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Les profs à l’abattoir

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À Montréal, le nombre d’élèves allophones dépasse celui des élèves francophones. Déjà que les profs sont complètement débordés, avec l’intégration des élèves en difficulté, les familles dysfonctionnelles, les parents rois qui ­n’acceptent pas qu’on donne une mauvaise note à leurs p’tits chéris et les enfants surexcités qui ont la capacité de concentration d’un écureuil sur un ­double espresso...

À Montréal, le nombre d’élèves allophones dépasse celui des élèves francophones. Déjà que les profs sont complètement débordés, avec l’intégration des élèves en difficulté, les familles dysfonctionnelles, les parents rois qui ­n’acceptent pas qu’on donne une mauvaise note à leurs p’tits chéris et les enfants surexcités qui ont la capacité de concentration d’un écureuil sur un ­double espresso...

Ils se retrouvent maintenant devant une majorité ­d’enfants qui ne parlent pas couramment notre langue!

Comment voulez-vous qu’ils fassent leur boulot correctement?

RALENTIR LE RYTHME

Je sais que ce n’est pas politically correct de dire ça, et que je risque de me faire traiter de tous les noms pour avoir laissé cette odieuse idée me traverser l’esprit, mais se pourrait-il que nous acceptions trop d’immigrants pour notre ­capacité d’accueil?

L’intégration est comme le flux de l’eau: les petites ­rivières se jettent dans les grandes.

Or, là, c’est l’inverse: dans les écoles de Montréal, les élèves francophones sont en minorité!

Depuis quand la minorité attire-t-elle la majorité?

N’est-ce pas la preuve par A + B que le temps est venu de ralentir le rythme?

Car c’est bien beau, recevoir des immigrants, encore faut-il pouvoir les intégrer correctement...

Quand on voit que même des ­enfants nés ici ne connaissent pas ­notre langue, c’est la preuve que quelque chose ne tourne pas rond, et que le «creuset québécois» est en train de déborder...

PLEIN LES BRAS

C’est fou ce qu’on demande à l’école, maintenant.

Les profs ne doivent plus seulement instruire les enfants (c’est-à-dire: leur montrer à lire, à écrire et à compter), ils doivent aussi les éduquer, les élever, les protéger contre le harcèlement et l’intimidation, les sensibiliser aux dérives de l’hypersexualisation, les ouvrir à la diversité, leur parler de suicide, de drogues, de violence, d’alcool, de racisme, d’homophobie, de contraception, de maladies transmises sexuellement, de burn-out, de dépression, de terrorisme et tutti quanti...

Tout ça en sachant manipuler des tableaux blancs interactifs qui ont l’air de IPads géants sur l’acide.

Comme m’a déjà dit mon ami Lucien Francœur: «C’est à se demander pourquoi il n’y a pas davantage de cas de ­suicides chez les enseignants...»

AU FRONT

La société d’aujourd’hui est menacée par toutes sortes de maux sociaux: la violence, l’ignorance, l’incivilité, l’incapacité des parents à prendre leurs responsabilités, le manque d’intérêt général envers la culture, les effets pervers de la technologie, la paresse intellectuelle, le culte du fric facile, l’obsession de la réussite matérielle, la dislocation des ­familles, le communautarisme, la montée de l’extrémisme religieux et idéologique, l’omniprésence de la violence et du sexe dans la culture populaire, etc.

Qui envoie-t-on au front pour combattre ces fléaux?

Les profs. Ce sont nos fantassins, nos soldats de première ligne.

Alors qu’on leur donne les moyens qui sont nécessaires pour remporter la victoire, bordel! Qu’on cesse de les ­envoyer à l’abattoir avec des mousquets en carton!

Nos écoles sont infestées de champignons, les dictionnaires tombent en lambeaux, les classes sont surpeuplées, notre système d’accueil des immigrants est inefficient...

Et pendant ce temps, que fait-on?

On se demande si on devrait oui ou non accepter les ­turbans sur les terrains de soccer...

 

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