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Prison à vie

Déboutée en Cour suprême

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La Cour suprême du Canada a tranché : Cathie Gauthier devra continuer de purger une peine d’emprisonnement à vie pour les meurtres prémédités de ses trois enfants.

Dans une décision de six contre un, les juges du plus haut tribunal du pays ont rejeté, hier, l’essentiel des arguments de l’avocat de l’accusée, qui demandait la tenue d’un nouveau procès.

La mère de famille trouvée coupable, en 2009, des meurtres de Joëlle, 12 ans, de Marc-Ange, 7 ans, et de Louis-Philippe, 4 ans, devra purger une peine de 25 ans derrière les barreaux.

L’un des avocats de Cathie Gauthier, Me Jean-François Lauzon, a fait savoir que sa cliente était «déçue» de la décision. «Elle garde la tête haute et va purger sa peine comme elle est supposée, mais il y avait de la déception dans le ton de sa voix quand je lui ai parlé.»

L’avocate de la Couronne, Me Mélanie Paré, estime qu’il s’agit d’une «grande victoire» et que «la justice a triomphé».

Cathie Gauthier est la seule survivante d’un pacte de meurtres-suicide survenu dans la nuit du 31 décembre 2008 à son domicile de Chicoutimi, au cours duquel son conjoint, Marc Laliberté, a aussi mis fin à ses jours.

Erreur de droit

L’autre avocat de l’accusée, Me René Duval, demandait la tenue d’un nouveau procès, sous prétexte que le juge avait commis une erreur de droit en ne soumettant pas au jury la «défense d’abandon» au pacte de meurtres-suicide.

La procureure de la Couronne a pour sa part fait valoir que Cathie Gauthier s’était procuré «l’arme du crime», à savoir les médicaments retrouvés dans les boissons empoisonnées que son mari a servies aux enfants le soir du drame.

Cathie Gauthier n’a pas nié s’être procuré ces médicaments dans les jours précédant le drame, mais jamais dans le but d’empoisonner ses enfants. Elle soutenait aussi avoir été plongée dans un épisode de dissociation lorsque son conjoint lui a fait part de son projet de pacte de meurtres-suicide dans la journée du 31 décembre. C’est dans cet état qu’elle aurait rédigé ce jour-là, comme un automate, les documents et testaments liés au pacte.

Ce n’est que plus tard qu’elle aurait repris ses esprits et signifié à Marc Laliberté son désaccord en déchirant notamment les documents.

Neutraliser les effets

La Cour suprême est d’avis que, dans les circonstances, Cathie Gauthier aurait dû en faire davantage pour neutraliser les effets de sa participation ou prévenir le drame.

«Elle aurait pu, par exemple, cacher ou détruire les médicaments achetés, demeurer vigilante et emmener les enfants dans un endroit sûr pour la soirée, insister pour obtenir une confirmation verbale de son époux au sujet de ses intentions ou tout simplement faire appel aux autorités», tranche la Cour.

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