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Reportage

Le roller derby, l'exutoire de 125 Montréalaises

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MONTRÉAL - On m’a lancé un défi. «T’es pas game d’aller faire du roller derby», me lance Michel Dumais, chef blogueur au Journal de Montréal.

Il ne fallait pas un mot, un point ou une virgule de plus pour me convaincre. Quelques jours plus tard, je me retrouvais caméra à la main, filmant un match de roller derby féminin... regrettant presque ma décision.

Casse-cou

Plus de 1000 personnes faisaient la file pour entrer à l’Aréna Saint-Louis, dans le Mile-End. Je me sentais excitée comme si je venais de découvrir un secret, un lieu mystique, un endroit underground. J’avais le sourire, jusqu’au moment où le match a commencé et que je me suis demandée ce qui m’avait pris d’accepter le pari.

Dix femmes sur une piste ovale, chaussées de patins vintages, qui tombent sur toutes les parties de leur corps, qui se plaquent et se bloquent, des bruits de protège-genoux, protège-coudes, «protège-tout» qui s’entrechoquent... voilà les éléments qui m’ont frappé dès le départ.

Puis, après le choc de la première minute, le regard est différent. On y voit vitesse, stratégie, agilité, finesse, endurance, puissance et surtout énormément d’esprit d’équipe. C’est à ce moment que je me suis dit que j’allais surement sortir de là dans le coma, ou comme les filles au bout de la piste, un membre dans le plâtre ou en fauteuil roulant.

Les meilleures au Canada

Je n’allais pas m’entraîner avec n’importe qui. L’équipe montréalaise «New Skids On The Block» est la meilleure équipe au Canada et s’est classée 15e au monde... sur environ 500 équipes. 125 femmes évoluent dans la ligue à Montréal.

«Je ne trouvais pas un sport que j’aimais vraiment quand j’étais plus jeune. Le soccer, le volleyball, ça ne m’intéressait pas. Le Roller Derby, c’est la vitesse et la stratégie que j’aime», explique Chloé Sinotte, alias Bikini Skills.

«C’est pour tout le monde. Tous les types de corps ont quelque chose à apporter au sport», explique-t-elle. Évidemment, il ne faut pas avoir peur de tomber, de recevoir des coups, ni d’en donner. Il faut aimer les sports physiques, explosifs et les sports d’équipe.

Roller derby 101

Regarder un match de roller derby sans connaître les règles, c’est comme essayer d'assembler un meuble IKEA à huit tiroirs, la nuit, sans instructions en français : on distingue les différents éléments, mais on y comprend strictement rien.

Une partie, c’est deux périodes de 30 minutes, subdivisées en séquences de maximum deux minutes. Il y a quatre bloqueuses et une jammeuse de chaque équipe sur la piste. Un point est donné pour chaque bloqueuse que la jammeuse réussit à déjouer.

Puisqu’il n’y a pas de reprise vidéo, une vingtaine d’officiels sont requis à chaque joute.

Je ne suis pas morte, mais...

Patins vintages aux pieds, casque, protecteur buccal et toutes les autres protections possibles fixées à mes 125 livres mouillées, je commence tranquillement à me mouvoir sur la piste. J’ai alors compris pourquoi il y avait un camp d’entraînement de quatre mois avant de pouvoir espérer être repêché par une équipe.

La sensation de n’avoir aucun contrôle ni aucun équilibre si 100% de notre attention n’est pas fixé sur nos pieds, est certainement l’un des sentiments les plus fatigants du monde.

Je félicite Bikini, qui a su me mentir à merveille en me disant que je me débrouillais bien.

En 45 minutes, j’ai réussi à acquérir une certaine stabilité, à savoir à demi freiner et à comprendre que le meilleur moyen pour moi de bloquer la jammeuse serait de compter uniquement sur mes coéquipières bloqueuses.

Et finalement, j’ai pu sentir l’énergie du peloton quand je me suis mise «dans le casque» de la jammeuse et que j’ai participé à une vraie situation de jeux. Les joueuses ont été douces (elles m’ont simplement laissé passer), ont même fait semblant que j’étais un peu pas pire, mais les trois tours de piste que j’ai faits ont malgré tout été très excitants.

J’ai compris. J’ai senti l’adrénaline, l’énergie du peloton, l’esprit d’équipe, l’encouragement, et le plaisir que ces femmes ont à jouer au roller derby. «C’est un vrai sport, on veut que les gens soient plus informés pour qu’ils sachent c’est quoi le Derby», mentionne Jacinthe alias Cracker Jass.

 

 

 

 

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