

Les élèves allophones sont maintenant les plus nombreux à Montréal

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Le nombre d'allophones dépasse maintenant le nombre de francophones dans les écoles de Montréal, une réalité qui force les enseignants à concevoir de nouvelles méthodes afin d’assurer la sauvegarde du français en classe.

Le nombre d'allophones dépasse maintenant le nombre de francophones dans les écoles de Montréal, une réalité qui force les enseignants à concevoir de nouvelles méthodes afin d’assurer la sauvegarde du français en classe.

Près de la moitié (42,6 %) des élèves montréalais sont allophones, c’est-à-dire que leur langue maternelle n’est ni le français, ni l’anglais, révèle une étude réalisée en 2012 par le Comité de gestion de la taxe scolaire de l’île de Montréal.

Ils sont plus nombreux que les élèves francophones qui représentent environ 36,7 % du réseau scolaire montréalais.

La proportion d’élèves dont la langue parlée à la maison est autre que le français ou l’anglais continue également d’augmenter. En 2012, elle atteignait 27,7 % sur l’île de Montréal, ce qui surpasse la proportion d’élèves anglophones (25,6 %).

Des allophones nés au Québec

Cette réalité démographique inquiète les enseignants et les directeurs d’école qui se plaignent de manquer de ressources pour franciser leurs élèves.

«Les enseignants remarquent un changement dans les classes d’accueil depuis quelques années. On se retrouve avec de plus en plus d’élèves qui ne fréquentaient même pas l’école dans leur pays d’origine. Le défi est immense», lance Alain Marois, de l’Alliance des professeurs de Montréal.

«En ce moment, nous n’avons pas toutes les ressources nécessaires pour franciser correctement nos jeunes, alors que le nombre d’allophones ne cesse d’augmenter.»

Le maintien du français en classe pose des difficultés au personnel enseignant, selon M. Marois.

«Si on ne prend pas des mesures appropriées, la langue française sera menacée. Des écoles obligent déjà les élèves à parler français dans les corridors et les cours d’école. Mais quand les parents des élèves ne parlent pas français à la maison, cela rend la chose compliquée.»

La Fédération québécoise des directions d'établissement d’enseignement (FQDE) abonde dans le même sens.

«Ce qui est épeurant, c’est qu’on a des élèves en classe d’accueil qui sont pourtant nés au Québec. Leurs parents ne parlent pas français et n’ont donc jamais transmis cette langue à leurs enfants.»

Payer des cours aux parents

À la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, où près de 50 % des élèves sont allophones, on n’hésite pas à offrir carrément des cours de français aux parents pour renverser cette tendance.

«Nous offrons 20 classes de francisation pour les parents dans nos écoles. Elles sont extrêmement populaires. Les parents qui y participent peuvent même utiliser les services de garde pour leur enfant pendant leurs cours», lance la présidente Diane Lamarche-Venne.

Des accommodements sont également offerts pour faciliter le rapport entre les enseignants et les parents. Lors de la remise des bulletins, certaines écoles ont recours à des interprètes.

«Disons qu’il faut faire les efforts pour nous aider nous-mêmes. À la commission scolaire, nous comptons 160 langues parlées en provenance de 150 pays. Quand je me déplace dans les écoles, tout le monde me parle en français. Cela dit, il faut rester vigilants.»

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