/news/health
Navigation
Dossier Santé Québec

L'ignorance a coûté cher

Le manque de compétence des employés en charge du Dossier santé Québec coûte cher aux contribuables

Mme Verreault
Photo les archives, Jean-François Desgagnés Mme Verreault avait été rencontrée par le Journal le 8 novembre 2011, pour discuter de la difficile survie du Dossier santé Québec.

Coup d'oeil sur cet article

Accumulant les centaines de millions de dollars en contrats de service-conseil, les firmes en technologie de l’information ont grandement bénéficié du manque de connaissances en informatique des fonctionnaires du Dossier santé Québec (DSQ).

Accumulant les centaines de millions de dollars en contrats de service-conseil, les firmes en technologie de l’information ont grandement bénéficié du manque de connaissances en informatique des fonctionnaires du Dossier santé Québec (DSQ).

C’est ce qu’a tranché la sous-ministre Lise Verreault lors d’une entrevue exclusive donnée à notre Bureau d’enquête. Elle pilotait jusqu’à vendredi le DSQ, le plus gros projet informatique de l’histoire de la province.

Après avoir sauvé le projet du naufrage, Mme Verreault — qui a pris les commandes du DSQ en 2011 — cédera sa place aujourd’hui, alors qu’elle devient sous-ministre en titre au ministère de la Santé.

«Ce qui a coûté cher dans le DSQ, c’est qu’il a été trop long à développer et les firmes en ont profité, ou je dirais plutôt qu’elles ont donné le service qu’on leur avait demandé, et il y a un coût à ça! Quand tu demandes toujours des changements à un projet, les firmes chargent (...) On ne connaissait pas ça», explique-t-elle. Les besoins au départ ont été mal identifiés ou ont trop souvent été changés en cours de route, déplore-t-elle.

Dépendant des firmes

Mme Verreault ne se gêne pas pour dénoncer que ses prédécesseurs au DSQ ont entretenu une dépendance avec les firmes informatiques. À son avis, les firmes avaient pris le contrôle de la gouverne du DSQ. «Quand je suis arrivée, on a décidé que la gouverne devait être ici, avec des fonctionnaires qui ont une imputabilité et qui passent au batte. J’ai réduit de moitié les fournisseurs» poursuit-elle, ajoutant qu’elle prône un équilibre entre membres externes et internes.

«On a mis la hache. (...) On a réalisé que les firmes venaient chercher notre personnel et nous les refilaient au double du salaire. Je ne peux pas vous dire que ça n’arrive plus, mais ça arrive moins. Je ne peux pas suivre tout le monde, mais on a fait un méchant ménage.»

Critiques du Vérificateur général

Mme Verreaut reconnaît que les commentaires cinglants du Vérificateur général du Québec (VG) ont eu l’effet d’une bombe. «À partir de 2007, pendant quatre ans, il y avait de quatre à six personnes de l’équipe de surveillance du VG qui travaillaient à temps plein dans nos bureaux. Ça a donné des rapports sévères, mais qui nous ont permis de nous améliorer.»

Le VG en entre autres qualifié d’échec le DSQ. Il dénonçait la gouvernance chaotique du projet. C’est là que Mme Verreault a été recrutée. «Quand je suis arrivée, ça passait ou ça cassait. Je devais remettre sur la bonne ligne, sinon ça allait directement dans le mur», reconnaît-elle.

Sur les rumeurs de corruption dans le domaine, elle dit avoir été préoccupée et avoir rencontré en privé l’équipe du VG pour s’assurer que «rien n’était caché dans les garde-robes».

«On ne va pas aux colloques et ces affaires-là. J’ai prévenu que si je voyais mon monde dans une loge au Colisée, ils n’allaient pas rentrer le lundi.»

 

Commentaires