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L’autobiographie à son meilleur

L’autobiographie à son meilleur

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L’autobiographie n’est certes pas un genre nouveau en bande dessinée. Avec l’avènement du web 2.0, la prolifération des blogues d’auteurs se racontant a quelque peu banalisé cette démarche, pourtant riche. Tradition avec laquelle renoue admirablement Julie Delporte dans son plus récent album intitulé Journal.
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L’autobiographie à son meilleur
JOURNAL
de Julie Delporte
Aux Éditions Koyama Press,
L’autobiographie n’est certes pas un genre nouveau en bande dessinée. Avec l’avènement du web 2.0, la prolifération des blogues d’auteurs se racontant a quelque peu banalisé cette démarche, pourtant riche. Tradition avec laquelle renoue admirablement Julie Delporte dans son plus récent album intitulé Journal.
Jean-Dominic Leduc
collaboration spéciale

L’auteure a amorcé il y a plusieurs années une réflexion sur le phénomène de l’autobiographie. D’abord comme lectrice, puis comme chroniqueuse à l’émission Dans ta Bulle sur les ondes de la radio universitaire de l’UQAM et même à titre d’étudiante à la maîtrise en cinéma à l’Université de Montréal. Son mémoire intitulé La Bédé-Réalité, La bande dessinée autobiographique à l’heure des technologies numériques, publié aux éditions Colosse, en témoigne avec éloquence.

Cette lectrice avoue qu’elle n’avait aucune visée d’auteur au point de départ. Si elle s’est inscrite à un atelier de bande dessinée au Cégep du Vieux-Montréal, c’était pour aborder le médium de l’intérieur, pour mieux le comprendre. Dans le cadre de ce cours, elle a couché sur papier l’ébauche d’un projet biographique racontant un traumatisme d’enfance. Vincent Giard, alors son enseignant, fut à ce point emballé qu’il lui proposât de publier le récit aux éditions Colosse. Quelques mois plus tard, Julie Delporte lançait Encore ça. 

«Tous mes livres préférés sont à teneur autobiographique. Je me passionne pour la vérité émanant des récits, peu importe le médium, explique Julie. Il y a quelque chose de profondément saint et positif dans cette démarche créative, malgré la gravité de certains témoignages. Cela permet de grandir, de briser l’isolement au contact de ce type de littérature.» 

Journal

C’est dans le cadre d’une résidence d’artiste de plusieurs mois au Center for Cartoon Studies dans l’État du Vermont que l’artiste fit la rencontre déterminante de l’éditrice de Koyama Press, alors qu’elle travaillait à la mise en ligne quotidienne de son journal intime. Charmée, l’éditrice canadienne décida d’en tirer un album de 200 pages.

Julie Delporte nous y fait vivre un intense moment de lecture. Elle dévoile des pans de son passage à vide avec une désarmante impudeur. La proximité est telle que nous avons littéralement l’impression qu’elle nous chuchote à l’oreille ces mois d’errances affectives et créatives.

Cette passionnée de l’intérieur revient aux sources de cette tradition, dont les Julie Doucet, Debbie Drechsler et Geneviève Castrée ont admirablement jeté les bases. L’approche graphique oscillant entre le collage, l’illustration et la bande dessinée fait mouche.

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L’autobiographie n’est certes pas un genre nouveau en bande dessinée. Avec l’avènement du web 2.0, la prolifération des blogues d’auteurs se racontant a quelque peu banalisé cette démarche, pourtant riche. Tradition avec laquelle renoue admirablement Julie Delporte dans son plus récent album intitulé Journal.

L’auteure a amorcé il y a plusieurs années une réflexion sur le phénomène de l’autobiographie. D’abord comme lectrice, puis comme chroniqueuse à l’émission Dans ta Bulle sur les ondes de la radio universitaire de l’UQAM et même à titre d’étudiante à la maîtrise en cinéma à l’Université de Montréal. Son mémoire intitulé La Bédé-Réalité, La bande dessinée autobiographique à l’heure des technologies numériques, publié aux éditions Colosse, en témoigne avec éloquence.

Cette lectrice avoue qu’elle n’avait aucune visée d’auteur au point de départ. Si elle s’est inscrite à un atelier de bande dessinée au Cégep du Vieux-Montréal, c’était pour aborder le médium de l’intérieur, pour mieux le comprendre. Dans le cadre de ce cours, elle a couché sur papier l’ébauche d’un projet biographique racontant un traumatisme d’enfance. Vincent Giard, alors son enseignant, fut à ce point emballé qu’il lui proposât de publier le récit aux éditions Colosse. Quelques mois plus tard, Julie Delporte lançait Encore ça. 

«Tous mes livres préférés sont à teneur autobiographique. Je me passionne pour la vérité émanant des récits, peu importe le médium, explique Julie. Il y a quelque chose de profondément saint et positif dans cette démarche créative, malgré la gravité de certains témoignages. Cela permet de grandir, de briser l’isolement au contact de ce type de littérature.» 

Journal

C’est dans le cadre d’une résidence d’artiste de plusieurs mois au Center for Cartoon Studies dans l’État du Vermont que l’artiste fit la rencontre déterminante de l’éditrice de Koyama Press, alors qu’elle travaillait à la mise en ligne quotidienne de son journal intime. Charmée, l’éditrice canadienne décida d’en tirer un album de 200 pages.

Julie Delporte nous y fait vivre un intense moment de lecture. Elle dévoile des pans de son passage à vide avec une désarmante impudeur. La proximité est telle que nous avons littéralement l’impression qu’elle nous chuchote à l’oreille ces mois d’errances affectives et créatives.

Cette passionnée de l’intérieur revient aux sources de cette tradition, dont les Julie Doucet, Debbie Drechsler et Geneviève Castrée ont admirablement jeté les bases. L’approche graphique oscillant entre le collage, l’illustration et la bande dessinée fait mouche.

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